LES TRADUCTIONS LATINES DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT
Le texte grec de TÉcriture sainte fut traduit de très bonne heure pour les églises appartenant à une autre langue. On eut ainsi une version latine (i" ou 11^ siècle), une version égyptienne ou copte (ii* ou iii^ siècle), une version gothique (iv* siècle), éthiopienne (iv° et v° siècles), arménienne (v* siècle), syriaque (vil'' siècle), slave (ix" siècle), etc.
Nous nous occuperons exclusivement des versions latines, en réunissant ce qui concerne la traduction de l'Ancien Testament, faite d'après le texte des Septante, et la traduction du Nouveau Testament, faite sur le texte original.
§ P'. — Vêtus Itala et traduction de S. Jérôme.
La plus ancienne des versions latines est celle qu'on appelle communément Vêtus itala ^ bien que d'après l'opinion la plus probable, elle ait été rédigée en Afrique. Saint Augustin la fait remonter aux premiers temps de l'Église*. A la fin du ii^ siècle, elle comprenait tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Cette version, qui est l'œuvre de plusieurs traducteurs, fut très souvent remaniée. Saint Jérôme disait
i. s. Au?. , De doct. Christ., 11, 11.
qu'il y avait autant de textes latins que de manuscrits\ Saint Augustin nous apprend aussi que dès qu'on savait un peu de grec et qu'on avait entre les mains un manuscrit des Écritures saintes, on entreprenait de le traduire ; mais il préférait l'Itala à toutes les autres interprétations parce qu'elle suivait le texte de plus près et en rendait mieux le sens^
Dès le milieu du iv^ siècle, cette version était déjà si altérée que le pape Damase ordonna à saint Jérôme de la corriger. Celui-ci commença par le Psautier; sa révision fut aussitôt acceptée à Rome et elle y a été suivie jusqu'à Pie V, sous le nom de Psautier romain. La même année (383), saint Jérôme revit les Évangiles sur le texte grec, mais en se bornant à corriger les passages qui ne rendaient pas exactement l'original. L'année suivante il retourna en Orient et fit une deuxième révision du Psautier qui fut admise dans la liturgie gallicane et s'appela le Psautier Gallican.
Il se servit pour ce travail d'un exemplaire des Hexaples d'Origène qu'il employa également pour les autres livres de l'Ancien Testament. Mais, peu satisfait de son œuvre, il entreprit en 389 une traduction nouvelle d'après le texte hébreu ou chaldéen. Il passa quinze ans à traduire tous les livres proto-canoniques de l'Ancien Testament et les livres de Tobie et de Judith.
On a remarqué que le latin de cette traduction est beaucoup moins correct que celui des autres écrits de