‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 113 sur 147 · OK · texte numérisé non relu

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(8) C'Onst, T;m(:i (AeScoxev). ?, 1.

bue le mérite d'avoir su réunir d'aussi riches matériaux (1). Nos calculs ne s'accordent pas tout à fait avec ceux de Justinien. Nous ne pouvons compter dans le Digeste et dans l'Index qu'environ 1625 livres.

La commission fut laissée entièrement libre dans le Comment choix dcs cxtraits des écrits des jurisconsultes. On lui re-

ont procédé i i • i

lescompiiateurt? Commandait seulement d éviter les répétitions et les contradictions (2) (soit dans le Digeste lui-même, soit entre le Digeste et le Code), et de supprimer toutes les dispositions ou superflues ou surannées. Elle n'était pas obligée de trancher les controverses en comptant les voix selon la règle posée par la loi de Valentinien III ; on laissait aux commissaires le soin de se prononcera leur gré. Ils étaient autorisés à apporter à tous ces points de vue les modifications nécessaires au texte.

On peut encore se rendre compte dans beaucoup de cas de la façon dont les compilateurs ont usé de la liberté qui

Corrections aux leur était laissée de toucher aux textes. Ils ont procédé, le plus souvent qu'ils l'ont pu, par voie de ratures, pour les institutions abrogées ou surannées. C'est ainsi qu'ils ont effacé les termes suivants : adstipulator , cognitor, cretio, caducum, do lego ou pe?- vmdicationem et pei' damnationem legatiun, dotis dictio, familiae emptor, fidepromissor et sponsor, fiducia, formula, in jure cessio, judicium legilimum et imperio continens, mancipatio et res mancipi, nexi solutio, potioris nominatio, recuperator, rei uxoriae actio, stipendiaria et tributaria praedia, tutor praetorius, tutela viulierum, vadimonium , vindex , usucapio des fonds de terre , usureceptio. Lorsqu'il n'était pas possible de laisser complètement de côté ces vieilles règles parce qu'elles s'appliquaient à des institutions nouvelles, ils ont substitué aux termes

(1) Const. Tanta (Aéôuxev), g 17.

(2) Const. Deo auctore, g 8 : nulla... antinomia {sic enim a vetustale Graeco vocabulo nuncujjulur) alUiuein sibi viudicet locum. Le nombre exact des lignes se trouvait à la fin île Vindex ; mais il a disparu des manuscrits.

textes.

surannés des mots empruntés aux dispositions les plus semblables du droit en vigueur de leur temps. Ils remplacèrent de la sorte fiducia par pignus (1), mancipare par tradere, mancipio accipere par per traditionem accipere (2), cretio par aditio, l'année ou les deux ans fixés pour l'usucapion par le statutum ou le constitutum tempus (3), vadi- (sso) monium par cautio judicio sisH, etc. (4). Diverses règles édictées pour certaines institutions furent étendues à d'autres cas sans que l'on eût besoin de faire subir aux textes d'importants changements. Ainsi , les passages des jurisconsultes sur Vaccessio temporis dans Vinterdit utrubi (5) s'appliquèrent dorénavant à la supputation des délais en matière d'usucapion ; ceux qui se référaient à la Publicienne du propriétaire bonitaire (6) durent s'entendre de la Publicienne du bonae fidei possessor.

Les compilateurs n'ont pas mis un trop grand soin à éviter les répétitions. Il leur était difficile, d'ailleurs, de posséder assez bien un si grand nombre de matières pour ne pas tomber dans ce défaut. Aussi y a-t-il des règles qui Géminauons. sont reproduites dans plusieurs titres , parce qu'elles se réfèrent à plusieurs matières ; quelquefois ce sont des extraits de jurisconsultes différents qui ont été utilisés: d'autres fois, c'est un seul et même extrait qui a été reproduit à plusieurs reprises (7). On a l'habitude de désigner les répétitions de cette dernière espèce sous le nom de géminations. Il y a, notamment au titre de regulis juris (50, 17), toute une série de fragments reproduits dans

(3) Zeilschrift der Savignij-Stifluny, VII, 1, 53.

