‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 259 sur 297 · Joseph., XIH · texte numérisé non relu

Joseph., XIH

2. L'expression de Josèphe, i-zl 'Avriô/siav èXÔÔJv /.xl ■/.2.-z:iayCo'j aÔTT,v, ne prouve pas qu'il y soit entré de force.

426 CllAP. XIV. — LA DÉCHÉANCE DE LA DYNASTIE

étant sorti un jour pour assister aux courses de l'Hippodrome, il trouva au retour les portes de la ville fermées par Milésios, lequel put se vanter auprès d'Antiochos XII, revenu en toute hâte do son expédition, d<' lui avoir « conservé la ville ».

Antiochos XII laissa son frère devenir ce qu'il put. Pour lui, il reprit sa campagne interrompue contre les Nabatéens : mais, soit pour éviter une marche dans le désert, soit pour faire acte de suzerain en Judée, soit pour les deux motifs à la fois, il fit passer son armée par la Palestine. Alexandre Jannée, qui avait ses raisons de se défier, fit des efforts inouïs pour lui barrer le chemin. Josèphe parle d'une muraille de 150 stades de long, garnie de tours de bois et défendue en avant par un fossé profond, qu'il monade Joppé à Chabarzaba (Antipatris). Antiochos mit le feu à ces ouvrages et passa outre, bien que son armée ne montât pas à dix mille hommes. Il se réservait sans doute de vider sa querelle avec Alexandre Jannée quand il aurait battu les Arabes. Mais il ne revint pas. Les Nabatéens, en se dérobant, l'entraînèrent au cœur du pays, puis soudain l'enveloppèrent avec leur cavalerie, près du bourg de Motho. Antiochos lutta courageusement, et il allait vaincre quand il tomba mortoUomcnt frappé. Son armée débandée se réfugia à Gana en Galilée, dans un pays hostile où la plus grande partie des soldats périrent de disette (84) *.

Des cinq fils de Grypos, il ne restait plus personne pour réclamer le trône des Séloucides. Philippe, chassé de Damas, ne put probablement pas rentrer à Antioche. Tout le monde était las de ces interminables querelles. Le roi déchu ne donnait plus signe de vie, et nul ne sait comment, où et quand se termina son obscure existence de roi en disponibilité. Gomme on rencontre en Cilicie, dix-sept ans plus tard,

i. Joseph., XIII, 15, 1. Steph. Byz., s. v. Mu6(i. Voy. linacription nabatéenne du roi Rabel, supposé vainqueur d'Antiochos ('AvTiyovo; dans Steph. Byz.) : Clermont-Ganneau, in C. fi. de l'Acad. d. Inscr., 1897, p. 286.

un Philippe qu'on a des raisons de croire son fils ', on peut conjecturer qu'il se re'fugia, comme d'autres avant lui, en Cilicie et qu'il y mourut de maladie ou qu'il périt par un hasard quelconque, dans la tourmente déchaînée en Asie Mineure par Mithridate Vil Eupator. Il est difficile d'admettre que, survivant à Antiochos XII, il n'ait fait aucun effort — un effort dont il soit resté quelque souvenir — pour reprendre sa couronne. Il se peut aussi, et c'est même l'hypothèse la plus vraisemblable, que, au moment oiî il se préparait à revendiquer son droit, il ait été surpris par l'intronisation de Tigrane (83) et mis à mort en Cilicie. La branche cadette, nous l'avons dit, avait encore des rejetons, fils d'Antiochos X et de Cléopâtre Séléné; mais c'étaient des enfants en bas âge, et leur mère n'était pas en mesure de faire valoir leurs droits.

La Syrie n'avait plus de maître, et elle ne pouvait rester longtemps livrée à elle-même sans tomber dans l'anarchie, une anarchie que ne toléreraient pas indéfiniment les Romains. Dans ce royaume en décomposition, qui se rétrécissait à vue d'œil, il n'y aurait bientôt plus place pour un roi. Au nord, la Commagène, et, plus près encore d'Antioche, la Cyrrhestique, s'en étaient détachées : en Gœlé-Syrie et Phénicie, on voit surgir de tous côtés des dynastes, des émirs bédouins pour la plupart, écumeurs de routes exploitant le désordre et vivant de rapines : Sampsicéramos à Aréthuse et Emèse ^ ; Dionysios à Tripolis ; le juif Silas à Lysiade, à mi-chemin entre Apamée et Antioche; Ptolémée fils de Mennaeos, qui venait de se tailler un domaine entre le Liban et l'Antiliban, aventurier remuant, ambitieux, qui se parait des titres de tétrarque et grand-prêtre de Chalcis ^ Les Damascéniens devaient redouter quelque surprise de la part de ce proche voisin, et non moins peut-être de la part

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