‹ Histoire des sources du droit canoniqueChapitre 131 sur 323 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

droits des métropolitains dans les causes majeures des évoques, et dans leur administration générale; — suppression ou amoindrissement des cho révoques. Maassen a conjecturé que cette révision de Vllispana avait été faite par Tauteur même des fausses décrétales, soit avant la fabrication des pièces supposées, pour y préparer les esprits, soit simultanément pour mettre plus d'harmonie entre les deux parties de son œuvre et mieux dissimuler son travail de falsification. Mais on peut également supposer que ce Pseudo- Isidore n'a point fait seul Tœuvre immense qu'on lui prête. Les mêmes abus se produisaient dans toutes Jes provinces de Tempire franc. De divers côtés on s*effor^ çait de rétablir la discipline ébranlée. Il est très pos^ sible qu'on ait commencé par remanier dans ce but l'ancienne Hispana^ et que les auteurs des Faux Gapitulaires et des Fausses Décré taies n'aient été que les continuateurs de cette entreprise.

Le nouveau recueil fut présenté sous le nom et comme l'œuvre de saint Isidore. On le confondit avec VUispana également attribuée à cet évêqueet reproduite en très grande partie par le faussaire; il fut accepté sans défiance par nos conciles nationaux qui l'invoquôreut souvent pour maintenir la discipline. Les papes le citèrent comme l'avaient fait avant eux les évêques francs, et il se répandit rapidement de France en Italie et même en Angleterre. Jusqu'au xif siècle^ on en fit de nombreuses copies et des abrégés. On j ajouta aussi des pièces nouvelles, surtout dans la Lroi* sième partie, et presque tous les auteurs des collections systématiques, du x'' au xii° siècle, y (irent des emprunts plus ou moins considérables.

Les pièces fausses ne contenaient rien qui parût être une innovation aux usages reçus ; on ne pouvait discerner la fraude à une époque où la critique historique était inconnue. Au xv® siècle seulement, quelques savants déclarèrent que les décrétâtes attribuées aux premiers papes étaient fausses. Ce point fut mis hors de doute au xvi® siècle, en France et en Allemagne, lorsque toute la collection eut été imprimée; il fut établi d'une manière plus rigoureuse au xvii*' siècle, et enfin les frères Ballerini, dans les dissertations qui accompagnent leur édition des œuvres de saint Léon, ont démontré la fausseté de certaines pièces qui jusqu'alors avaient été acceptées comme authentiques *.

§ 2. — Lieu d'origine des fausses décr étales.

D'après une tradition fort répandue dans l'empire franc à la fin du ix° siècle, Riculf, archevêque de Mayence (787-814), aurait reçu d'Espagne la collection pseudo-isidorienne. Mais il a été établi par les recherches du P. Buriel dans les bibliothèques de la péninsule, que l'ancienne Hispana n'avait pas cessé d'y être en usage jusqu'au xii® siècle, et que dans toutes les transcriptions de cette ancienne collection, faites jusqu'à cette époque, on ne trouve pas une seule pièce qui soit propre aux fausses décrétales. Ce dernier recueil n'est donc pas originaire d'Espagne.

Il n'est pas originaire d'Italie ; les critiques les plus

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