LE CONFLIT DES DEUX BRANCHES DYNASTIQUES
prince juslcment indigné '. Avec des troupes recrutées et armées à Cyziquc, Antioclios IX Philopalor, dit Gyzicènc, débarqua sans doute en Syrie et aussi près que possible d'Antiocbe, où il savait que la mémoire de son père était restée populaire. Ce qui est certain, c'est que, peu de temps après, nous le trouvons en possession d'Anlioche, oii il n'aurait pu pénétrer contre le gré de la population. La ville, tidèle à sa rancune contre les Démélrios et leur descendance, avait accueilli le « Pbilopator », qui se recommandait de sa piété filiale. Le nouveau roi scella son alliance avec sa bonne ville en lui accordant l'autonomie comme don de joyeux avènement. Antiochos YIII savait, par l'expérience des siens, que les mouvements populaires sont irrésistibles. Il se retira à Aspendos, en Pamphylie, province qui appartenait alors aux Romains. Le « Cyzicénien » put se croire débarrassé de son rival, qu'on appelait alors V « Aspendien » (113/2 a. C.) ^. Sur ces entrefaites, un incident imprévu vint accroître les forces d'Antiochos IX. En Egypte, comme en Syrie, les querelles dynastiques fomentées par les ambitions féminines travaillaient à la ruine du pays. A la mort de Ptolémée Evergète II (116), la reine mère Cléopâtre III " avait voulu donner la couronne à son fils cadet Ptolémée Alexandre ; mais le peuple d'Alexandrie l'avait forcée de choisir son fils aîné Ptolémée Sotcr II dit Lathyros. Cléopâtre, qui redoutait surtout, paraît-il, l'ambition de sa fille Cléopâtre (IV), la sœur-épouse de Ptolémée Lathyros, contraignit celui-ci à répudier Cléopâtre (IV) et à épouser une autre de ses sœurs, Cléopâtre dite Séléné (115). La princesse, « congédiée par sa mère plutôt que répudiée par son mari », se réfugia à Cypre auprès de son frèro Ptolémée Alexandre, espérant probablement se faire épouser par lui, le pousser à la révolte et remon-