‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 90 sur 297 · Maccab · texte numérisé non relu

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152 CHÀP. VI. — ANTIOCHOS 111 LE GRAND

lange syrienne, qui, une fois cernée, se débanda et prit la fuite. C'est en voyant un nuage de poussière se rapprocher de son camp que Antiochos se rendit compte de la situation. Il retourna en arrière et essaya de rétablir le combat; mais « voyant tous les siens en déroute, il fit retraite sur Raphia, convaincu qu'il était victorieux pour sa part et qu'il n'avait perdu la partie que par la lâcheté et la poltronnerie des siens » '. La consolation d'amour-propre était médiocre : Antiochos se fîit mieux trouvé de montrer moins de bravoure et plus d'intelligence.

Le lendemain, de bon matin, à l'approche des Egyptiens, il quitta Raphia et alla camper à Gaza, d'oîi il fit demander au vainqueur la permission d'enterrer ses morts. Il avait perdu dans la bataille près de 40.000 fantassins et plus de 300 cavaliers, 5 éléphants et 4000 prisonniers. Ptolémée n'avait perdu qu'environ loOO fantas?ins : sa cavalerie, il est vrai, avait été relativement plus éprouvée (700 morts) et il n'avait presque plus d'éléphants.

La journée de Raphia fut décisive. Toutes les villes de Cœlé-Syrie acclamèrent le Lagide, et leur joie était sincère, car ces populations avaient toujours préféré la domination égyptienne à celle des Séleucides. D'autre part, Antiochos, passant d'une présomption extrême à un abattement non moins excessif, voulait la paix à tout prix. Il se croyait à la veille d'être abandonné de tous et pris entre deux adversaires, Ptolémée et Achaeos. Heureusement pour lui, Achaeos était tenu en respect par Attale, et Ptolémée n'aspirait qu'au repos. Aussitôt qu'il fut rentré à Antioche, le roi de Syrie dépêcha à Ptolémée son neveu Antipater ' et ïhéodotos Hémiolios pour traiter de la paix. Ptolémée fit d'abord quelques difficultés pour la forme ; puis il consentit

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