‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 270 sur 297 · Joseph., loc. cit · texte numérisé non relu

Joseph., loc. cit

446 CHAP. XV. — LA SVRIE PHOVLNCE ROMAINE

moment ou Arétalh et Hyrcan II tenaient Aristobule II enfermé dans le Temple de Jérusalem (65j. Informé de ce qui se passait ou Judée, Scaurus y courut, pour se faire l'arbitre de la situation et mettre un bon prix à ses faveurs. Scaurus était un jeune homme de jurande famille, et, pour l'époque, relativement honnôte. Il s'était abstenu de tirer bénéfice des confiscations que multipliait Sylla, devenu son beau-père par alliance avec sa mère Caicilia Métella. Mais le questeur songeait aux jeux splendides qu'il donnerait quand il serait édile, et, au surplus, l'argent des Juifs n'avait pas la même odeur que celui des proscrits. Scaurus rencontra en route les envoyés des deux parties belligérantes. Aristobule et Ilyrcan, se tenant en échec jusque sur le terrain des enchères, promettaient l'un et l'autre 400 tal. à Scaurus. Celui-ci, en homme avisé, alla se renseigner sur place. Il trouva qu'il y avait tout avantage à appuyer Aristobule, qui détenait la caisse de l'État et qu'il eût été difficile de forcer dans son inexpugnable asile, tandis qu'il était aisé de renvoyer les Nabatéens à Pétra. Scaurus choisit donc la tâche la plus facile et le débiteur le plus solvable. Il ordonna à Hyrcan et Arétalh de lever immédiatement le siège, sous peine d'être déclarés ennemis des Romains, et il rentra à Damas avec l'argent d'Aristobule, pendant que celui-ci poursuivait ses adversaires et leur tuait 6.000 hommes — parmi lesquels Phallion, frère d'Antipater — au lieu dit Papyrôn '. Plus d'un an s'était écoulé depuis lors, et la cause des prétendants allait être jugée à nouveau par le proconsul en personne.

Ce furent des assises solennelles que Pompée tint à Damas. Il y vint des députés « de toute la Syrie, de l'Egypte et de la Judée ». Aristobule, qui connaissait maintenant la façon de plaire aux Romains, fit précéder son plénipotentiaire Nicodème d'un magnifique cadeau destiné à Pompée. C'était une vigne d'or, consacrée par Alexandre Jannée, qui

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