‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 180 sur 297 · Polyb., XXXI, 15. = Exe. de légat., p. 340 de Boor · texte numérisé non relu

Polyb., XXXI, 15. = Exe. de légat., p. 340 de Boor

ANTIOCHOS V EUPATOR 311

elle avait bien pu faire quelque fausse manœuvre dans la mêlée des partis '. Débarrassé de son rival, Lysias acheva aussitôt de régler les afTaires de Judée. Il fit mettre à mort Ménélas, à la grande joie des fidèles; mais il donna le grand pontificat à un certain Alcimos ou lacimos, qui n'était même pas de la famille d'Aaron, et qui, ennemi juré des patriotes, fit presque regretter son prédécesseur. Alors, ou quelques années plus tard, le fils d'Onias III, Onias V, qui aurait pu prétendre à cette dignité, se voyant systématiquement évincé, alla demander asile à Ptolémée Philométor et Gléopâtre, qui lui permirent d'élever un temple schismatique à Léontopolis, dans le nome Héliopolitain ^.

Si Lysias crut alors avoir les mains libres, il se trompait étrangement : il oubliait que le Sénat romain se considérait maintenant comme le tuteur-né de tous les rois. L'étalage des forces déployées en Judée avait attiré l'attention des Pères Conscrits, et le jeune Démétrios, en revendiquant devant eux, sur un ton assez fier, ses droits à la couronne de Syrie, leur fit craindre que la dynastie des Séleucides n'eût pas encore suffisamment conscience de son impuissance. Lysias vit donc un jour arriver à Antioche une ambassade romaine, qui venait le dessaisir de l'administration du royaume et régler toutes les affaires d'après les instructions du Sénat. Les commissaires, Cn. Octavius, Sp. Lucretius et L. Aurélius, avaient déjà inspecté la Macédoine, accommodé les différends entre la Galatie et la Cappadoce, et ils devaient ensuite aller à Alexandrie pour imposer leur arbitrage aux deux Ptolémées rivaux, Philométor et Evergète II. Il n'eût tenu qu'à eux d'entrer en Syrie avec une escorte fournie par Ariarathe, mais ils se savaient ou se croyaient assez gardés par la terreur qu'inspirait en Orient le nom de Rome. Le Sénat « leur avait donné mission, premièrement de brûler

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