‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 193 sur 297 · Justin., XXXV · texte numérisé non relu

Justin., XXXV

3. H. Willrich (Judaica, pp. 28-35) prétend retrouver son nom et quelque chose de sa personne dans le roman juif de Judith, qui aurait été écrit entre 157 et 133 a. C. (Holoptierne général de^'abuchodonosor-Démétrios).

réprimée, couvait toujours sous la cendre, prête à éclater de nouveau. L'occasion ne se tit pas longtemps attendre.

Le plus habile des ennemis de Démétrios était le nouveau roi de Pergame, Attale II Philadelphe (159-138), qui, comme premier exploit, approuvé ou même suggéré par le Sénat, venait de restaurer Ariarathe V *. 11 est peu de princes de l'époque que nous connaissions aussi bien, car sa biographie — sauf les dix dernières années de sa verte vieillesse - est tout au long dans Polybe. Eumène II, son frère aîné, était mort en 159, après trente-huit ans de règne, hautement estimé des Hellènes, mais en disgrâce auprès des Romains et ne gardant plus aucune illusion sur leur façon de comprendre la reconnaissance. Attale II, alors âgé de soixante et un ans, avait été toute sa vie un fidèle lieutenant de son frère, sans prétendre à aucun titre ni manifester aucune velléité d'ambition personnelle, aussi bien sur les champs de bataille que dans les ambassades. En 167, il avait honnêtement décliné les offres des Romains qui le poussaient à trahir son frère. Sans doute, il avait un instant prêté l'oreille aux propos des « hommes illustres » qui lui faisaient les avances les plus flatteuses; la tentation avait été forte, mais il l'avait surmontée ". Polybe admire, et avec raison, la concorde d'Eumène et de ses trois frères, « obéissant à leur aîné, lui faisant cortège et sauvant la dignité royale. C'est un fait dont on trouverait rarement un autre exemple » ^

Une fois seulement, en 172, trompé par de fausses nouvelles, Attale s'était trop hâté de croire son frère mort et, lui succédant, d'épouser sa belle-sœur la reine Stralonice. 11 était, après tout, l'héritier légitime d'Eumène II, qui n'avait pas d'enfants, et il pratiquait de bonne foi la maxime que le mort saisit le vif. Cette précipitation n'altéra pas l'amitié

1. Polyb., XXXII, 23, 8 (xpôiTOv è\r,-jsyyiz 5cîy|i.a xr,î a'jxoù TrpdtÇewî T-h,v 'Aptapi8oo xaTaYa)yr,v : indication utilisable pour la chronologie). Liv., Epil. 47.

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