Justin, XXVI, I
2. Sur le X,oT,|jLov'.Ô£:oî toXe-j-o; (Athen., VI, p. 256 f), voy. Histoire des Lapides, 1, pp. 18o-192.
laissait aux mains de radvcrsairc le littoral de la Lycie et de la Carie, Samos, Milet, et renonçait à ses prétentions héréditaires sur la Gœlé-Syrie et la Phénicie (271 ?). On ne peut asseoir que des inductions hasardeuses sur les noms de cités qui attestent, sans indications chronologiques, l'influence concurrente des Séleucides et des Lagides en Asie Mineure [y]. On rencontre des noms de Séleucie, d'Anlioche, d'Apamée, à côté de ceux de Bérénice et d'Arsinoé, dans les mêmes régions '. Il y avait longtemps que Magas de Cyrène avait fait sa paix particulière avec son frère utérin. S'il avait prématurément engagé les hostilités, il fut prompt à le regretter, et Ptolémée se garda de lui en demander compte. Il conserva la Gyrénaïque et vieillit inofîensif avec le titre de roi qu'il avait usurpé.
La fin du règne (271-261).
Antiochos s'abstint dès lors de toute immixtion dans les conflits quj agitaient la Grèce d'Europe. Après la prise d'Athènes, la lutte entre Antigone et Ptolémée se transporta dans la mer Egée. La bataille navale dite de LeucoUa ou de Cos [f ], victoire remportée par la flotte macédonienne (262?), dut être pour Antiochos une satisfaction; mais, dans l'état actuel des choses, elle n'affectait plus directement ses intérêts. Que le Macédonien ou l'Égyptien régnât dans l'Archipel, l'un et l'autre avaient ou auraient des visées pareilles sur le littoral de l'Asie Mineure et de la ïhrace : Antiochos ne pouvait que souhaiter de les voir longtemps aux prises. Pour lui, il s'occupait des affaires intérieures de son royaume. Un document cunéiforme nous apprend que, en mars 268, il posait à Babylone la première pierre d'un nouveau tem-
1. Voy. R. Bevan, I, pp. lo7-168. Il n'est plus possible de dater ces Antioches, Apamées, Séleucies, etc.
pie de Nébo '. C'est sans doute à cette époque qu'il fonda quantité de colonies en Asie Mineure, villes nouvelles ou transformées. Il montra du goût pour la littérature, un goût qu'Antigone Gonatas lui avait couimuniqué. Aratos de Soles trouva auprès de lui le môme accueil qu'à la cour de Pella, et c'est, dit-on, Antiochos qui le chargea de faire une édition d'IIomére. Aratos accomplit la moitié de la tAche en publiant V Odyssée.
Les dernières années d'Antiochos Soter paraissent avoir été troublées par des discordes et des tragédies domestiques. Deux lignes d'un sommaire de Trogue-Pompée nous apprennent qu'il associa au trône son fils cadet Antiochos, après avoir mis à mort son fils aîné Séleucos, lequel, au dire de Jean d'Antioche, était suspecté de conspirer contre son père '. Des inscriptions cunéiformes mentionnent deux rois, qui sont, de 280 à 268, « Antiochos et Séleucos », et, à partir de 266, « Antiochos et Antiochos ^ » [f]. Un décret d'Ilion en l'honneur du médecin Métrodore, lequel avait guéri Antiochos d'une blessure au cou reçue dans une bataille, le loue d'avoir été un fidèle serviteur « des rois Antiochos et Séleucos * » : mais l'inscription ne peut être datée que par conjecture, et il n'est même pas évident qu'elle ne doive pas être reportée au règne d'Antiochos III. Enfin, on sait que Stratonice, la mère des deux jeunes princes, a survécu à son fils Séleucos. Les hommages décrétés par la confédération ionienne à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du roi sont adressés à plusieurs reprises « aux rois Antiochos et Antiochos et à la reine Stratonice '" ». L'inscription de Clazomènes est donc postérieure à la mort de Séleucos.
1. F. E. Peiser, Die Inschrift des Anliochus-Soter, du 20 Adar 43 Sel., inscription cylindrique, dans Keilinschr . Dibliothek, III, 2, pp. 131-139.
2. Trog., Prol., 26. Jo. Antioch., 55 [FUG., IV, p. 558). Jo. Mala'.as (p. 205) dit de Séleucos : [i-ixpô; èxe^e'jrr.TE .
3. J. N. Strassmaier, in Z. f. Assyriol, VII, pp. 226-234. VHI, p. 108.