Polyb., V
COS. On peut s'étonner, en effet, que Séleucos soit resté simple spectateur du duel entre Antiochos Hiérax et Attale, et qu'il n'ait pas cherché à empêcher le roi de Pergame de s'emparer de l'Asie Mineure. C'était l'opinion de Droysen, qu'il était enfin parti en guerre contre Attale et qu'il avait péri dans cette campagne. Mais son inaction s'explique assez sans qu'il soit besoin de recourir à des hypothèses qu'aucun texte n'autorise *. Il se réservait probablement d'intervenir au moment opportun et n'en eut pas le temps. De son mariage avec Laodice (II), fille d'Achaeos, Séleucos II laissait deux fils, dont le cadet, le futur Antiochos le Grand, n'avait guère que seize ans. L'aîné, Séleucos (III) dit Kéraunos, n'était pas beaucoup plus âgé : mais il avait pour tuteurs, conseillers et chefs d'armée son oncle maternel Andromachos et son cousin Achaeos (II), deux hommes énergiques, capables de relever la fortune des Séleucides si la fatalité n'avait décidé que le Kéraunos ne serait pas plus « foudroyant » que le Gallinicos n'avait été « victorieux ».
1. B. Niese (II, p. 168, 3) l'explique par un traité « de paix et d'amitié » conclu avec Attale, ce qui est exagérer en sens inverse.