‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 171 sur 297 · Macc, 3, 29-31. Cf. Joseph, XII · texte numérisé non relu

Macc, 3, 29-31. Cf. Joseph, XII

lance et l'aspect terrible du héros « semblable au lion dans ses œuvres, pareil au lionceau qui rugit en poursuivant sa proie )). La victoire, en effet, resta longtemps fidèle à la bonne cause. Apollonios, gouverneur de la Cœlé-Syrie, quoique soutenu par un renfort de Samaritains, fut battu et tué de la main de Judas. Séron, probablement son successeur, envahit la Palestine avec un corps d'armée, mais il ne put atteindre Jérusalem. Attaqué sur les hauteurs de Béthoron, il perdit huit cents hommes et dut fuir avec ses troupes débandées jusque « dans la terre des Philistins » '. On comprend que de pareils succès aient rompu le charme qui tenait encore enchaîné le fanatisme religieux. Tout ce peuple outragé dans sa foi, violenté dans ses habitudes, réagit contre la tyrannie de l'étranger. L'affaire devenait grave, et Antiochos dut à la fin s'en préoccuper.

Il paraît s'en être beaucoup moins inquiété que ne le dit

la chronique des Machabées. La rébellion d'un petit pays

comme la Judée serait facilement étouffée, en un moment où

la rivalité des deux Ptolémées les empêchait d'en faire un

prétexte pour intervenir en Cœlé-Syrie. Ce qui importait à

Antiochos, c'était de restaurer son autorité et ses finances

en faisant une ronde armée dans les provinces orientales. Il

s'en remit donc du soin de rétablir l'ordre au régent qu'il

venait de nommer, Lysias, lequel serait en son absence le

tuteur du jeune Antiochos Eupator associé au trône, et il

partit pour l'Orient (166/3). Lysias envoya en Judée une

armée que la tradition israélite évalue à 47.000 hommes,

sous le commandement de trois chefs, Ptolémée dit Macron,

gouverneur de Cœlé-Syrie, Nicanor et Gorgias, ou plutôt

sous le commandement de Nicanor assisté de Gorgias et

agissant comme lieutenant de Ptolémée. La victoire de

l'armée royale paraissait si certaine, que les marchands

d'esclaves lui faisaient cortège.

1. / Macc, 3, 4-24. Sur l'étymologie contestée de Machabée, voy. E. Schiirer, Geach. d. jud. Volkes im Zeitaller Jesu Christi, !'►, p. 204.

292 CHAP, VIll. — ANTIOCHOS IV ÉPIPHANE

Ce déploiement de forces consterna les Juifs, mais Judas Machabée ne perdit pas courage. Il renvoya chez eux les timides, ceux qui avaient des raisons trop évidentes de tenir à la vie, « ceux qui bâtissaient des maisons, se mariaient et plantaient des vignes ». Avec les quelques milliers d'indomptables zélotes qui lui restaient, mal armés, mais bien encadrés et disciplinés, il surprit par une attaque nocturne, près d'Emmaiis, les troupes laissées à la garde du camp syrien par Gorgias, qui cherchait de son côté à surprendre l'adversaire. Il y eut, dit Josèphe, environ trois mille morts. On ne voit pas très bien comment cet incident rendit inutiles tous les préparatifs faits et les forces mises en ligne par le gouvernement syrien : mais les historiens juifs assurent que la déroute des fuyards et l'incendie du camp suffit à épouvanter l'armée syrienne tout entière, qui, saisie de panique, s'enfuit dans le pays des Philistins et en Idumée, sans même essayer de combattre. Il ne leur déplaît pas que l'on sente l'intervention divine secondant la bravoure des patriotes *.

L'année suivante (165/4), le régent Lysias voulut en finir. Il vint lui-même en Judée avec une armée formidable, plus de 60.000 hommes-. Au lieu de la conduire directement, par des régions accidentées et favorables aux surprises, il semble avoir tourné les montagnes qui limitent le bassin du Jourdain et pénétré en Judée par le sud, par la frontière limitrophe de ridumée. Ce plan lui permettait d'ailleurs de rallier les troupes qui avaient lâché pied à Emmaûs et qui s'étaient réfugiées sur la côte de Palestine. A Bethzour, sur la route d'Hébron à Jérusalem, les 10.000 hommes de Judas Machabée, invoquant le dieu de leurs pères, fondirent d'un même élan sur son armée. Sans doute Lysias était mal pré-

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