‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 289 sur 297 · Dittenb., OGIS · texte numérisé non relu

Dittenb., OGIS

LES SACERDOCES d'ÉTAT 473

doces puissants, rivaux, amenés par la concurrence à un état d'hostilité jalouse ou m^me, comme c'était le cas entre Juifs et Gentils, d'antipathie irrcconciliahle. A Cypre, le culte d'Aphrodite avait suscité des temples de la déesse « Acréenne » au cap Olympos, « Paphienne » à Palaepaphos, à Paphos, où Strabon relève plusieurs sanctuaires richement ornés (Upà si xa-:îa-x£'jaa-{ji.iva), « Aniathusienne » et associée à Adonis à Amathonte. Les cultes syro-phéniciens étaient fort nombreux et des plus vivants, tenus en haleine par l'antagonisme de l'intolérance judaïque. Dans ces régions, l'ingérence de l'État était désirable, et l'autorité nécessaire pour l'exercer ne pouvait être mieux placée qu'aux mains du gouverneur, stratège dans le domaine politique, àpyiepeuç dans le domaine religieux.

L'oLzy.sotù; investi par l'État était donc non pas le prêtre d'une religion d'État, comme eût été un culte dynastique officiel, mais le surveillant autorisé de tous les cultes et sacerdoces y afférents, y compris les cultes dynastiques ou monarchiques institués par les cités. La conclusion finale, c'est que, à part le culte institué ou projeté pour Laodice à l'état d'exception, le culte des Séleucides ne nous est connu que par des dévotions privées ou locales, qui généralement ne s'adressaient pas aux reines, et qu'on ne rencontre nulle part la trace d'un culte dynastique officiel, à moins qu'on ne veuille prendre pour un temple le Nixa-côpeiov de Séleucie, élevé par Antiochos I à son père *, tombeau ou monument funéraire impliquant tout au plus l'héroïsation à la mode grecque, pratiquée pour les œkistes.

Ce qui a été dit des Séleucides vaut pour les Attalides et autres dynasties helléniques, comme celle des rois de Commagène, ou philhellènes, comme celle des Arsacides, L'adulation passée en coutume suffisait amplement à défrayer leur culte, et il n'ont pas senti le besoin de lui imposer des règles

1. Appian., S»/r., 63 (vsôjv a-jt'ô èiTÉTXT,ff£ xal tîijlevo; irspiÉÔTiXe • xal xo téfievoî NixaTÔpîtov tuixX/iÇsxai). Cf. ci-dessus, p. 51.

uniformes. Le roi de Commagène Anliochos I se nomme Oeèç AixatOs ETTitpavyjç, et sa inèreLuodice est Ocà <I>t)>àûeX»o; ; mais son père Mitiiridale Gallinicos n'est ni Gsô; <I>iAào£Âcpo<; ni Ôeôç KaXX'lv'.xo^. L'apothéose était donc, là aussi, individuelle, — ni héréditaire, ni conjugale, — pour les morts comme pour les vivants '. Rien de comparable au culte dynastique, unissant dans une même appellation les composants des couples royaux, comme on le rencontre chez les Lagides.

La cour, l'Olympe de ces dieux mortels, avait sa hiérarchie de dignitaires (ol Tiepl xt,v aÙÂ-/;v), modelée sur celle des Lagides, ou plutôt sur un modèle commun qu'on est en droit d'attribuer à l'entourage d'Alexandre. Les titres que ron trouve au complet à la cour d'Alexandrie apparaissent rarement dans l'histoire des Séleucides. On y rencontre des o-jyyeveïç ^, des tpO.ot. ' et des Tîpwroi cpiÀo'. *. Ces titres sont des décorations attachées à la personne et non à une fonction spéciale des titulaires. On en peut dire autant des a-toixarocpû- Xax£ç, assimilables aux kpyiyiùy.y.-o'fùlcLy.z; égyptiens. C'est évidemment une dignité aulique, et non un service actif, que conféra un jour Antiochos I aux fils du flûtiste Sostratos ^ L'auteur qui rapporte le fait a pu même abréger le titre protocolaire — en retranchant le superlatif apy. — et n'en conserver que l'essentiel. Tite-Live connaît des pin^purati dans les royaumes de Macédoine et de Syrie au temps de Philippe V et d'Antiochos III '; mais il ne dit pas à qui était réservé ce manteau quasi royal. On sait par Plutarque que les officiers d'Eumène, le grand adversaire des Diadoques, « reçurent de lui avec plaisir les marques d'honneur que les rois conféraient à leurs ainis; car Eumène avait le

1. Michel, 735. Dittenb., OGIS., 383-405. Laodice n'avait pas non plus hérité le titre de ^CKiltkio^ de son père Antiochos VIII Grypos, lequel était 'E':rt<pavr)-.î <l't>>o|jLT,Twp. C'est bien une apothéose personnelle.

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