Plut., Demetr
32 CHAP. I. LV. RÈGNE DE SÉLEUCOS I NICATOK
Plistarchos, la Cilicie. Séloucos ajoula h lAsie centrale « depuis la Phrygie jusqu'au tlcuvc Iiulus ' » la Syrie, du golfe d'Issus à la frontière d'Kgypte. l'tolémée put alors s'apercevoir qu'il avait eu tort d'être absent un jour de victoire. La Cœlé-Syric ou Syrie méridionale [vj, qu'il avait longtemps possédée, (|u il convoitait et dont il avait fait expressément le prix de son alliance, fut revendiquée par Séleucos. Colui-ci pouvait dicter ses conditions, car il était le plus fort, et le gain de la bataille lui était incontestablement dû. Pour la Haute-Syrie, dite depuis lors Syrie Séleucide, Ptoléméc n'avait pas d'objections à faire ; mais il avait laissé en Cœlé-Syrie des garnisons égyptiennes, et les ports du littoral, Tyr et Sidon, étaient encore au pouvoir de Déraétrios. Gassandre et Lysimaque consentirent d'autant plus volontiers à céder toute la Syrie à Séleucos qu'ils laissaient à leur allié le soin de la prendre, au risque d'engager une guerre avec Ptolémée.
Séleucos était trop prudent pour brusquer la solution. Il commença par affirmer sa ferme résolution de garder ce qu'il possédait de la Syrie en y fondant sa capitale, Antioche, ainsi dénommée en l'honneur de son père, et Séleucie de Piérie (300 a. C). La naissance d'une cité qui a tenu une grande place dans l'histoire est de ces événements rares qui restent dans la mémoire des peuples et s'y embellissent de récits merveilleux. Des auteurs de basse épo(|uc nous représentent Séleucos victorieux cherchant l'emplacement de la ville dont il ferait sa résidence, et dont la Fortune, née dans le triomphe, protégerait sa race. Il gravit le mont Casios pour consulter le Zeus du lieu, en lui oflVant un sacrifice. A peine avait-il posé au dieu la question quun aigle s'empare d'un morceau des chairs de la victime et le laisse tomber à l'endroit oii Séleucos bâtit Séleucie de Piérie. L'endroit était propice pour un port, mais non pour une grande ville :