‹ Histoire des sources du droit canoniqueChapitre 257 sur 323 · Publié avec Pillius et Gratia, par ncrgmann, Gœtt · texte numérisé non relu

Publié avec Pillius et Gratia, par ncrgmann, Gœtt

CHAPITHE 11. 303

selon le droit civil, et où les Leges ne sont pas en contradiction avec les canons, il suit ordinairement Pillius, « cet illustre docteur-ès-lois, » dont il appréciait hautement la sagesse et la science. Après avoir donné un aperçu général de Tordre à suivre dans les instances judiciaires et rappelé la disposition du concile de Latran de 1215, qui prescrivait aux juges de faire dresser acte de tout ce qui s'accomplissait devant eux, il divise sa matière en quatre parties. Dans la première, il traite des personnes qui doivent figurer dans une instance : le juge, les parties et leurs conseils; dans la seconde, de l'instruction préparatoire jusqu'à la litiscontestation; dans la troisième, de la litiscoiitestation à la sentence définitive; dans la quatrième, des sentences et de leur exécution, des appels et de la restitutio in integrmn.

Le traité original de Tancrède a été remanié trois fois au moins. Dans deux manuscrits, le texte a élé un peu modifié; on y cite les dernières décrétales d'Innocent III; la formule du libelle d'accusation, qui était datée de l'an 1214 , porte la date <le 1225 et la mention correspondante de la dernière année du pontificat d'Honorius III; enfin, dans les noms de lieux que contiennent les formules, Paris a remplacé Bologne, et Auxerre, Modène. Ce premier remaniement a donc été fait en France , dans Tannée 1225 ; le deuxième, qui est représenté par un plus grand nombre de manuscrits, contient tout ce qui se trouve dans le premier, avec des additions et des corrections. On n'y cite plus les anciennes collections de décrétales, mais celles de Grégoire IX; ce troisième texte est donc de l'an l2Vt au plus tôt. Gomme le second, il est originaire de

France, car il substitue Paris et Chartres à Bologne et Modène. I/auteur est inconnu; on a pu songer au jurisconsulte bourguignon, Joannes de Blanosco ou Blanasco (Blanot ou Blanay, en Bourgogne), qui a enseigné à Bologne et a écrit vers le milieu du xiii" siècle. L'édition princeps de VOrdo judiçiarius, imprimée à Lyon en 1515, et un manuscrit qui contient une grande partie de ce deuxième remaniement, le donnent en effet sous le nom de J. de Blanosco, que Ton confondait avec Tancrède*. C'est sous celte forme que VOrdo a été le plus répandu, qu'il a été glosé et traduit en français et en allemand ^

Enfin, un troisième remaniement fut fait après 1234 et après la mort de Tancrède, par Barthélemide Brescia {B, Brixiensis)^ qui ne changea rien au texte original et se borna à substituer, dans les citations, la collection des décrétales de Grégoire IX aux anciennes compilations^.

Peu de temps après la mort de Tancrède, vers 1239, un Irlandais, Guillaume de Drokeda, professeur à Oxford, composait un Libelhts de judiciorum ordine en six livres, que J. André trouvait recommandable *. Vers la môme époque, Gratia d'Arezzo (G. Aretinus) composait encore une Summa de ordine judiciorum que G. Durand cite dans son préambule et qu'il a souvent mise à contribution. Elle a été retrouvée et publiée par Bergmann, avec Pillius et Tancrède, dans le vohime déjà cité. Gratia s'est surtout appliqué à com-

1. Sa Vigny, UI, 635-37; V, 121, 496,501. — Bethmann-HoUweg, VI,

Page 1