ÉDIT DE THÉODORIC
un texte et une interpretatio (1) ; quelques-unes de ces œuvres furent très répandues (2).
Les savants contemporains se sont surtout servis de la lex romana pour éditer les textes originaux qu'elle ren- Editions. ferme. Elle a été publiée intégralement elle-même, la première fois par Sichard (1528) (3), récemment par Haenel (1849) (4) ; ce dernier a reproduit en même temps les résumés dont nous venons de parler.
T Edictum Theoderici. — Cet édit rendu par Théodoric le Grand, très probablement au commencement du sixième siècle, en tout cas après l'année 493 (5), contient en 155 EditdeThéodoric articles une série de préceptes applicables aussi bien aux Goths qu'aux Romains (6). Ils étaient tirés, comme nous l'apprend la disposition finale, ex novellis legibus et veteris (3i7) juris sanctimonia\ nous n'avons pas de renseignements plus précis sur ce point; dans la rédaction de cette œuvre, on n'a pas reproduit le texte même des sources; les règles qui y figurent sont, pour la plupart, présentées sous une
(1) Cf. Conrat, Geschichle der Quellen und Lilteratur des rôm. Rechts, p. 220 et suiv. Beaucoup de manuscrits de la Lcx Romana forment comme la transition à ces epilomae; ils ne donnent, en effet, que Vinlerprelalio ; le texte manque partout où il est accompagné de celle-ci.
(2) Haenel, p. xxv et suiv. Sur lEpilome St. GlûU, cf. Brunner, Deutsche Rechlsgeschichte, I, § 51.
(3) Codicis Theodosiani libri XVI, etc. Basileae, 1528.
(4) Lex Romana Visigothorum. Berolini. Les interpretationes ont été imprimées également dans les éditions des Codes et des Novollcs de Haenel et dans l'édition de Paul de Arndts.
(5) Dahn, Kœnige der Germanen, IV, Appendice, p. 5 et suiv. Gaudcnzi, Zeitsrhrift der Savigny-Sliftung , germ. Abih., VII, 29, place ledit entre les a. 511-515. En sens contraire, Scliupfor, Lincci, sor. IV, vol. III, p. 223 et suiv.
(G) La première édition de l'édit de Théodoric est celle de P. Pitliou, 1579, faite sur doux manuscrits aujourd liui perdus cl puliiiéo à titre d"ai)|i(Midico aux œuvres de Cassiodore, éd. G. l'orncrius , 1579. En IXtti, Ulion eu u donné une édition avec commentaire sous ce titre: Cominmlnlio nd Ediclum Theodorici. L'édition plus récente do Bluhmc pour les Monumenta Germnriino. hislorini , Leges , IV, I'i5 et stiiv. (cf. Padollotli , FniTh's juris lt:ilicif 1, 3-7r)), contient 4rcxccllenlos références aux sources. On en trouve une étude approfondie dans le premier appendice du IV" volume de Oahn, Kœuîije der Germanen.
forme nouvelle (i). On a pu constater, par la comparaison avec les documents qui nous sont parvenus par une autre voie, que les rédacteurs de l'édit se sont servis des trois recueils de constitutions, de quelques Novelles de Tliéodose II, Valentinien III et Majorien, et des Sentences de Paul. On remarque des analogies entre certains passages de l'Edit et quelques autres œuvres, par exemple les Responsa de Paul (c. 105. 139) et Ulpien, de officio proconsulis (c. 57. 58. 74. 82. 103) (2) ; mais il n'en résulte point que ces passages soient tirés de là; il se pourrait fort bien qu'ils fussent empruntés aux parties des sententiae que nous ne possédons pas. D'ailleurs , il est à remarquer que dans beaucoup de cas Yinterpretatio a été consultée de préférence au texte même (3).
3" Lex romana Burgundionum (4). — Lorsque Gondebaud fit rédiger, vers la fin du cinquième siècle, un Code Le l'apien. pour ses sujets burgondes, il promit aux Gallo-Romains qui habitaient son royaume de leur donner un recueil comprenant les dispositions applicables entre eux (5). La lex romana qu'il leur annonçait fut faite au plus tard avant la chute du royaume burgonde , c'est-à-dire avant 534, et probablement du vivant de Gondebaud (mort en 516) (6). Le premier éditeur de cette loi la désigna sous le nom de Papianus, à cause de la disposition de certains manuscrits qui contenaient à la fois ce recueil et la lex
(1) Quelquefois un seul passage do l'édit a été composé à l'aide de diverses sources, par exemple c. 11. 28. 68. 70.
('2) Cf. l'indication des sources donnée par Bluhmc, 17G.
(3) Voir ci-dessus, p. 417, n. 7.
(4) La lex romana Burgundionum a été éditée pour la première fois par Cujas, en 1506, dans un recueil de sources romaines {Codicis Theodosiani, lib. XVI , etc., 694 et suiv.). Parmi les éditions récentes, celle de Barkow (Lex romana Burgundionum . 1826) est celle qu'il faut consulter de préférence à raison du commentaire qui l'accompagne. Plus récemment encore, Bluhme en a donné une autre (Monumenlu Germaniae hislorica, Leges, III, 594) oîi l'on trouve à la fois un commentaire et un apparat critique.
(5) Lex Burguridionum, prima constitulio, g 7.
(C) Bluhmc établit ce dernier point en faisant remarquer qu'au c. 2, G, Gondebaud est qualifié de domnus rcx.