Polyb., IV
villes en cette qualité, poussé à cela principalement par un banni nommé Garsyéris. Il avançait sans désemparer et se trouvait déjà près de la Lycaonie, lorsque ses troupes, s'aporcevant avec déplaisir que l'expédition était dirigée contre leur roi légitime, se mutinèrent. C'est pourquoi Achaeos, voyant ce changement des esprits, abandonna l'attaque projetée, et, voulant persuader aux troupes que son premier dessein n'était pas de marcher sur la Syrie, il tourna vers la Pisidie, qu'il ravagea. Quand il eut, grâce au butin abondant qu'il y fit, regagné la confiance et la bienveillance de l'armée, il s'en retourna chez lui » '. C'était la seconde fois depuis le début du règne que le loyalisme monarchique, qu'on s'étonne de retrouver ici chez des mercenaires, sauvait des pires dangers le roi de Syrie.
A son retour à Antioche, Antiochos envoya à Achaeos un message menaçant, oui il lui reprochait sa trahison. Mais il pensait - non sans motif pcut-ôtre, avons-nous dit - que le rebelle avait des intelligences avec la cour d'Alexandrie, et que, en attaquant d'abord l'Egyptien pris au dépourvu, il avait chance de reconquérir la Cœlé-Syrie ; après quoi, Achaeos ne tiendrait pas contre la force et le prestige du vainqueur. Ptolémée Evergète était mort, comme on l'a vu plus haut, à peu près au moment où Antiochos se préparait à partir pour l'Orient (221). Son successeur, Ptolémée IV Philopator, n'avait de goût que pour les plaisirs : il laissait la conduite des affaires à Sosibios, un dii^nc émule d'Hermias, qui ne s'occupait à ce moment que d'intrigues, de machinations sournoises dont furent victimes, sous prétexte de conspiration, les membres les plus en vue de la famille royale, l'oncle, le frère cadet et la mère du roi *.