(4) Les auteurs modernes appellent ces interpolations «les entliletiniln Triboniani.

(G) 6, 2, 1-7 g y-, certains de ces textes n'ont pas été modifiés.

(7) Const. Tan/a (A^Swxev), gg 13. 14. On trouve une énumcration des diverses espèces de siinilin et do nominations dans un opuscule do Kluhiiic, Dissertalio de geminalis el similibus qnue in Diricslis invcniimlur capitihus (1820).

d'autres parties du Digeste. On peut affirmer que ni les géminations, ni les répétitions simples n'ont été toujours admises à dessein dans l'œuvre de Justinien ; elles y ont été introduites quelquefois par l'effet d'une pure négligence; c'est ce qui apparaît bien clairement, quand elles se trouvent dans un môme titre (1).

A en croire Justinien, les contradictions auraient été complètement évitées. Lorsqu'il y a opposition entre deux tex- Antinoinies. tcs , il 116 fuut voir là, assure-t-il , qu'une apparence; un examen approfondi permet de résoudre l'antinomie et de voir qu'elle s'explique par les différences qu'il y a entre les hypothèses prévues (2). Mais il n'est douteux pour personne que ces assertions de Justinien ne sont pas toujours exactes. Non seulement ses commissaires n'ont pas fait disparaître des antinomies datant de l'époque classique, mais, par leur maladresse, ils en ont introduit de nouvelles entre les textes du Digeste.

(331) L'ordre donné aux commissaires de supprimer toutes les

Suppressions ei parties superflues des textes qu'ils inséraient au Digeste,

additions. ' ' ^ o '

les conduisit à faire disparaître quelquefois les adresses qui se trouvaient dans certaines Quaestiones ou Responsa (3), ou à effacer les formules constatant que le texte était tiré d'un rescrit(4). On traita de même les références à d'anciens jurisconsultes; beaucoup disparurent (5). Quand un jurisconsulte citait l'opinion d'un autre, ils lui attribuèrent par-

(1) Textes tirés de la même source : 23, 3, 80 = 83. 24. 3, 62 = 24 g 4. 42,

1, G pr. r= 18. 44 , 2, 13 = 7 pr. ; textes tirés de sources difTorcntcs : 14, 2, 2 g 8 = 14, 2, 8. 15, 1, 54 = 58. 23, 2, 37 = 6C g l. 29, 2,11= hl pr. 32, 38 g 4. 8 r^ 93 pr. g 5. 44, 2. 3 r= 7 g 4. 48, 5, 8 = 40 g 7. 50, 16, 178 pr. = 222. 50, 17, 129 g 1 = 178. 50, 17, 150 = 157 g 1.

(2) Const. Tanta vAéSwxev), g 15.

(4) 48, 19. 5 g 2. 50, 17, 183 cf. avec 4, 1, 7 pr. ; 27, 8, 1 g 10 cf. avec 26, 5, 24.

(5) Par exemple, 9, 2, 27 g 8; cf. ci-des.sus, p. 226, n. 1. Dans un texte, '.I,

2, 27 g 12, on n'a effacé que l'indication do l'ouvrage: le mot ibidem, qui se trouve dans des textes comme les suivants, 10, 4, 7 g 7 et 17, 2, 52 g 17, fait supposer qu'ils ont subi des suppressions du mémo genre.

fois celle-ci (1) , alors même qu'elle était contraire à son propre sentiment (2). Ils laissèrent souvent de côté des explications approfondies données par les auteurs qu'ils consultaient (3) ; ils supprimèrent surtout les controverses des anciens jurisconsultes rapportées par d'autres (4). Il arrive aussi fréquemment qu'ils ont abrégé le texte (5) , soit en réunissant plusieurs phrases en une seule (et c'est , le procédé qu'ils préfèrent) (6), soit en tirant une règle fort courte de longues explications (7). Certaines de ces abréviations ont altéré le texte (8) ou lui ont donné une portée générale qu'il ne saurait avoir (9). Des assertions émises avec hésitation se sont changées en règles bien arrêtées (10). Il y a des extraits dont les compilateurs ont étendu le sens par de courtes additions (11); quelquefois on a inséré dans le texte du jurisconsulte des phrases en- (332) tières qui sont Tœuvre des commissaires de Justinien (12).

