‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 109 sur 147 · ÉCOLE DE BÉRYTE. FRAGMENTS DU SINAÏ · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE BÉRYTE. FRAGMENTS DU SINAÏ

que où ils ont vécu ; on sait qu'ils sont antérieurs à une constitution d'Anastase de Tannée 500 (1), et qu'Eudoxe était le grand-père d'Anatole, l'un des commissaires chargés par Justinien de la confection du Digeste (2). A voir l'estime que professent pour eux les jurisconsultes du temps de Justinien, on comprend qu'ils sentent qu'ils leur sont inférieurs (3). Nous n'avons que peu de renseignements sur leurs travaux. Cyrille, le plus ancien d'entre eux, avait composé, à ce que l'on rapporte, un uTrofxwKxa xGv SecptvtTOJv, c'est-à-dire des definitiones ou regulae; l'uniqîie cyriiie. mention que nous ayons de cet ouvrage permet de reconnaître qu'il contenait un grand nombre d'extraits de la littérature classique (4) ; il y figurait aussi des explications sur un passage du commentaire de l'Edit d'Ulpien et sur une réponse de Papinien (5). Quant aux jurisconsultes autres que Cyrille, il n'est question dans nos sources que de leurs remarques sur quelques constitutions impériales (6) ; mais si leurs autres œuvres ne nous sont pas connues , c'e'st par l'effet d'un pur hasard ; cela tient à ce que les commentaires sur le Code de Justinien nous ont tout naturellement transmis de préférence ces remarques (7).

C'est de cette école que proviennent sans doute les (320) scolies grecques sur les libri ad Sahinum d'Ulpien,^ dont on a découvert dans ces dernières années des fragments

(1) Cod.. 2, 4, 43; cf. Basiliques, éd. Heimbach, I, G98.

(2) Dig., op. cil.

(3) Ils les qualifient de : lipwei;, o'. ttji; oIxoujjlévyi; StôdtTxaXoi , ot ê7ti(paveïç (ou êTtiçavéuTaTOi) ôiôairxàXoi, TravàptoToi ; ou encore ol 7ra)-aiot.

(4) Basiliques, I, G46 (Thaléléc, sur le Cod., 2, 3, 6).

(5) Basiliques, SuppL, p. 211, scol. 54, et III, 474, scol, AéXou; cf. encore I, 583, scol. dûvaxai.

(G) Basiliques, I, 402. 403. 405. G4G. G49. G'J2. G95. G9G. 704. 722: II. C3. 3GG, 3G9. 454. 489. 54'?. G52. G57. 730; III, 22. 23: IV, 35. 157. 502. 585. 593. 789; V, 252. 873. Kudoxe se réfi'-rc, dans les Bas., II, 454, au /. I.\ de officio proconsulis d'L'lpion.

(7) 11 on est ainsi par exemple pour Thalcléo ot pour le scoliasto sur les Basili<iues , IV, p. 585 (à partir dos mots oOxo); yâp, ce n'est plus Thôodoro, mais sans doute Isidore); le comincnlairo du Digeste do Stéplianc, ne donne que les rernar(iucs rapportées ci-dessus au sujet de Cyrille.

Fragments au moiiastère du Sinai (1). Ces fragments appartiennent aux livres 35 à 38 ; les scolies ne reproduisent pas le texte d'Ulpien et constituent une œuvre spéciale. Le rapport qu'il y a entre ces scolies et l'enseignement du droit est frappant (2) ; elles consistent en indications des matières [bidices) , en explications (irapaYpaîpaQ ; en tête de quelquesunes d'entre elles, on lit l'abréviation 2ap., qui'est sans doute l'abréviation du nom du scoliaste (3). La date de l'çeuvre ne peut-être fixée qu'approximativement ; elle est antérieure à la compilation de Justinien, car ce prince défendit de se servir des sources anciennes ; elle est postérieure au Code Théodosien , car ce recueil a été utilisé par l'auteur des scolies , ainsi d'ailleurs que les Codes Grégorien et Hermogénien (4); certains écrits des jurisconsultes y sont mentionnés; ce sont les suivants : lihri ad edictum d'Ulpien, Paul ad Sahinum, Responsa de Paul, le lib. sing. ad formulam hypothecariam de Marcien, les Institutiones de Florentin, les Regulae et les Differentiae de Modestin.

(1) Ces scolies trouvées et copiées par G. Bernardakis , publiées d'après cette copie par R. Dareste, d'abord dans le Bullelin de correspondance hellénique, IV, 1880, p. 449 et suiv. (juillet 1880), puis dans la Nouvelle Revue hislor. de dr. fr. et étr., IV (1880), p. 643 et suiv.; par Zachariae . Monatsberichle der Berliner Akademie, 1881, p, 621 et suiv.; par P. Krueger, Zeitschrift der Savigny-Stiflung , IV, 1 et suiv., et Collectio, III, 267, et par Huschke dans la Jurisprudenlia , b° éd., p. 815 et suiv.; cf. encore Alibrandi, Sludi e documenti di storia e dirilto, III, 33-48. 99-132; Zachariae, Bullellino delV Istiluto di dirilto Romano, V, fasc. I. On trouve à la fin du 2* volume de la Zeitschrift der Savigny-Stiflung , le fac-similé d'une page. P.-F. Girard, Textes, p. 509.

(2) Cf. Zachariae, Monatsberichle, p. 624. On avertit souvent le lecteur de ne pas lire certains chapitres ou certaines lignes de l'original; cela rappelle la remarque de Justinien au Dig., c. Omnem , g 1 : multas partes eorum quasi supervacuas praeteribant.

(.3) Alibrandi, p. 128, croit que c'est une abréviation du nom de Sabinus, et suppose qu'elle servait à distinguer les passages empruntés à Sabinus de ceux tirés d'Ulpien, dans le cas où les deux textes sont séparés, comme dans les Vat. fr., 269. Il est impossible d'admettre cette explication en présence de textes comme les g2 1, l-- 3, 3. 5, 10. 6, 3. 15, 5, et en présence des remarques jointes aux rubriques des titres (10, 5. 11, 5. 15, 1). Cf. Zachariae, Bulletino, loc. cit.

(4) Huschke regarde, à cause du § 2, les scolies comme antérieures à Cod. Just., 5, 1, 5, a. 472; en sens contraire, Alibrandi et Zachariae,

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