Justin, XXXIV, 3, 6. XXXVI, 1, 1. Joseph., XllI
l'armée et les garnisons 479
rébellions, quand elles ont été domptées, n'ont pu l'être que par des mercenaires étrangers. Il est infiniment probable que la garde royale et les milices disponibles en temps de paix, casernées soit à Antioche, soit à Apamée où se trouvaient les arsenaux, le matériel de guerre et le dépôt des remontes en chevaux et éléphants, que ces troupes, dis-je, se recrutaient sur place et restaient en communion de sentiments avec les foules environnantes *.
L'intrusion de l'armée et des « prononcements » militaires dans les affaires politiques fut longtemps un accident négligeable et ne prit jamais la forme d'une investiture du souverain par une sorte de serment d'allégeance. Elle ne devint un mal endémique qu'au temps où les compétitions dynastiques multiplièrent les occasions pour les soldats de choisir leur maître; et alors ce furent le plus souvent les mercenaires racolés par les divers partis, et non des milices de citoyens, qui tranchèrent la querelle pendante. On s'est plu à dire que le favori d'Antiochos Grypos, Héracléon de Berœa, avait cherché et réussi à rétablir la discipline dans l'armée royale, en faisant valoir que le silence était imposé aux soldats dans leurs réfectoires et qu'on n'y buvait que du vin trempé d'eau fraîche '. La suite prouva que ces banquets, où « le gros pain et la viande » étaient servis par des valets ayant sabre au côté [x'/ooz:; tj-ayaipocpépo'.), avaient été pour Héracléon un bon moyen de les attacher non à leur devoir, mais à sa
1. R. Bevan (II, pp. 271-272) me semble forcer le sens des textes en admettant non seulement une « home-born army », contenant « une large proportion d'Antiochéniens », et un « camp « de soldats à Antioche^ mais une solidarité telle entre les militaires et la population que celle-ci prenait part à « l'assemblée impériale de l'armée macédonienne ». Nous ne connaissons pas mieux ce genre d'assemblées que « l'assemblée civique » où les mêmes citoyens votaient comme membres d'un démos hellénique. On a vu plus haut comment et dans quelle mesure les séditions populaires ou militaires ont parfois disposé de la couronne. Les précédents invoqués ne permettent pas de conclure que la royauté séleucide était, au fond, démocratique. Quant aux exhibitions ou revues d'armées de parade en forme de cortèges ou processions religieuses, nous n'avons pas le moyen de faire le triage des vrais soldats et des figurants.