(1) 7, 1, 12 pr. § 1. 7, 3, U 2. 7, 4, 1 g 1. 9, 2, 27 g 10. 40, 1.2; cf. encore 6. 1, 72 et 44, 4. 4 g 32. 27. 5, 2 et 44, 4, 4 g 24. 35, 2, 63 pr. et 0. 2. 33. 50, 17, 161 et 35, 1, 24. De là viennent des accusatifs employés avec l'infinitif et' dont on ne s'explique pas tout d'abord l'existence (par exemple, 20, 1, 10 = 43, 33, 1 g 1).

(2) 7, 1, 21 (?). 9, 2, 27 g 10. C'est Ulpien qui était le plus expose a ces altérations; aussi l'on peut se demander sil ne faut pas mettre sur le compte des compilateurs plusieurs des contradictions qu'on remarque au Digesto entre les extraits de ce jurisconsulte.

(4) 7, 2, 1 gg 1-3. 7, 2, 8. 7, 3, 1 g 2. 9, 2, 27 g 10. 12. 50, 16, 26.

(5) 40, 2, 20 g 4 (le sens de ce texte a été aussi modifié); cf. 1, 10, 1 g 2.

(8) 24, 3, 49. 2, 14, 44 (cf. 26, 7, 59); un autre texte est altéré au point do ne plus présenter de sens, 2, 15, 6 =^ 29, 3, 1 g 1.

(9) Il en est ainsi notamment de beaucoup de fragments insérés au titre de regulis juris (ôO, 17).

(10) 9. 2, 5 pr. 9, 2, 27 g 10.

(11) 26, 9, 5 pr., cf. Papinien, fragments do Berlin; 40, 1, 24 pr., cf. 42, 1, 64. Cf. Gradcnvitz, Intcrpolazioni c interpretnzioiii, nuUellino dell' Istilulo di dirillo [lomano, 1889. — Au sujet do certaines gloses qui ont été insérées dans les textes que contient lu compilation do Justinien. avant ou après sa confcclion. cf. Kisolo, Zeilschrifl dcr Savitjmj-Sliftunij^XÏ, I cl s.

(12) 3, 1, 11 g 1. 9,2,27 g 11. Il, 1. 1 g l. 19, 2,25 pr. (cf. Gains. 3, 140. 143; Cud. Just., 4, 38, 15 g 1). 60 g 2. 24, 2, 6. 24, 3. 22 g 7. 8. 30, 33. 43, 31, 1 g 1

Plusieurs institutions et principes nouveaux ont été introduits de cette façon dans le Digeste , sans être accompagnés d'une constitution spéciale (1). Il est assez rare que l'on se soit servi des écrits d'un jurisconsulte pour compléter les fragments empruntés à un autre (2). Ajoutons enfin que les textes ont subi des modifications tantôt de forme et tantôt de fond sans qu'elles fussent vraiment nécessaires (3). Les modifications et les additions des compilateurs se reconnaissent à divers signes; tantôt c'est à la langue, à l'emploi de certains mots, de certaines tournures ou à la construction des phrases (4); tantôt elles ne se trahissent que par le manque de suite dans les idées, résultat de la négligence des compilateurs (5). Justinien avait ordonné d'avance que le Digeste fût di- Division prônéraio visé on cinouaute livres (6). Mais ce recueil comprend

de l'œuvre. ^

aussi sept parties (7), dont chacune est composée d un cer-

(depuis sed oplinuil); cf. Gradonwitz, Interpolationen in den Pandekten (1887), p. 4 et suiv,

(Ij A cet égard, Gradcnwitz, Interpolationen, p. 123 et suiv.. a présenté dos observations nouvelles et très pénétrantes.

