Justin., XXXIX
§ in.
Le partage de la Syrie.
Trop faibles l'un et l'autre pour vider à fond leur querelle, les deux rivaux ressemblaient, dit Josèphe, à ces athlètes qui, à bout de forces, mais honteux de lâcher pied, s'obstinent et prolongent la lutte en se reposant de temps à autre '. C'est durant une de ces haltes que nous les trouvons en possession chacun d'une partie à peu près délimitée du royaume, l'un en Syrie, l'autre en Cœlé-Syrie. S'il y eut, comme semble le croire Porphyre, un partage négocié entre les belligérants, cet accord ne fit sans doute que consacrer provisoirement la possession de fait ^. Aussi est-il difficile d'admettre, sur le seul témoignage de Porphyre, contredit par Justin et l'enchaînement des faits postérieurs, que Antiochos IX, pour le moment victorieux, ait cédé la Syrie et sa capitale à Antiochos VIII et soit allé s'installer peut-être à Damas, pour exercer une suzeraineté nominale sur ce nid de villes récalcitrantes et de vassaux rebelles qu'était la Cœlé-Syrie [f]. Il faudrait d'autres preuves pour faire admettre que la ville puissante d'Antioche ait préféré au fils d'Antiochos le Pieux le fils de Démétrios II, qu'elle avait chassé naguère, comme elle avait expulsé son père et son grand-père. Au surplus, le débat sur ce point peut sans inconvénient rester indécis. A cette époque d'anarchie, les conventions ne lient que ceux qui ne peuvent pas les violer.
Un pareil régime hâtait la désagrégation du royaume, chaque potentat achetant à n'importe quel prix la faveur des villes et des dynastes locaux. Tyr avait proclamé son indé-