Voy. A. B.-L., L'Astrologie greague. Paris
.3. Appian., Syr., 62 : ceci au temps de Séleucos Nicator.
40 r.HAP. I. — LE HÈr.Ni; l)K SÉLKLCOS I MCATOR
dont l'nulorilé s'élendait sur |>liisiours salra[)ios dans l'intérùl (le l.i di-fonso (lu tci riloire, on no saurait le dire [f].
Ce que l'on croil savoir, c'est (jue, vers 294/3, Séleucos céda à son lils Anliochos, alors àj^é d'une trentaine d'années, non seulement sa jeune lemme Siratonice, mais l'administration de la moitié orientale de son empire, à partir de TEuphrate. Il n'y a pas d'épisode plus connu, dans le genre romanesque, qut^ l'amour d'Antiochos pour sa belle-mère Stratonice, passion muette et exaltée jusqu'aux idées de suicide, que devine le médecin Erasislrate et qui décide Séleucos à guérir le corps et l'àme de son fds par le seul remède efficace '. Ce fut un acte de complaisance ( lioquant pour nos mœurs \ — mais non pour celles de l'Orient mazdéen, — et une sage mesure politique. 11 était impossible de gouverner de la mCime façon les peuples de la Haute-Asie et les provinces déjà plus ou moins bellénisées. Antiochos avait sur son |)ère l'avantage d'être à demi iranien par sa mère Apama et, peut-être pour cette raison, moins impopulaire dans l'Iran. 11 semble bien (jue, déjà avant la bataille d'Ipsos, Antiochos résidait au chef-lieu du Khorassan (Margiane), à Nysaea ou Nysa (auj. Uérat?). On a trouve dans ces régions, et plus loin, en Haclriane, outre des monnaies de Séleucos, des pièces portant les noms associés de Séleucos et d'Antiochos. Mais on sait combien est sujette à caution la chronologie monétaire, et il sutnt d'indiquer comme vraisemblable alors ce qui fut réel ensuite, la vice-royauté d'Antiochos, associé au trùne. Les documents cunéiformes portent les noms des deux rois « Siluku et Anliuksu » ù i)ar(ir de l'an 2'] de l'ère Séleucide
1. Plut., Demelr., 38. Appiaii., Syr., 39-60. Lucian., Dea S>/f., 11-18. Scène peinte, entre autres, par Ingres. Suit, dans Lucien, l'incptc roman des amours de Stratonice et de Gombabos (19-26;, et ailleurs [De imag., 5), la caricature de Stratonice chauve, payant les poètes pour vanter les cheveux qu'elle avait perdus.
2. Voy. la déclamation : Démens qui cessit filio uxorem (Senec, Controv.., VI, 7), et la maladroite apologie de Julien [Misopog., p. 348).
(289/8 a. Chr.) '. Séleucie sur le Tigre dut être considérée comme la capitale dos provinces d'Orient, oii les pionniers de la civilisation hellénique explorent le pays, au profit de la science autant que des rois. C'est le moment où Démodamas de Milet, stratège de deux rois, franchit l'Iaxarte (Syr- Darya) et élève par delà un autel à l'Apollon des Branchides; où l'amiral Patroclès parcourt la mer Caspienne, mêlant à ses découvertes une erreur qui ne fut rectifiée que quatre siècles plus tard par le géographe Ptolémée, — à savoir, que la mer Caspienne communiquait avec l'Océan Indien; — où Séleucos envoie à plusieurs reprises à Palibothra son ambassadeur Mégasthcne, autour d' 'Ivioixà dont les érudits ne cessent de déplorer la perte ^ Alors s'établit entre Hellènes et Orientaux un contact fécond, qui éveille et propage jusque chez les races jaunes le sens artistique et le goût des spéculations philosophiques.
Ainsi déchargé du fardeau confié à des mains sûres, Séleucos se réservait de régner en paix sur ses Syriens et Cappadociens. Il jouit en efiet de quelques années paisibles, surveillant sans s'y mêler les caprices et les remous de la fortune du Poliorcète, qu'on eût dit né pour le tourment de ses contemporains \ La biographie de ce royal aventurier est un véritable roman de cape et d'épée, auquel ne manquent môme pas les épisodes amoureux. Vaincu à Ipsos, il avait gardé la domination sur l'Archipel. Pendant la folle
1. J. N. Strassmaier, Zur Chronologie der Seleuciden (in Zeitschr. f. Assyriol., VIII [1893], pp. 106-113) : en Sel. 23, 27 et 28.
2. Voy. les fragments de Mrgasthène dans FIIG., Il, pp. 397-439. On prête à Séleucos Nicator le projet de creuser un canal entre le Bosphore Cimuiérien, ou plutôt mer d'Azov [Palus Mieolis), et la mer Caspienne (Plin., VI, § 31), celleci étant censée communiquer avec l'Océan indien (Plin., II, ?• 167. Strab., II, p. 74). Cf. K. J. Neumann, Die Fnhrt des Palrokles auf dem Kaspisc/ien Meere (Hermès, XiX [1884], pp. 165-185). P. Camena d'Ahneida, De Caspio mari apud veteres. Caen, 1893.
3. Sur les faits et gestes de Démétrios Poliorcète après 301, voy. Histoire des Lagides, I, pp. 83-93. f^a source principale et presque unique est toujours la biographie de Démétrios par Piutarque. Cf. J. Kaerst, Art. Demetrios, in Pauly-Wissowa's R-E., IV (1901), col. 2769-2792.