‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 87 sur 297 · Polyb., V · texte numérisé non relu

Polyb., V

polochos, pour surveiller la région de Samaric, et rentra à Ptolémaïs pour y passer l'hiver (218) '.

A Ptolémaïs, Antiochos dut être informé des événements qui s'étaient déroulés au cours de l'année en Asie Mineure. Depuis deux ans qu'Achaîos avait pris le diadème et manifesté l'intention de ne pas se contenter de régner en deçà du Taurus, Antiochos ne l'avait inquiété que par des protestations et des menaces. On est même tenté de s'étonner que, dans ces circonstances, Antiochos se soit mis sur les bras une guerre avec l'Egypte. Mais il savait que le roi de Sardes avait près de lui un ennemi qui guettait l'occasion de prendre sa revanche, le roi de Pergame.

L'un et l'autre étaient alors harcelés par des négociateurs rhodiens d'une part, byzantins de l'autre, qui auraient voulu les réconcilier pour les intéresser à leur querelle, suscitée par les taxes que les Byzantins se permettaient de lever sur les navires de commerce traversant le Bosphore. Les Rhodiens réussirent à détacher Achaeos de la cause des Byzantins, auxquels il avait d'abord promis son appui, et à le mettre du même coup en relations amicales, d'une part, avec leur allié Prusias de Bithynie, d'autre part, avec la cour d'Alexandrie. C'est grâce aux bons offices des Rhodiens, nous l'avons dit, que Achseos eut la joie de revoir son père Andromachos relâché enfin par Ptolémée IV. Mais ni Achaeos, ni Attalc ne se laissèrent entraîner à des combinaisons qui les auraient distraits de leur tâche inévitable. Rhodiens, Byzantins et Bithyniens finirent par s'arranger entre eux, sans ingérence ni de l'un ni de l'autre (218). Attale paraissait néanmoins résigné, et Achaeos se rassurait aussi en voyant que Antiochos le laissait tranquille et que les populations s'habituaient à le considérer comme leur

1. Polyb., V, 70-71. 11 est possible que, au début de l'an 218, comme le veut A.-J. Reinach {Rev. des Et. fjr., XXIV [1911], pp. 403-403), les Romains, quoique ou parce que menacés d'une seconde guerre punique, aient offert des secours (?) à Ptolémée. En tout cas, leurs envoyés eurent soin de n'arriver qu'après la bataille de Raphia (Eutrop., III, 1).

véritable souverain. H songeait à s'agrandir. Un conflit entre deux villes de Pisidie, Selge et Pednélissos, lui fournit l'occasion de faire pénétrer ses soldais sur le versant méridional duTaurus et d'annexer à ses possessions la côte de Pamphylie. Appelé par les Pednélissiens, il leur envoya son lieutenant Garsyéris avec six mille fantassins et cinq cents chevaux. Garsyéris franchit les défilés au S. de Crétopolis et grossit son armée de contingents fournis par les villes jalouses des Selgiens. Il eut bientôt sous ses ordres trois fois plus de combattants qu'il n'en avait amené de Sardes. Avec cette armée, il put faire lever le siège de Pednélissos et assiéger dans leur ville les Selgiens eux-mêmes. Ceux-ci se souvinrent alors qu'ils avaient chez eux le père nourricier de la reine de Sardes, Laodice, laquelle, au temps où elle était promise sans doute à Antiochos Hiérax, avait été confiée à Logbasis, ami du prince. Logbasis, à la prière de ses concitoyens, engagea des pourparlers avec Garsyéris; mais, plus fidèle à ses affections qu'à sa patrie, il ne songea qu'à livrer Selge à Achaeos. Sa trahison lui coûta la vie, à lui et à sa famille, et n'aboutit pas. Les Selgiens montrèrent tant d'énergie pour réparer leur imprudence que Achaeos, venu pour assister à l'exécution du complot, s'estima heureux de leur vendre la paix au prix de sept cents talents *.

C'était le moment qu'avait patiemment attendu Attale. Pendant qu'Achaeos était devant Selge, Attale, avec une armée composée en majeure partie de Galates ^gosages recrutés en Thrace, parcourait le littoral d'Eolide et d'Ionie et détachait de l'alliance d'Acha^os les villes grecques, réduites à accepter toujours pour ami celui qui leur paraissait pour le moment le plus à craindre. On cite parmi les villes qui acceptèrent alors son protectorat et lui fournirent des otages Myrina, Cymé, Phocée, JEgse, Temnos, Smyrne, Téos,

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