Joseph., XIV
marionnettes, faisant mouvoir à l'aide de fils des animaux dorés et argentés de cinq coudées de haut, et autres inventions de ce genre; mais, en revanche, il n'avait ni hélépoles ni provision de machines de siège, qui procurent et la gloire et des avantages considérables. Il avait une passion pour la chasse et s'y livrait en temps inopportun : souvent, pendant la nuit et à l'insu de ses amis, il sortait dans la campagne avec deux ou trois domestiques pour faire la chasse aux lions, aux panthères et aux sangliers. Plus d'une fois, luttant corps à corps avec des bêtes fauves, il courut les plus grands dangers » \ Dans ce mélange d'intempérance, de puérilité versatile et d'énergie mal employée, on reconnaît les traits héréditaires du tempérament des Séleucides. Ajoutons-y l'astuce, s'il est vrai que le Gyzicène, plus habile qu'Alexandre Zabina, réussit à enlever au Zeus de Daphné tout son or en le remplaçant par un placage en bronze doré*. Mais c'est une de ces anecdotes qu'il est prudent de ne pas garantir. Elle a servi surtout à expliquer la triste fin du roi sacrilège.
La guerre ne réussissait pas à Antiochos IX aussi bien que la chasse. Le dynaste juif Jean Hyrcan utilisait la déchéance de l'autorité royale pour élargir son domaine. Il était alors occupé à faire le siège de Samarie. Gomme il était officiellement l'ami et l'allié d'Antiochos Grypos, les Samaritains firent appel au Gyzicène, lequel saisit cette occasion d'étendre vers l'intérieur de la Palestine la suzeraineté qui lui était à peu près reconnue sur le littoral. Antiochos IX alla donc au secours des Samaritains. Mais il se fit battre par les fils de Jean Hyrcan, Antigone et Alexandre, qui le poursuivirent jusqu'à Scythopolis. Il essaya de prendre sa revanche avec un renfort de 6.000 hommes fournis par Ptolémée Lathyros, mais il donna tête baissée dans des embuscades où il perdit beaucoup de monde (108). A la fin, dégoûté
l.Diod., XXXIV, 34.