‹ Histoire des sources du droit canoniqueChapitre 137 sur 323 · CHAPITRE V. 1S · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 1S

a été combattue par M. Schroerss, qui maintient l'opinion généralement adoptée*.

Son Êm. le cardinal Pitra s'en écarte dans ses Analecta novissimay oîi il se demande si le recueil des fausses décrétales n'aurait pas été rédigé à Mayence par Otgar, ou sous son inspiration ^ Cet archevêque ^ qui avait pris parti pour Lothaire contre Louis le Débonnaire, fut impliqué dans la disgrâce d'Ebon de Reims. Il était menacé dans la primauté de son siège, amoindri par l'accroissement de Cologne, d'Utrecht et de Strasbourg, et réduit à onze suffragants; il pouvait craindre de nouveaux démembrements.

Or, on trouve dans les fausses décrétales une prétendue lettre de Pelage II, contre le démembrement de toute métropole ayant onze suffragants ^ Cette coïncidence remarquable ne permettrait-elle point de supposer que l'archevêque Otgar n'a pas été étranger à la rédaction du recueil qui contient cette pièce? Le traité de Verdun qui, en 843, rétablit la paix entre les fils de Louis le Débonnaire, put tranquilliser Otgar et ses successeurs. On s'expliquerait ainsi pourquoi Raban Maur et les autres archevêques n'ont pas eu besoin de recourir ni aux fausses décrétales, ni aux faux capitulaires attribués à Benoît Lévite, et rédigés sous l'empire des mêmes préoccupations. Le recueil des fausses décrétales serait tombé dans l'oubli si Reginon n'y avait fait quelques emprunts, et surtout si Burchard de Worms ne l'avait mis largement à contribution.

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