(2) 7, 2, 8. 9, 2, 27 g 11 (haec... habuit). 48, 10, 18 g 1. Sur le procédé normal, cf. ci-dessous, p. 451, n. 4.

(3) Exemples de changements de forme dans un intérêt de style, 7, 1, 12 g 3 (on a écrit proprietario pour proprieia/is domino; rctinetur pour ?ion amitlilur);9,2, 5pr. {dubilabilur çonv dubitamus); 24,3, 49 g 1 [quaesitum est pour quaero); 27, 1 , 7 {probare pour docere). Au nombre des changements de fond et qui n'étaient pas nécessaires , il faut citer une correction faite de temps à autre et de nature à induire en erreur; elle consiste à transformer les uliles acliones en direclae en supprimant le mot utilis, par exemple 7, 2, 3 g 2; de même, l'expression {actionem) dare en competere, par exemple, 9, 2, 27, g 9. 13, 7, 41. 14, 3, 13 pr. 14, 3. 16. \îy , 3, 10 g G. 20, 1, 10. 39, 3, 2 g 5. 43, 14, 1 g 7. 43, 18. 1 g 3. 4G, 1, 41 pi:

(4) On a fait des essais de reclierches philologiques en ce sens : voir Eisele, Zeilschrift der Savigurj-Sliflung, VII, 1 (1880), p. 15 et suiv., p. 45 et suiv.; Gradenwitz, ibid., p. 45 et suiv. et interpolationen, p. 3G et suiv.

(5) Par exemple, 19, 2, fiO g 2 {scd judicem aeslimaturiim); 24, 1, 13 g 1 {igilur); 31, 88 g 11 (alio(iuin... praestetur); 39, 5, 28 (cogrndam eam).

(()) Const., Deo auctore, g 14.

(7) Sur les mots de la const. Ta?i/a, g l in f. : in VII parles eos digcssimus non perperam neque sine rulione, sed in numerorum naluram et arlem respicienles el consentaneam eis divisioncm partium conticicnles, cf. Y. Hofmann, dans la Zeitschrifl fur Rechlsgeschichte, XI, .340 et suiv.

tain nombre de livres (1). Les cinq premières portent des dénominations spéciales :npûTa(liv. 1-4), DejudiciisilÏY. 5 11), (333) De rébus (liv. 12-19) (2) , Umbilicus (liv. 20-27) (3), De testamentis (liv. 28-36) (4) ; la VP partie comprend les liv. 37- 43 (5), et la VIP partie les livres 44-50. Cette division a sa source dans les commentaires sur l'édit; elle est encore reconnaissable dans les Sentences de Paul (6).

Les livres se divisent en titres (7) ; les rubriques de ceux-ci sont tirées, pour la plupart, des écrits des jurisconsultes , dont se sont servis les compilateurs. L'ordre des matières adopté dans le Digeste est celui du Code et celui de l'Edit prétorien; principalement, celui de l'Edit, car le Code de Justinien , comme les autres , s'était conformé à l'ordre de l'Edit. Le premier livre (à l'exception des titres 5-8) a été composé d'après le Code seul. D'ailleurs, il est à remarquer que Justinien entend par Edit, non seule-

(1) La const. Tanta (AÉôwxev), g '2-8, donne des détails sur le contenu de chaque partie. Cette division a à peu près disparu des manuscrits; on ne la rencontre que dans Vindex litulorum et dans les formules du commencement et de la fin de chaque livre qui, à partir du 5' jusqu'au 38*, désignent ces livres d'après le nombre total des livres du Digeste aussi bien que d'après la partie où ils figurent. On ne fait allusion dans la suite, aux sept parties du Digeste (tipaYiiaireiai, [léçri, auvTâyiAaTa), que dans l'enseignement du droit (p. 467 et suiv.) et dans certains commentaires du sixième siècle qui se rattachent eux-mêmes à l'enseignement (Dorothée, Thalélée, Stéphane); cf. Zachariae, Krit. Jalirbûcher fur deutsche Rechtswissenschaft, 1844, p. 800.

