Polyb.,XV, 25 a
Antioclîos reprendrait la Cœlé-Syrie et la Phénicic '. On dit môme que Antiochos comptait prendre Cypre et TKgypte, tandis que son associé, une fois maître des Cyclades et des villes d'Ionie, s'emparerait de la Cyrénaïque *. C'eût été la spoliation complète. L'autour de la lihrtorique à Hérenniiis suppose que llannibal dut ôtre tenté de prendre part à la curée. Recevant l'ordre de rentrer à Carthage, llannibal délibère « s'il restera en Italie, s'il retournera chez lui, ou s'il ira en Kgypte occuper Alexandrie » ^ Ce plan de discours fùt-il un simple exercice d'école, il part d'une idée qui a pu venir à l'esprit d'Uannibal réduit aux expédients désespérés. En tout cas, il fixe avec précision, en l'année 203, le moment où ce projet pouvait paraître réalisable. Dannibal eût été accueilli à bras ouverts par les deux rois coalises, dont l'un avait été ouvertement et était encore secrètement son allié.
Agathoclès, seul régent depuis la mort du vieux Sosibios, sentant se nouer contre l'Egypte une ligue de tous les appétits, chercha à prévenir le danger. II envoya Pélops à Antiochos, pour le prier « de respecter l'amitié et de ne pas transgresser les conventions passées avec le père de l'enfant », et Ptolémée fils de Sosibios à Philippe, pour négocier avec lui une alliance et lui demander du secours u au cas où Antiochos les attaquerait sérieusement au mépris des traités ». Des ambassadeurs et agents de l'Egypte furent envoyés de même à Rome et en Grèce pour chercher des alliances et recruter des mercenaires ^
Le nom de Rome ainsi môle aux négociations était une menace dont Philippe surtout devait apprécier la portée.
1. Polyb., 111, 2, 8 : cf. XV, 20, fi. XVI, 1, 8. Liv., XXXI, 14, 5. Justin., XXX, 2, 8.
2. Appian., Maced., i : témoignage discrédité par une erreur grossière (sous le roi enfant Phiiopator !), et la prétention attribuée à Philippe sur « rionle », au détriment de son associé.