‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 103 sur 147 · COLLATIO OU LEX DEI · texte numérisé non relu

COLLATIO OU LEX DEI

Les manuscrits donnent à la compilation le titre suivant : Lex Dei quam praecepit Dominus ad Moysen. CeUitre correspond si peu au contenu du manuscrit qu'il est probable oos) qu'il lui a été donné par les scribes à cause des premiers mots du texte que nous avons : Mot/ses dei sacerdos (1). On emploie habituellement aujourd'hui le titre de Collatio legum Mosaicarum et Romanarum ou simplement Collatio. L'auteur ne nous est pas connu. Au seizième siècle, lorsque l'ouvrage fut découvert, le bruit courut qu'un manuscrit trouvé en Allemagne l'attribuait à un certain Licinius Ruflnus ; mais il ne paraît pas que ce bruit eût le moindre fondement (2). Ce n'était pas un jurisconsulte (3); quoiqu'il qualifie le droit mosaïque de leœ ex divino nutu condita ou de lex divina (4), il faut voir en lui un chrétien plutôt qu'un juif. L'unique but que l'on puisse assigner au livre est l'indication <les ressemblances existant entre le droit romain et le droit mosaïque, même en matière pénale (5). Les remarques de l'auteur ne permettent pas de deviner pour quelle raison il avait établi une pareille comparai-

(1) Hincmar de Reims (mort en 882), qui cite cette compilation vers l'an 860 dans son traité de divortio Lotharii et Tetbergae, interrogaiio Î2 {0pp., I, 627, 634), ne ccyinaît pas ce titre. Cf. Savigny, Geschichte des rœm. Redits im Mitt. A., 2' cdit., p. 282 et suiv.

(2) Cf. Bluhme, Préface de son édition, p. vi et suiv.; Rudorfif, Ueber den Ursprung und die Destimmung der Lex Dei (Abhandlungen der Berliner Akademie, 1868), p. 205 et suiv.; Mommsen, CoUectio, III, 113. Huschke, Zeilschrifl fur geschichlliche Rechtswissenschafl, XIII, 24 et suiv., part de là pour supposer que l'auteur est Rufin d'Aquiléc (mort en 397). Rudorff, op. fil., appelle l'attention sur ce passage du métropolitain de Nisibe, Ebcd Jesu (mort en 1318) : composuit drinde (leges) post hos Ambrosius epiacapus Mediolannisium, cum a Valentiniano rege jussus esset, ut scriberel et in ordinem redigeret jura {stalula ?) et ordines praefectis reijionum. Il en conclut que Valontinicn II avait chargé saint Amhroiso de composer ce recueil, mais que celui-ci no termina son œuvre qu'en 390 (cf. ci-dessous, p. 406, n. 3;, par*conséqucnt quinze années seulement après la mort de Valnntinien.

(3) Collatio, 7, I ; scilole jurisconsidli.

(4) Coll., 0. 7.

(5) Ainsi, on lit dans la Coll., 7, 1 : Quodsi XII Tabulan noclurnum furem... interftri jubent, Hcitote jurisrotisiiiti, quia Mnyscs ]>vius lioc slatuit. Des comparaisons de rc genre outre les deux législations sont naturelles n celte é|iu(|uo; on on tioiivo iléjà dans \'.\iHd. do Tortullion, 4,'i.

son (1). En règle générale, il se contente de reproduire textuellement les sources.

(304) Nous possédons cent seize titres de la Collatio ; ils sont

Contenu. relatifs aux matières suivantes : meurtres et coups mortels, blessures infligées à un homme libre, homicides des esclaves, adultère, séduction, sodomie, inceste, vol, faux témoignage, refus de témoigner ou retard apporté à le faire, refus de restituer un dépôt ou une chose prêtée en commodat, détournement de troupeaux, incendie, déplacement de bornes , plagium , peines contre les Malhematici et les Manichaei, successions ab intestat. Le commencement et la fin de cette compilation doivent s'être perdus , car il est impossible qu'elle ait été publiée sans indications sur son but et sur son plan, et il n'y avait aucun motif pour clore l'ouvrage par les règles sur la succession ab intestat (2).

Les extraits du droit romain sont donnés tels quels , sans remaniements ni coupures; une seule fois, l'auteur observe qu'il n'a pas reproduit intégralement une constitution étendue (3). La date du recueil peut être déterminée Date. grâce à la constitution de 390 qui s'y trouve insérée dans sa forme originaire et non dans la rédaction nouvelle qu'elle reçut dans le Code Théodosien. Le recueil se place donc entre les années 390 et 438 (4).

(1) Cf. 1, 3, 2. 5, 2, 2. 6, 4. 5. 7. 7, 1. 14, 3, 6. 15, 2, 4. — Selon Dirksen, Hinterlassene Schriften, II, 125, l'auteur se serait proposé de prouver a que même devant les tribunaux séculiers, il y avait place pour l'application du droit divin. » Karlowa, Reclilsgeschichle, I, 069, soutient, au contraire, que l'œuvre^était faite pour montrer « qu'au point de vue chrétien, rien ne s'opposait à l'application du jus qui s'était formé antérieurement à Constantin, car ce jus était conforme aux régies du droit mosaïque tenues pour valables par le christianisme, et quand il ne concordait pas entièrement avec elles, des novellae conslituliones l'avaient modifié. » Cette dernière observation est exacte pour 5, 2 ; mais oii est l'accord , où sont les modifications dans les titres 4 (en ce qui concerne la séduction), 7, 11, 12?

(2) Ajoutons que tous les manuscrits, quoiqu'ils aient été conservés intégralement, s'arrêtent chacun à un endroit différent.

(3) 15, 2, 4. Le fragment en question qui aurait dû être inséré dans les manuscrits, s'est perdu. C'est de la même façon que doit s'être produite la lacune qu'on remarque après 12, 7, 9 (cf. Dig., 9, 2, 27 g 11).

(4) Le manque il'indication du consulat dans la suscription 5, 3, a fait

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