(2) Dans Vindex titulorum de la Florentine, l'intitulé de la partie III, au livre XII, a été empruntée à la rubrique du titre l" de ce livre, en la développant, De rébus credilis si certum petelur.

(3) Ce même Index compte ces livres et le livre 28 et 29 parmi les libri singvlares; au contraire, la const. Omnem, g 3-5, réserve cette désignation pour les livres 20-36; cf. les citations données par Zachariae, op. cit., § 801.

(4) L'Index liluloriim qualifie les livres 30 à 36 de sept livres de legatis, au lieu de les désigner sous le nom de Pars de testaments.

{:,) Ce même Index intitule les livres 37 et 38 de bonoriim possessionibits, cf. c. Tanin, g 7; les mots in (jeminos libres contulimus, malgré les termes do la c. Aéauxev, ne doivent pas se rapporter à ce qui suit, mais à ce qui précède.

(6) I, II = Paul, liv. t; III, IV ^ Paul, liv. 2; V = Paul, liv. 3, 4; VI, VU

= Paul, liv. 5.

(7) Seul, lo titre de legatis el fidcicommissis était si étendu qu'on dut le diviser en trois livres; cf. ci-dossuus, p. 450.

ment l'édit lui-même, mais les commentaires sur l'édit qui étaient divisés d'une manière plus nette, et qui avaient abandonné Tordre primitif pour une division plus méthodique ; les compilateurs s'attachèrent plus spécialement aux libri ad Edictum d'Ulpien (1).

Fusion de ledit Qu fit TeutreF dans les diverses parties de l'Edit les ma-

el du jus civile. ^ ^

tiéres comprises dans le Jus civile; c'est ce qu'on avait fait déjà dans les Digesta des jurisconsultes et dans les recueils de constitutions impériales; mais Justinien opéra cette fusion plus complètement qu'on ne l'avait fait jusqu'à lui. Sous ce rapport, ses commissaires prirent pour base de leur travail les libri ad Sabinum. Les quatre parties prin- (834) cipales que ceux-ci comprenaient, le testament, le legs, la res uœoria , la tutelle, se substituèrent aux divisions correspondantes de l'édit (Ulpien, ad Edictum, 33-36, 50-52) en les absorbant en quelque sorte ; le testament et le legs se rattachèrent immédiatement à la tutelle ; les matières qui, dans l'édit, les séparaient, furent mises de côté (2). La théorie des legs fut fusionnée avec celle des tidéicommis à titre singulier et complétée par celle des fidéicommis universels (36, 1). A la suite vint la bonorum possessio (Ulp., 39-49), tandis que le furtum (Ulp., 37. 38) avec Vinfuria^ la rapine (Ulp., 56. 57) et les extraordinaria crimina formèrent un livre spécial (Dig. , 47) précédant les judicia publica (3); le jus patronatus et les operae liberlorum (Ulp., 38) furent joints au droit de succession du patron (4). La succession ab intestat du droit civil fut placée, comme dans le Code (6, 55-58), à la suite de la bonorum possessio. Le

(1) C'est ce qui résulte non seulement des emprunts faits de préférence à ce jurisconsulte, mais du fait que l'on a suivi le plan spécial d'Ulpien du livre 5 au livre 11.

(2) Entre la théorie de la res iixoria et celle de la tutelle, on a laissé au Digeste, 25, 3-6, les appendices de cette dernière.

(3) La const. Tanta, g 8", qualifie les livres 47 et 48 de libri terribiles, à cause de leur objet.

