Justin., XXXVIII, 10, i
LE RÈGNE d'aNTIOCHOS VII ÉVERGÈTE 371
mais pour se rendre indépendant en Mésopotamie; ou encore, contre un certain Samès, qui s'improvisa roi de Commagène et y fonda une dynastie avec Samosate pour capitale *; ou enfin, contre une autre agitation séparatiste en Osrhoène, qui aboutit vers cette époque à la fondation du royaume d'Edesse ".
Antiochos YII, bien que fort jeune encore, environ vingtdeux ans, était un homme énergique, qui joignait aux qualités viriles de son père un certain sens politique. Il sut ne pas réveiller mal à propos les rancunes que laissent toujours les guerres civiles : il comprit que le seul moyen d'affermir son autorité au dedans était de la faire sentir aux ennemis du dehors. Les Juifs, qui avaient consommé leur séparation et affichaient leur indépendance, étaient maintenant de ceux-là, ou plutôt à la fois des ennemis intérieurs et des étrangers. A défaut de grandes entreprises, Antiochos savait qu'une guerre contre les Juifs serait toujours populaire en Syrie et en Phénicie. C'était là une vieille querelle qui n'avait jamais été vidée à fond, car les Séleucides considéraient toujours comme provisoires les solutions intervenues. Il nous faut, pour saisir l'enchaînement des faits, retourner quelque peu en arrière. A travers le récit confus du biographe des Machabées, on voit bien que le roi de Syrie chercha l'occasion de revenir sur les concessions qu'il avait lui-même confirmées alors qu'il n'était encore que prétendant. La brouille avait commencé lors du siège de Dora. Pendant que le roi investissait la place, des ambassadeurs que Simon avait envoyés à Rome pour offrir au Sénat un magnifique bouclier en or du poids de 1.000 mines ^ revinrent d'Italie rapportant un sénatusconsulte ou message