‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 51 sur 297 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SÉLEUCOS II CALLINICOS (246-226)

ET ANTIOCHOS HIÉRAX.

Effervescence en Asie Mineure : prétendue défection des villes f,Tecques du littoral.

§ I. Troisième guerre de Syrie ou Guerre de Laodice (246-240). — Ptolémée Évergète en Syrie : prise de Séleucie et d'Antioche (papyrus de Gourob). — Éphèse livrée aux Égyptiens par Sophron. — Ptoléraée en Orient (246-244?). — Coopération d'Antigone Gonatas : bataille navale d'Andros (245?). — Retour offensif de Séleucos II (243) : son mariage avec Laodice fille d'Achseos. — Séleucos II en Syrie : fondation de Callinicon sur l'Euphrate (242) . — Paix de dix ans entre Séleucos et Ptolémée (240?).

§ II. La Guerre fratricide (235-226?). — Partage de la royauté entre Séleucos et Antiochos Hiérax. — Antiochos Hiérax contre Séleucos : bataille d'Ancyre (235?). — Séleucos vaincu cède l'Asie Mineure à son frère : paix provisoire. — Expédition de Séleucos en Orient : Séleucos battu par les Parthes. — Troubles à Antioche : Stratonice, fille d' Antiochos I, mise à mort. — Projets et intrigues d'Antiochos Hiérax. — Conflit entre Antiochos Hiérax et Attale I de Pergame : victoire d'Attale sur Antiochos et les Galates. — Fuite aventureuse d' Antiochos en Arménie, Cappadoce, Bithynie. — Antiochos interné à Éphèse : son évasion ; sa mort. — Mort de Séleucos II (226).

Le nouveau règne s'ouvrait sous de sombres auspices. Il commence par la guerre dite de Laodice \ guerre qui mit en question l'existence même de l'empire des Séleucides.

Séleucos II ne pouvait paraître innocent des crimes dont il avait profité. S'il n'avait pas versé le poison à son père,

1. AaoSixEtoî -nôXeiAOî, dans une inscription de Priène (C/G., 2905), autrement dit, troisième guerre de Syrie.

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on lui imputait le mourtre do sa hello-mère et de son jeune frère, et ropinion se soulevait de toutes parts contre riiomme qu'on pouvait appeler à la fois parricide et fratricide. D'après Justin ', les villes d'Asie Mineure, apprenant que Bérénice était assiégée à Daphné, avaient armé une flotte considérable pour la délivrer. Quand on sut enfin que l'infortunée reine avait péri avec son fils, les navires ioniens allèrent rejoindre la flotte égyptienne. Celle-ci devait être déjà aux bouches de rOronte, où Séleucie allait tomber bientôt — et pour longtemps — au pouvoir des Egyptiens.

Ce résumé n'est pas seulement incomplet : il débute par une assertion inacceptable. Si les villes d'Asie Mineure avaient fait cause commune contre Séleucos et Laodice, en un moment où cette région était l'unique refuge de la dynastie, une pareille défection eût entraîné la ruine de la monarchie. Sauf Magnésie du Sipyle, par rivalité contre ses voisins de Smyrne, et Ephèse livrée par Sophron à Ptolémée, les cités du littoral restèrent fidèles au Séleucide. Elles n'avaient rien à gagner à se livrer à l'Egyptien, qui depuis longtemps, maître de la mer, cherchait à étendre sur elles sa domination. Milet s'empressa de rendre hommage à Séleucos II ; nous avons encore la lettre de remerciement adressée par le jeune roi au Conseil et au peuple des Milésiens, qui avaient eu la délicate attention de lui envoyer une couronne faite d'une branche de laurier cueillie dans le sanctuaire de Didymes *. Justin a dû prendre pour une ilotte armée par les villes d'Asie Mineure la petite escadre, ancrée à Séleucie, dont pouvaient disposer au premier moment les partisans de Bérénice. En somme, l'Asie au N. du Taurus fut épargnée par la guerre. C'est sur les côtes de Syrie et de Cilicie que la flotte égyptienne préluda par de rapides succès à la foudroyante expédition relatée par l'inscription d'Adulis.

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