LES TRADUCTIONS GRECQUES DE L'ANCIEN TESTAMENT
La plus ancienne et la plus célèbre des versions grecques de TAncien Testament est la traduction dite des Septante, ou version alexandrine. Les Apôtres, les Évangélistes et la plupart des Pères de TÉglise en ont fait Téloge. La traduction latine ou vulgate, reçue solennellement par le concile de Trente, est, aujourd^'hui encore, la seule version dont l'autorité soit plus considérable dans TÉglise d'Occident.
En écartant de l'histoire de cette traduction des Septante les récits légendaires, on tient pour certain que vers l'an 286 avant Jésus-Christ, Ptolémée II Philadelphe, à l'instigation de Démétrius de Phalère, fit traduire en grec la loi de Moïse par quelques juifs d'Alexandrie. Les traducteurs furent-ils au nombre de soixante-douze, ou seulement de cinq, dont le travail aurait été revu par un sanhédrin de soixantedouze vieillards? On ne saurait ni l'affirmer ni le nier ; il paraît uniquement établi que cette traduction ne comprenait d'abord que les cinq livres de Moïse.
On ne peut dire exactement à quelle époque ce travail a été terminé; on a seulement la preuve que tous les livres proto-canoniques étaient traduits vers Tan 130 avant Jésus-Christ.
Cette version alexandrine ne fut pas moins estimée des premiers chrétiens qu'elle Tétait des ju\fs ; mais de nombreuses fautes s'introduisirent dans les copies qu'on en faisait constamment. Origène s'efforça de les corriger lorsqu'il entreprit ce qu'on appellerait aujourd'hui une édition synoptique de l'Ancien Testament, les Hexaples^ puis Octaples et Ennea^ pies, selon le nombre des colonnes qui s'y ajoutèrent successivement. Cette révision critique du texte alexandrin fut bientôt aussi défigurée par les scribes. On dut opérer une nouvelle récension, et au commencement du IV* siècle, on comptait trois textes principaux, auxquels se rattachent les quatre cents manuscrits plus ou moins complets de cette version, qui nous sont parvenus. La première édition intégrale est celle du cardinal Ximenès dans sa bible polyglotte. L'impression fut terminée en 1517, mais elle ne fut mise en circulation qu'en 1520. Ce texte a été reproduit dans beaucoup d'éditions. En Allemagne, on suivit surtout l'édition des Aides, qui date de la même époque (Venise, 1518). Ces textes sont loin de valoir celui de l'édition sixtine, entreprise par Grégoire Xin, et publiée sous Sixte-Quint, qui avait été le promoteur de cette entreprise (Rome, 1587). Les savants qui avaient été chargés de ce travail, sous la présidence du cardinal Carafa, suivirent autant que possible le célèbre manuscrit Vaticanus B, en comblant les lacunes avec un manuscrit oncial qui ap-