‹ Histoire des sources du droit canoniqueChapitre 138 sur 323 · et s. I · texte numérisé non relu

et s. I

On peut opposer à ce système les considérations qui font douter que les faux capitulaires eux-mêmes aient été rédigés à Mayence. En outre, l'emploi que le prétendu Benoît Lévite a fait du nom d'Otgar dans sa préface en vers, est un motif de croire que ce prélat n'était pour rien dans ce grand travail de fabrication de pièces fausses; s'il y avait participé, il aurait, ce semble, soigneusement évité de le faire savoir. Enfin, l'argumentation des Analecta novissima ne détruit pas les présomptions qui ont fait assigner la province de Reims pour patrie probable des fausses décré taies.

Cette opinion, on l'a déjà dit, paraît encore plus plausible que les conjectures de M. Simson, attribuant à un diacre de l'église du Mans, nommé Leodald, la rédaction des faux capitulaires de Benoît Lévite, des fausses décrétales, ainsi que des Acta Pontiftcum Cenomanensium et des Acta Aldrici; mais, dans l'état présent de la science, il est impossible de déterminer, avec certitude , le véritable nom des évêques ou des clercs qui se sont cachés sous les pseudonymes de Benoît Lévite, Angilramne et Isidore Mercator.

§ V. — But de l'auteur des fausses décrétales.

De graves historiens du droit canonique, appartenant à des confessions différentes, s'accordent à penser que le Pseudo-Isidore a exactement indiqué, dans les premières lignes de son livre, le but qu'il se proposait. Il a voulu, dit-il, faire un recueil des canons et des règles disciplinaires , plus complet que les précé-

Page 1