‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 166 sur 297 · Hieron., In Dan., 11, 36, p · texte numérisé non relu

Hieron., In Dan., 11, 36, p

284 CHAP. VIII. ANTIOr.HOS IV ÉPIPHANE

des sages, qui n'altendaient d'eux ni bien ni mal? On sait depuis peu, par des papyrus d'IIerculanum récemment déchiiïrés *, qu'il s'était converti à l'épicurisme sous l'influence d'un philosophe qui, au dire de son biographe, était un esprit supérieur et un noble caractère. Ce personnage, nommé Philonide, avait amené avec lui un cortège imposant de « philologues » et triomphé de la répugnance que le roi éprouvait tout d'abord pour la secte. Comment résister à un homme qui avait écrit cent vingt-cinq traités en forme, sans compter quelques mémoires, un homme qui s'était fait une réputation à Athènes et entretenait des relations avec des chefs d'écoles rivales, comme le stoïcien Diogône de Séleucie et l'académicien Carnéade? Il y avait longtemps que, à Texemple de Platon et d'Aristote, les philosophes aspiraient et réussissaient parfois à diriger la conscience des rois. Timon correspondait jadis avec Ptolémée Philadelphe et Antigone Gonatas. Antigonc, protecteur zélé de l'école stoïcienne, avait mérité les éloges de Zenon, alors octogénaire, pour son « amour de la vraie science ». Il avait comblé de ses attentions les disciples du maître et même confié à l'un d'eux, Persée de Cition, l'éducation de son fils Halcyoneus "'. Les systèmes philosophiques de l'époque étaient des encyclopédies, et l'on conçoit la séduction que devaient exercer sur les esprits cultivés des théories qui, remplaçant d'incohérentes mythologies, leur révélaient la raison d'être de toutes choses, le sens et le but de la vie. Autiochos Epiphane, qui se flattait d'être, lui aussi, un esprit cultivé, céda, paraît-il, à cet attrait. Il alla suivre les leçons de Phi-

1. Textes édités par W. Cronert {SB. d. Berlin. Akad., 1900, pp. 942-959) : cf. les restitutions (Je H. Usener {Rhein. Mus., LVI [1901], pp. 14;;-148). Dans le désordre de ces soixante et quelques fragments mutik^s, où revient ci et là la mention du « roi », il est le plus souvent impossible de distinguer ce qui se rapporte à .Vntiochos Epiphane ("E-tfav^;, p. 9.ï3, fr. 30) et ce qui concerne Démétrios I Soter (ô IBasiXeùî Ar.uy'iTp'.oî, p. 953, fr. 26). Il me parait diEBcile de croire que Démétrios ait eu beaucoup de goût pour la philosophie, et surtout pour un philosophe qui avait été l'ami dÉpiphane.

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