CHAP. XI. — ALEXANDRE 1 BALA
s'avançait on suivant le littoral de Phénicie, et les villes, lout le long- de la route, lui faisaient un accueil enthousiaste. Était-ce, comme le disent les sources juives, i)ar ordre d'Alexandre? Plolémée ne le crut pas sans doute ; il comprit qu'un demi-siècle de domination syrienne n'avait pas effacé dans ce pays le souvenir des Laj^idcs, dont l'aigle ornait encore les revers des monnaies frappées en Phénicie. Il sentait qu'il avait, au cours de ces dernières années, manqué plus d'une fois l'occasion de reprendre la Cœlé-Syrie. Il se conduisait déjà comme un véritable souverain du pays; dans chaque ville il laissait une garnison. C'est à lui que les habitants d'Ashdod apportaient leurs doléances contre Jonathan et que Jonathan venait présenter ses hommages à Joppé, Il parut oublier, chemin faisant, qu'il était venu pour soutenir la cause d'Alexandre. Arrivé à Plolémaïs, il fut ou prétendit avoir été l'objet d'une tentative d'assassinat tramée par le grand-vizir Ammonios. Le fait n'est pas invraisemblable. Ammonios, pour la somme de trois cents talents, avait laissé commettre un abominable guet-apens par les Aradiens contre leurs voisins les habitants de Marathos ', et il pouvait craindre que Ptolémée lui demandât compte de ce crime ainsi que des exécutions ordonnées par lui au début du règne. Plolémée écrivit aussitôt à Alexandre, exigeant que le coupable lui fût livré. Ce fut probablement Ammonios qui dicta la réponse. Alexandre refusait de punir son ministre et devenait ainsi sou complice. Alors les citoyens d'Antioche, excités par Hiérax et Diodote, qui tout en blâmant Alexandre redoutaient de tomber au pouvoir du fils de Démétrios So^er, voulurent donner satisfaction à Ptolémée. La population se souleva contre le minisire. Ammonios fut tué sous un déguisement de femme qu'il avait pris pour s'enfuir ^ Mais Ptolémée ne se tint pas pour satisfait. Il affecta de