CHAP. XV. — LA SVKIE PROVINCE ROMAINE
Mais Aristobule deviiui la j)ensée du proconsul, qui, du reste, l'avait quelque peu rabroué. Il retourna en toute hâte en Judée et se prépara à la résistance. Pompée tourna aussitôt contre lui l'armée qui allait marcher sur Pétra. Emmenant avec lui llyrcan, il entra en Judée. Dès la première étape, il arriva devant la forteresse d'Alexandreion, où Aristobule s'était enfermé. Sommé de se rendre au camp romain, Aristobule n'osa pas se mettre en révolte ouverte. Il essaya de la diplomatie. Dans trois entrevues successives, il se montra aussi obséquieux envers Pompée que dédaigneux envers Hyrcan; mais Pompée, impatienté, lui ordonna de livrer sa forteresse et toutes les places qu'il détenait aux alentours. Aristobule humilié rentra à Jérusalem, résolu à s'y défendre. Pompée l'y suivit. Cliemin faisant, le proconsul apprit, à Jéricho, la mort de Mithridate ' ; il pouvait maintenant être tout aux allaires présentes. Quand l'armée romaine fut devant Jérusalem, Aristobule sentit son courage défaillir. Il alla trouver Pompée et lui promit, outre une somme d'argent, l'entrée libre de la ville, s'il voulait suspendre les hostilités et « faire en paix ce quil voudrait ». La proposition fut immédiatement acceptée ; mais, quand Gabinius se présenta, au nom de Pompée, pour toucher la somme convenue, les portes lui furent fermées et il revint les mains vides. Pompée irrité garda Aristobule prisonnier et ordonna d'employer la force. La ville ne fit aucune résistance ; les partisans d'Hyrcan laissèrent entrer un corps de troupes commandées par le légat Pison, mais les partisans d'Aristobule et les zélateurs de toute sorte s'étaient déjà retranchés dans le Temple. Il fallut un siège en règle pour les en déloger. Le fanatisme religieux qui faisait leur force fit aussi leur faiblesse. L'observance étroite du sabbat, tant de fois déjà utilisée entre les Juifs par leurs ennemis, permit aux Romains de pousser leurs machines jusqu'au pied