Polyb., V
il n'y fut accompagné que par ceux des courtisans qui étaient avertis, et par Hermias, qu'on avait eu soin d'y inviter. Le roi mena la compagnie par un sentier qui s'éloignait du camp et aboutissait à « un endroit désert ». Là, il s'écarta quelque peu, « comme pour satisfaire un besoin » (w; z~': -:<. tcôv àvaYxaiwv), en fait, pour laisser à ses affidés le temps de poignarder le ministre hors de sa présence. C'est ainsi qu'Aiitiochos dit le Grand se débarrassa d'un tuteur dont il n'osait ouvertement secouer le joug. Il recueillit, paraît-il, à son retour en Syrie, le long du parcours, les félicitations de ses sujets ; et, comme ce bel exemple était de nature à encourager l'imitation, la femme et les enfants d'Herinias furent massacrés à Apamée par les femmes et les enfants de la ville *.
Dès qu'il fut arrivé en Syrie, Antiochos envoya les troupes dans leurs quartiers d'hiver (fin 220).
Ce repos, Antiochos le savait bien, n'était qu'une halte. La révolte, domptée en Orient, renaissait, plus redoutable encore, en Asie Mineure, aux portes de la Syrie. L'événement venait de montrer que Molon ne se trompait pas de tout point en espérant avoir Achaeos pour auxiliaire. Pendant que Antiochos achevait sa tournée en Orient, Achaeos avait fait défection et s'était proclamé roi en Asie Mineure. En y réfléchissant, Antiochos dut reconnaître que Hermias, avec tous ses vices, ne manquait pas de perspicacité. Il était à prévoir que le vice-roi d'Asie Mineure, d'un pays reconquis par ses armes, l'homme à qui avait été offert un jour le diadème des Séleucides, ne se contenterait pas indéfiniment de n'être que le lieutenant de son cousin. Sans doute, Hermias, par son inimitié persistante, ses procédés malhonnêtes, ses dénonciations prématurées et calomnieuses, l'avait poussé à un éclat. Polybe ne donne pas d'autres raisons de sa défection. Mais le fait que Achaeos