‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 170 sur 297 · Polyb., XXXI · texte numérisé non relu

Polyb., XXXI

festations d'une ingratitude qui finit par révolter l'opinion publique, mais son nom fut mùlé aux débats. Déjà, Ti. Sempronius Gracchus avait été chargé de vérifier les soupçons du Sénat au sujet d'une entente dénoncée par les « villes d'Asie » entre Antioclios et Eumène. Son rapport n'avait pas dissipé la méfiance. Les légats C. Sulpicius et M'. Sergius eurent mission, entre autres choses, « surtout de s'enquérir à fond de ce qui concernait Antiochos et Eumène, de peur qu'il n"y eût des préparatifs concertés entre eux contre les Romains » *. Ces indices invitaient Antiochos à la prudence, car c'était généralement par des soupçons plus ou moins sincères, amenant des froissements diplomatiques, que le Sénat amorçait les hostilités.

Le roi ne songeait certainement pas à organiser une coalition contre les Romains. Il avait mieux à faire. L'insécurité de son royaume, menacé par les Parthes du côté de l'Orient, et le délabrement de ses finances réclamait toute l'attention qu'il était encore capable de donner aux affaires. Il voyait, dit l'historien des Machabées en parlant surtout de la Judée, « que l'argent manquait dans ses coffres et que les tributs de la région étaient modiques à cause de la dissension et désolation qu'il avait déchaînées sur la terre, pour supprimer les droits légitimes qui existaient depuis les premiers jours. Et il craignit de n'avoir plus qu'une ou deux fois à suffire aux dépenses et présents qu'il avait prodigués auparavant à main ouverte, surpassant en cela les rois qui avaient vécu avant lui. Et il en fut tout à fait consterné en son âme, et il songea à aller en Perse, pour y recueillir les tributs de ces régions et amasser beaucoup d'argent. Et il laissa Lysias, un noble de race royale, pour gérer les affaires du gouvernement depuis le fleuve Euph rate jusqu'au fleuve d'Egypte, et pour élever son (ils Antiochos jusqu'à son retour. Et il lui confia une armée de force moyenne avec des éléphants,

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pour écraser et déraciner la vigueur d'Israël et les restes de Jérusalem et abolir leur souvenir en ces lieux, et pour installer dans toutes les parties de leur territoire des (ils étrangers, auxquels il distribuerait la terre en lots tirés au sort » '.

En effet, un an après l'attentat commis contre la nation juive, la Judée était en pleine révolte. Le signal de l'insurrection était parti de Modéin, localité située à quelques lieues de Jérusalem, où s'était réfugié avec ses cinq fils un vieux lévite nommé Mattathias, arriôre-pelit-fils d'IIa^^mon. Les inquisiteurs royaux étaient venus à Modéin pour obliger les habitants à sacrifier à la mode grecque, et ils avaient prétendu obliger Mattathias à donner l'exemple (166). Celuici non seulement s'y était refusé, mais il avait tué de sa main un renégat qui s'avançait pour sacrifier aux idoles : puis il avait gagné la montagne avec ses fils, invitant tous les fidèles à le suivre. Les Syriens connaissaient la manière de frapper sans danger les sectateurs de la Loi : un corps de troupes partit aussitôt de Jérusalem et assaillit les partisans de Mattathias un jour de sabbat. Les malheureux se laissèrent égorger sans résistance : mais Mattathias déclara que Jahveh attendait de ses champions une interprétation plus raisonnable de la Loi et qu'on se défendrait à l'avenir le jour du sabbat. La petite troupe des rebelles grossit et s'aguerrit en faisant des incursions aux alentours, poursuivant les païens et les renégats, détruisant les autels des idoles et soumettant les enfants à la circoncision. La société des Hasidîm lui fournit un contingent de patriotes décidés à tout.

Mattathias mourut au cours de l'année 166, après avoir pressenti plutôt que savouré les douceurs de la vengeance ; mais son fils Judas, désigné par lui pour commander la légion des fidèles, gagna bientôt, à force d'exploits, ce surnom de Machabée ou « Martel » qui lui appartient en propre. L'écrivain biblique célèbre en tirades enflammées la vail-

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