LES DIGNITÉS AULIQUES
droit de distribuer des chapeaux à larges bords teints en pourpre (xajo-la,; kXoupyt'.q) et des chlamydes, ce qui est le don royal par excellence chez les Macédoniens » *. C'était, sauf le diadème, le costume des rois. On raconte que le tyran de Milet, Tiniarchos l'Etolien, réussit à s'emparer de Samos par surprise, en revêtant les insignes — chlamyde et chapeau — du gouverneur égyptien tombé entre ses mains et mis à mort ^ Quant aux xpocpsTç et o-jvxoocpot, des rois, il est probable que c'étaient réellement des précepteurs et des camarades d'enfance des princes royaux, qui gardaient, les uns auprès de leurs pupilles, les autres auprès de leurs anciens condisciples, le privilège d'une sorte d'intimité. Ces appellations sont moins des titres que la constatation d'un fait ^ Les médecins de cour n'avaient pas besoin de pareils souvenirs pour entrer de plain-pied dans l'intimité de leurs clients. Eratostrate auprès de Séleucos I et d'Antiochos I, Apollophane auprès d'Antiochos le Grand ont joué un rôle qui s'encadre dans des événements historiques de première importance. Leur titre était sans doute àpyia-poç, que l'on trouve accolé à ceux de Tpocpsuç, de « premier ami » et de chambellan de la reine (stcI toG xo-.twvo; ttI; j^ao-iXia-onriç), portés par Cratère d'Antioche sous le règne d'Antiochos IX *. C'est naturellement parmi les hauts fonctionnaires et dignitaires en résidence à la cour que les rois choisissaient les membres de leur Conseil (o-uvéôptov).
On peut dire, d'une manière générale, que les rois séleucides ont gardé de leur origine macédonienne une certaine familiarité avec leur entourage. Ils ne cherchaient point à imiter leurs prédécesseurs orientaux, à prendre l'attitude hiératique d'idoles affublées des titres de Grand-Roi ou Roi des Rois, isolées dans la pompe et le cérémonial d'une étiquette de cour. Lépithète de Grand donnée à Antiochos III