‹ Histoire des sources du droit canoniqueChapitre 256 sur 323 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

que Tancrède , et il n'avait pas môrae vu la Simima ordinis judiciorum à laquelle Richard renvoie dans ses distinctions sur le Décret. Elle a elc retrouvée par Hànel dans un manuscrit de la bibliothèque de Douai et publiée par G. Witte*. Ce n'est qu'une compilation de lois civiles et de canons rangés sous des rubriques qui suivent la marche ordinaire des procédures. Le plan de l'auteur se rapproche beaucoup de cehxi d*une Summa de ordine judiciorum, d'OUo de Pavie* son contemporain ^

La procédure canonique était étudiée vers la môme époque en Allemagne. On en trouve la preuve dans YOrdo judiciarius que Gilbert de Brème composa en vers hexamètres et qu'il dédia à son père spirituel Wolfker, évoque de Passau (H91-1204) ',

Le xiii° siècle est la grande époque dos canonistcs; ils dominent notablement les légistes qui avaient joué un rôle prépondérant pendant le xir siècle. Ceux-ci avaient étudié tous leurs textes qui n'avaient plus dé* sormais pour eux l'attrait de l'inconnu, tandis que les déëffeles des grands papes du xm" siècle apportaient sans cesse un nouvel aliment à l'activité des canonistes. Les hauts emplois que l'Église put leur offrir contribua aussi à faire entrer dans cette voie beaucoup d'esprits distingués.

Le premier traité de procédure canonique que nous trouvions dans le xiii° siècle est VOrdo judiciarius de Damase. L'auteur de ce traité, rédigé vraisemblable-

\. Magislri Ricardi Amjlici ordo Judiciarius, Hal., 1853, in-i".

it. Bethmann-HoUweg, Vl,69 et 107.

3. Savigny, VJGH. — Sicgu], 5ï7i.7 ber. der Wimer Af,ad.i i, 55, p. 53 j' (1867).

UVRE douzième;.

ment entre 1210 et 1216^ prend pour base, dans sa première partie, YOrdo de Pillius sur la procédure civile, en indiquant toutefois les dispositions divergentes du droit canonique. Dans la deuxième partie, il devient véritablement original. Sa méthode et son exposition sont du reste supérieures à celle de son modèle \

On voit paraître à la même époque le Libellus ordinis jiidiciarii de Tancrède, qui devait faire oublier tous les Ordines antérieurs et qui a été le traité pratique le plus renommé et le plus répandu qu'ait produit TÉcole des glossateurs ^ Il en existe de nombreux manuscrits en France, et on Ta traduit de très bonne heure en français et en allemand. On trouvera plus loin une courte notice sur la vie de Tauteur. Il a composé son Ordo judiciarius de 1214 à 1216; il l'avait rédigé pour renseignement de TÉcole sur la demande instante de ses élèves, ou de ses collègues {Canssiini socii)^ mais aussi en vue de la pratique pour Tinstruction des parties et des. juges. Il emploie et cite principalement les sources de droit canonique, le Décret et les Extravagantes, c'est-à-dire les trois anciennes compilations, ainsi que les autres décrétales et les canons des conciles jusqu'à la mort d'Innocent III; il tient encore compte des lois en tant qu'elles ne contredisent pas le droit canonique; dans ce cas^ il donne la préférence à VjEqiiitas canonica. Pour les cas oîi l'on procède dans les tribunaux ecclésiastiques

1. Publ. par Wunderlicb, dans ses AnecdotOy d*aprèsles mss. de Paris et de Vienne. Le mss. de Paris donne le titre suivant : Inc. Summa Magisiri

Damasi Bononie composita de ordine judiciario.

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