CHAPITRE V
au nom de Marins celui àlsidorus, qui était beaucoup plus connu.
Les recherches faites sur le véritable nom de Tauteur sont restées, jusqu'à présent, sans résultat définitif.
On a pu conjecturer, avec quelque vraisemblance, ainsi qu'on Ta dit plus haut, que l'auteur était un des amis ou des partisans de l'archevêque Ebon de Reims. Il est tout au moins permis d'affirmer que les fausses décrétales, les Capitula Angilramni et les capitulaires de Benoît Lévite sont sortis de la même main, ou plutôt des mêmes mains, car il est très douteux qu'un seul homme ait pu faire dans un temps relativement restreint, des travaux aussi considérables. On ne saurait les attribuer à Benoît, diacre de l'église de Mayence ; les arguments qui ont été présentés en faveur de cette opinion * prouvent bien la parenté des faux capitulaires et des fausses décrétales, mais ils n'établissent nullement que Benoît Lévite ne soit pas un pseudonyme, et qu'il ait écrit son livre à Mayence.
On a encore proposé l'archevêque Ebon lui-même, ou Rothad de Soissons, ou encore Wulfad, chanoine de Reims, précepteur des fils de Charles le Chauve, puis évêque de Langres et archevêque de Bourges, qui s'était trouvé engagé dans la question comme tous les clercs ordonnés par Ebon^ Il ne serait nullement impossible que ces trois personnages, ou l'un d'eux aient concouru à la rédaction des traités mis
l.V. notamment F. Walter, p. 212- I 2. Hinschius, p. ccxxix et s. 214. i
en circulation sous les noms du diacre Benoit, de révoque Angilramne et de saint Isidore de Séville, mais on ne saurait rien dire de plus.
Il suffira de mentionner l'opinion de Weiszaecker, qui fait intervenir Hincmar de Reims dans la rédaction des fausses décrétâtes, bien que ce prélat en ait combattu les doctrines. Weizaecker s'eflForce d'expliquer cette étrange contradiction en essayant de prouver que Tarchevêque de Reims avait sacrifié ses opinions théologiques et sa fidélité au roi, au désir de devenir primat des Gaules *.
Dans une dissertation plus récente, M. Langen a établi sans peine qu'Hincmar n'était pour rien dans la rédaction du Pseudo-Isidore. Ce savant fait ressortir les quatre points suivants sur lesquels il est d'accord avec les derniers auteurs qui aient étudié la question.
Les fausses décrétâtes ont été rédigées dans la province de Reims ou dans les provinces voisines ;
La rédaction de ce recueil a eu lieu entre les années 847 et 853;
Les Capilula Angilramni sont du même auteur; ils ont été écrits après les capitulaires de Benoît Lévite et avant les fausses décrétâtes.
Mais, selon M. Langen, ce dernier recueil aurait été composé pour maintenir les droits du métropolitain de Tours, menacés par la politique du duc de Bretagne Nomenoë, et il aurait eu pour auteur Loup, abbé de Ferrières ^ Celte conjecture, peu plausible,