‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 294 sur 297 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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personne. I]n luiil cas, les expériences faites h Anlioclie et aill(3urs n'encourageaient pas les rois à introduire dans les ciiartes municipales Tobligation du service militaire pour les citoyens : ils Ten auraient plutôt ellacée comme une réminiscence importune. D'autre part, ils ne trouvaient pas chez les populations indigènes de classe prédestinée au métier des armes, comme les aây.uov égyptiens. Et cependant, ils ont dii recourir de bonne heure à co réservoir d'hommes et y puiser largement. A la bataille de Raphia (217), où figuraient, dans l'armée ptolémaïque, 20.000 Egyptiens armés et organisés en phalangitcs, l'armée séleucide était formée en majeure partie de contingents indigènes, Cardaces, Lydiens, Cissiens, Mèdes, Carmaniens, Arabes, Dahes, Ciliciens, Agrianes, Perses, Thraces, Gadusiens, armés à la mode de leur pays, équipés « à la mode macédonienne » '. Par quel procédé étaient-ils recrutés, de gré ou de force, on ne sait. Justin dit bien, d'une manière générale, que Alexandre le Grand, pour ne pas « épuiser » la Macédoine, avait formé, avec les fils des soldats, des corps d'enfants de troupe destinés à remplacer leurs pères, et que « cette coutume resta en vigueur sous ses successeurs » ^. Mais il entend par « successeurs d'Alexandre », au sens vrai du mot, ceux de la génération contemporaine, les Diadoques ; et, au surplus, ce mode de recrutement, borné par la suite à la jeune gardenoble des pages royaux (SaT-A'/xol Tta^osç), ne s'appliquait pas aux troupes indigènes.

On connaît mieux le rôle joué dans les armées du temps par les mercenaires (ij-ia-Gocpôpoi), soldats de métier qui

1. Polyb., V, 79-82. Sur les diverses armes, les unités tactiques d'infanterie et de cavalerie, etc., je renvoie aux ouvrages spéciaux qui traitent de l'art militaire helléno-tnacédonien, comme ceux de H. Droysen (1889), de H. Delbrûck (1900) et autres. L'armée séleucide n'a rien qui lui soit particulier.

2..1ustin., Xil, -i, 6. Polybe cite un corpsde 10.000 hommes armés à la macédonienne, Èx -TrâjT,; éxAslEvaÉvoi xf,; fliTiAeia; (V, 79, 4), la plupart argyraspides. Voy. le déploiement de troupes à la procession de Daphné sous .\ntiocho3 IV (Polyb., XXXF, 3), où ûgurent ci. 000 'PwjjLaïxàv I/ovtcî xa9o-X'.ffii6v. Les .SajiXixol •naîSs; y étaient au nombre de 600.

l'armée et les mercenaires 481

louaient leurs bras au plus oITrant et servaient indiflcremment toutes les causes, même, le cas éciiéant, contre des compatriotes. A Raphia, il y avait des Cretois dans les deux camps. Les mercenaires n'étaient pas enrôlés individuellement par les Etats qui avaient recours à leurs services, mais par bandes déjà recrutées par des ^svoÀôyo!., espèce de traitants qui tenaient marché de chair humaine, exercées et commandées par des capitaines dont elles portaient le nom. Les pays qui fournissaient le plus de recrues à ces rabatteurs étaient la Thrace, la Crète, la Cilicie, la Galatie. Il n'y a rien là qui intéresse particulièrement les Séleucides, si ce n'est peut-être qu'ils ont été plus à même que d'autres de transformer en colons les mercenaires passés à l'état de vétérans. L'armement à la mode macédonienne était de tradition courante; les corps indigènes suivaient leurs coutumes nationales. C'est eux qui apportaient les armes de trait, arcs et frondes, plus familières aux Orientaux qu'aux Gréco-Macédoniens. On a vu plus haut le rôle joué par les éléphants, les magnifiques colosses de l'Inde, qui intimidaient leurs congénères africains, et l'insuccès des chars de guerre mis en ligne par Antiochos le Grand.

Les Séleucides ont eu si souvent besoin d'avoir des troupes sur pied de guerre qu'ils ont approché du régime des armées permanentes, inconnu de l'antiquité avant l'empire romain. Josèphe s'y est peut-être trompé quand il oppose la conduite de Démétrios II à celle de ses prédécesseurs *. Démétrios, dit-il, « voyant que la paix régnait et qu'il n'y avait ni danger ni crainte de guerre, licencia son armée et diminua la solde, ne payant plus que les troupes étrangères qui étaient venues avec lui de Crète et des autres îles. Il s'attira ainsi l'inimitié et la haine des soldats auxquels il ne donnait plus rien, tandis que les rois ses prédécesseurs les payaient même en temps de paix afin de s'assurer leur fidé-

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