‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 291 sur 297 · Michel, 1158 A. Dittenb., OGIS · texte numérisé non relu

Michel, 1158 A. Dittenb., OGIS

par SCS contemporains n'a pas 6lé cinpruntcc au protocole oriental, et, ce que les historiens ont reproché à Anliochos Epiphane, ce n'est pas la mori^uc diin dospole, mais plutôt l'oubli de sa dignité, précisément dans les moments où il faisait l'étalage le plus fastueux de sa puissance.

Des institutions militaires et administratives des Séleucides autant vaudrait ne pas parler. Nous ignorons môme si ces rois toujours en guerre disposaient d'une armée régulière, dont le recrutement fût assuré par d'autres moyens que par la levée de soldats improvisés ou lenrùlement de mercenaires à chaque campagne. On ne rencontre chez eux rien qui ressemble à ce qu'on pourrait appeler l'armée territoriale des Lagides. On n'entend pas dire que les colons (xaTO'.xo'.) disséminés sur la surface de leur empire aient reçu des lots de terres prélevés sur le domaine royal, à titre de tenanciers (xXyipoCiyot.), contre obligation au service militaire '. Sans doute, les rois ont dû se préoccuper de doter les vétérans de leurs armées et leur attribuer des terres dans les nombreuses colonies fondées par eux; mais il n'est pas

1. Voy. Hist. des Lagides, IV, pp. 1-62, et, en dernier lieu, l'ouvrage cité plus haut (p. 153, 3) de J. Lesquier. Le système avait ét<'' appliqué jadis par les rois de Babylone, comme on le voit par les institutions d'Hammourabi. Je dois à l'obligeance de mon éminent confrère le P. Scheii, éditeur, traducteur et premier interprète de la célèbre inscription découverte à Suse en 1901-1902, les précisions suivantes. Dans l'empire chaldéen, les soldats de carrière — analogues aux |j.â/'.ij.ot égyptiens — constituaient une sorte de féodalité dotée du revenu de biens-fonils inaliénables. Le bénéflciaire est tenu au service; mais il peut se donner un suppléant, à qui il cède momentanément la jouissance du fief. H est suppléé d'office, s'il est prisonnier de guerre, au maximum pendant trois ans : passé ce délai, il ne peut plus être réintégré. Mais l'Etat, sans faire de cette classe une caste, s'intéresse k maintenir la continuité et la transmission héréditaire de la possession. Il oblige le temple d'abord, puis le district, enfin le Trésor lui-même, à payer la rançon du soldat captif, si le soldat lui-même n'est pas solvable. Si le bénéficiaire empêché — pour cette raison ou pour une autre — a un fils, celui-ci peut le remplacer ; si ce fils n'est pas encore en âge, la mère reçoit pour l'élever un tiers de l'usufruit. {Code des lois de Hammoiirahi, §§ 26-38). Que restait-il de ces institutions sous les Achéménides et les Séleucides ? Je ne puis que poser la question. Le texte de Justin (ci-après, p. 480, 2) n'y répond pas. C'est avec des praemia aux pères et des stipendia aux fils, non en biens-fonds, que Alexandre le Grand dotait ses pupilli.

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question, que je sache, de considérer ces colons comme l'ormant une armée de réserve, entretenue par l'usufruit de possessions précaires. Cependant, môme sans obligation attachée à la propriété concédée, l'esprit militaire devait se maintenir durant les premières générations au sein de ces groupes, surtout quand ils sentaient de l'hostilité autour d'eux, ce qui était le cas ordinaire, soit au milieu de races étrangères, soit dans les anciennes cités oij ils jouaient le rôle d'intrus. Les « Macédoniens » installés à Thyatire par Séleucos 1 conservent encore leurs cadres : ce sont « les officiers et les soldats » qui adressent leur hommage au roi '. Plus tard, au moment oi!i Séleucos II chassé de son royaume par Ptolémée III ne gouverne jflus, où les cités et les corps de troupes choisissent le parti dans lequel il leur plaît de se ranger, des pourparlers s'engagent entre les généraux de Séleucos et des militaires, les uns établis à demeure (xaToixouç) à Magnésie du Sipyle, les autres, cantonnés « en plein air » (•j-aiOpo'jç), cavaliers et piétons, dans des baraquements hors la ville. Ces deux groupes sont distincts, à tel point que, quand ils traitent à leur tour avec les Smyrniotes pour les gagner à la cause de Séleucos, ils sont représentés par des délégués spéciaux : les colons par Potamon et Hiéroclès, les u-a'.Opo'. parDamon et Apoilonicète ". On peut risquer, sur la condition civile et militaire des uns et des autres, bien des hypothèses ; il ne paraît pas que les « cavaliers et piétons » campés soient les fils des colons, comme le seraient les épigones des clérouques égyptiens, et que les colonies séleucides aient été des pépinières de soldats.

Il se peut, vu l'anarchie régnante à l'époque susvisée, que les troupes casernées dans la banlieue de Magnésie aient été des milices locales levées pour la défense de la cité : mais, en régime normal, les rois ne devaient pas laisser se constituer ainsi des forces armées dans les cités soumises à leur

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