‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 191 sur 297 · Diod., XXXI · texte numérisé non relu

Diod., XXXI

4. Polyb., III, 5, 2. XXXIII, 12. Liv., Epit. 47 (Ariarathes, Cappadociae rex, consilio Demetrii régis Syriae et viribus pulsus regno, a Senatu restilutus eit).

§ ni

Coalition contre Démétrios I Soter.

L'inaction de Démétrios en pareille occurrence s'explique par les embarras, intérieurs et extérieurs, qu'il s'était créés, tels qu'il n'osait plus quitter sa capitale. Comme la pacification de la Judée était achevée depuis 157, Démétrios avait eu cependant quelques loisirs ; mais il les avait employés d'une façon peu honorable. Il voulut s'emparer de Gypre par surprise, avec la complicité d'un traître, Archias, qui, gouverneur de l'île pour le compte de Ptolémée Philométor, s'engagea à la livrer à Démétrios pour la somme de 500 talents. Mais Archias fut dénoncé, et, mis en jugement, se pendit avec un cordon de tapisserie (154) \ Démétrios se fit ainsi un ennemi de ce Philométor qu'il méprisait pour l'avoir vu humble à Rome, mais qui lui garda rancune de cette tentative déloyale. C'était un ennemi de plus, et il en avait déjà beaucoup. Il avait contracté à Rome, dans l'ennui des jours d'exil, un vice d'ailleurs assez familier aux Séleucides. Il s'enivrait volontiers, et Polybe ne nous a pas caché que cette fâcheuse habitude avait fait douter du succès des combinaisons imaginées pour l'évasion du jeune prince en 162. Il était ivre, dit-il, « presque toute la journée »-. L'intempérance, d'autre part, avait développé le fonds d'orgueil âpre et misanthropique qui formait le trait saillant du caractère de Démétrios. Le roi, impatient du contact des foules curieuses et malveillantes, s'était bâti à quelque distance d'Antioche une espèce de château-fort où il vivait dans la solitude, sans plus se soucier des affaires publiques. Il avait ainsi mécontenté non seulement la population d'Antioche, mais les soldats, qui ont en général peu de goût pour les

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