Clem. Alex., Protrept., IV, 52. Arnob., VI
de ce jeu, il se retira à Tripolis, laissant le soin de débloquer Samarie à Callimandrc et Epicrate. Caliimandre - peutêtre raventiireux ami ilc Draiélrios II - se fit tuer, et Epicrate se fit payer par les Juifs pour ne rien faire (108?) '. La prise et la destruction complète de Samarie par les orthodoxes, qui vengèrent sur les schismatiques les injures du Jahveh de Jérusalem, vint attester l'impuissance du roi de Syrie, qui n'était plus guère que le roi d'Antioclie. Pour se garantir de tout choc er retour, Ilyrcan envoya à Rome une ambassade, qui en revint, paraît-il, avec ordre à Antiochos IX de respecter désormais les Juifs, alliés du peuple romain, de leur remettre toutes les places qu'il leur avait prises, et même d'évacuer Joppé, que les Séleucides détenaient indûment depuis le temps d'Antiochos VII ^ A la fin du pontificat de Jean Hyrcan I" (105), tout le pays au S. du Carmel appartenait aux Juifs, sauf quelques villes de la côte, comme Ptolémaïs, Ascalon, Gaza, qui soutenaient encore à leurs risques et périls l'assaut livré par le mosaïsme armé à la civilisation hellénistique. Ces cités, ne pouvant plus espérer de secours du côté des Séleucides, firent appel non pas à la cour d'Alexandrie, où l'influence juive était prépondérante, mais à Ptolémée Lathyros, lequel, alors expulsé d'Egypte, était au moins maître de Gypre (104). Les Lagides allaient transporter leurs querelles, en les mêlant à celles d'autrui, sur un domaine qui leur avait longtemps appartenu.
Ptolémée Soter II Lathyros était, lui aussi, à sa manière, une victime des Juifs, qui avaient toute la confiance de sa mère. Gléopàtre (III) l'avait supporté pendant dix ans (117- 107), parce qu'il s'était soumis à toutes ses volontés. Mais en dernier lieu, il avait eu l'imprudence d'envoyer des auxi-
1. Joseph., XIH, 10, 2-3. Bell. Jud., I, 2, 7. L'anniversaire de la destruction de Samarie prit place dans le calendrier des fêtes juives (25 nov.). Le siège avait duré un an.
2. Joseph., XIII, 9, 2. C'est le fameux SC. provoqué par le préteur Fannius, dont il a été question plus haut (p. 38S) et qui me paraît, en effet, plus à sa place ici.
liaires à Antiochos IX contre les Juifs, c'est-à-dire à Tennemi personnel de la reine mère, l'époux et le vengeur de la détestée Gléopâtre (IV), contre un peuple chez qui elle prenait ses conseillers intimes. Cet acte d'insubordination lui coûta le trône. Gléopâtre (III) l'accusa de desseins parricides, et, quand elle Teut bien noirci dans l'opinion, elle le chassa d'Alexandrie, gardant par devers elle sa fille Gléopâtre Séléné et les enfants de Lathyros (108/7). Gelui-ci, remplacé en Egypte par son frère Ptolémée Alexandre, avait cru pouvoir au moins remplacer ce frère à Gypre; mais Gléopâtre ordonna de l'en déloger. Lathyros, qui aurait pu résister, mais qui, suivant Justin, n'osa faire la guerre à sa mère, put du moins s'échapper, ce dont la mégère égyptienne fut si courroucée qu'elle mit à mort le stratège qui n'avait pas su le prendre '. Il se retira provisoirement à Séleucie, ville libre depuis l'année précédente. G'était un asile peu sûr d'ailleurs, car le réfugié y fut « enfermé », probablement par la flotte égyptienne, et faillit être victime d'un complot tramé dans son entourage. Désormais, dit Diodore, il se défia de ses amis ^ Il avait lieu de se défier aussi des Séleuciens, qui n'étaient sans doute pas d'humeur à supporter longtemps le blocus de leur port à cause d'un prince étranger.
Mais l'île de Gypre n'était plus habituée à être gouvernée d'Alexandrie. Lathyros dut y rentrer à bref délai, soutenu par la population, encouragé par la défection des généraux envoyés successivement par Gléopâtre III pour le réduire. Ils savaient trop comment ils seraient reçus à Alexandrie, s'ils y retournaient sans amener Lathyros mort ou vif. Seuls, les juifs Ghelcias et Ananias, fils d'Onias, restèrent fidèles à Gléopâtre. Josèphe, vantant la loyauté de ses coreligionnaires, remarque avec complaisance que le crédit des Juifs auprès de la reine mère en fut notablement accru \ En fin