‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 111 sur 147 · Livre syro-romain · texte numérisé non relu

Livre syro-romain

(2) Ce livre a été édité pour la première fois par Land, sous le titre d'Anecdota syriaca , I, 1862; cette édition ne comprenait que la plus ancienne version syriaque avec une traduction latine; depuis lors, il a paru une nouvelle édition comprenant deux versions syriaques, une version arabe et une version arménienne avec une traduction allemande: elle est due à Sachau; Bruns y a joint un commentaire juridique; lo tout a paru gous lo titre suivant : Syrisch-roemisches Rechlsbuch aus dem fûnflen Jahrhunderl , herausgcgeben, iibersetzt iind erlàulert von Bruns und Sachau, 1880; sur une version géorgienne, cf. encore Zeitschrift der Savigny-Stiflung, III, 17 et suiv.

(3) Cod. Just., 1. 3, 32 (a. 472); cette constitution a été utilisée dans le P 46- (Bruns, p. 2%).

(4) Cf. Bruns, p. 318.

(5) Sachau, p. 155 et suiv. Bruns suppose, p. 320, que l'original provient do la Syrie.

(6) On no sait si l'auteur a utilisé lo Code Tlicodosion ou lo texte mémo dos constitutions do Constantin et do Théodoso ; cf. Bruns, p. 322.

droit de la Syrie qui s'est formé sur certains points en conformité avec les principes du droit grec (1). Ce livre est surtout un traité de droit privé ; le droit pénal n'y est représenté que par quelques règles; il faut en dire autant de la procédure civile et de la procédure criminelle ; on y trouve enfin un petit nombre de dispositions de droit administratif. L'auteur doit avoir été un praticien, probablement même un ecclésiastique ; il paraît s'être proposé de composer un manuel à l'usage des tribunaux d'Eglise (2). Il ne fait pas connaître les sources auxquelles il a puisé, sauf à propos de quelques constitutions ; il ne semble avoir pris pour modèle aucun livre de droit romain ou grécoromain ; certaines particularités qu'on remarque dans son œuvre ne paraissent avoir d'autre origine que son expérience pratique. L'exposition est faite si maladroitement, elle laisse tant à désirer, que l'on se demande si l'auteur n'avait pas l'habitude d'écrire du droit ou s'il s'est proposé de faire une œuvre populaire , négligeant pour cela toute forme juridique et toute précision. Dans l'ordre des matières (322) comme dans le choix de celles-ci , il semble s'être laissé guider par le pur hasard ; tantôt il traite un point jusque dans les détails, tantôt il laisse de côté d'autres points non moins importants ou bien il ne les examine que d'une manière tout à fait superficielle, sans qu'on aperçoive le moindre motif pouvant expliquer ces différences.

Malgré les méprises sans nombre qu'il contient, en dépit de ses lacunes, le livre syro-romain n'est pas sans intérêt pour nous ; il nous donne bon nombre de renseignements nouveaux sur le droit romain ; nous y trouvons un aperçu de l'état de la législation en Orient au cinquième et au sixième siècle. On constate qu'en général, sauf dans la ma-

(1) Bruns, p. 303 et suiv. Mitteis, Reichsrecht und Volhsrecht, 30 et suiv.

(2) Déjà, sous la domination romaine, l'église avait une juridiction fort étendue en vertu des compromis passés par les parties; sous les Arabes, cette juridiction se développa encore et devint presque exclusive.

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