(4) Au Code Justinien, 6, 4, cette dernière matière précède le jus paironalus.

livre 7 a été tiré des lihri adSabinum; des explications sur Vususfructus legatus, on détacha les théories générales sur l'usufruit et on les combina avec les Litres de l'édit, si ususfructus petetur (Ulp., 17), sur l'obligation de fournir caution (Ulp., 51) et sur la stipulatio fructuaria (Ulp., 79). Enfin quelques titres tirés des iibi'i ad Sahinum furent fusionnés avec les titres correspondants de l'Edit (1) ou furent joints à des titres de l'édit ayant un objet analogue (2).

Des appendices de l'Edit insérés dans les Digestes des jurisconsultes et dans le Code , certains conservèrent leur place traditionnelle (3) ; d'autres furent rattachés aux divisions de Tédit (4).

Afin d'obtenir une classification plus méthodique, on apporta des modifications à l'ordre suivi par Ulpien dans ses lihri ad Edictum (5). Certains titres furent formés par la fusion de matières connexes ou du moins offrant quel- (335) que analogie entre elles (6) ; dans ce cas , de plusieurs ti-

(1) Par exemple, 8, 2. 3. 12, 6. 13, 6. 7. 16, 3-19, 5. 21, 1. 2. 41, 1. 3-10.

(4) 14, 2. 35, 2 (cf. Cod. Just., 6, 50). 38, 16. 17 (cf. Cod. Just., 6, 55. 56). 39, 5. 6.

(5) Ainsi 11, 4 a été ajouté d'après Ulpien, lib. 1, à 11, 3; 11, 8, d'après Ulpien, lib. 68, à 11,7, tandi.s que le titre de sepulchro violulo (Ulp., 25) a été placé à la suite des délits privés (47, 12). Ajoutons que 2, 11 est tiré de la partie relative aux stipulations (Ulp., 74), 21, 3, de celle qui concerne les exceptions (Ulp., 76), 27, 6, de celle consacrée à Vin inlegrinn reslitutio (Ulp., lib. 12). Les hypothèques (Ulp., lib. 73), l'édit des édiles et l'éviction (Ulpien, lib. 82. 83) ont été placés dans les livres 20 et 21. Le premier de ces livres (appelé liber liypolhecariae) devait être rapproché de l'ac^io pigneralicia, à ce qu'affirment la const. Omnem, g 4 et la const. Tanta (Aeôuîtev), § 5; les deux autres matières devaient être placées près de la vente (précédents en ce sens dans le Code Théodosien, 3, 4, probablement à l'cxciuplc du Code Grégorien; cf. aussi Digeste de Julien, liv. 15).

(6) Ainsi, 2, 8, on a réuni diverses dispositions sur l'obligation de salisdarc ; 4, U, on a joint au receplurn naularuni l'aclio in faclum advevsus naulas; 9, 4, le titre de noxalibus actionibus (Ulp., lib. 23), à cause do sa généralité, a englobé les actions noxales basées sur la loi Aquilia (Ulp., 18) et sur le fuvlum (Ulp., 37); de morne, 12, 2, \o jusjnrandum volunlarium (Uli)., 22) a été joint au jusjurundum ncccssariuin (Ulp., 26); 13, 7, la partie du titre de fiducia (Ulp., 3U) qui uavuil pas été supprimée, u été foudue

Conjectures de Bluhme sur

l'ordre des fragments

dans chaque titre.

très on n'en faisait qu'un; d'autres fois, par un procédé inverse, les compilateurs flrent de nouveaux titres qu'ils ajoutèrent à ceux d'Ulpien (1). Notons enfin qu'ils s'inspirèrent non seulement du Code, mais surtout des libri de officio proconsulis d'Ulpien (7-10. 3-5), pour le plan des livres 48 et 50, 1 à 12.

Justinien ne donna aux commissaires aucune instruction pour l'ordre dans lequel ils devaient ranger les fragments composant chaque titre. Ils essayèrent, il est vrai, dans les premiers titres du premier livre, de suivre un plan méthodique de leur invention, mais ils ne tardèrent pas à l'abandonner ; ils trouvèrent même trop pénible et trop long le procédé qui consistait à choisir pour base dans chaque matière l'exposé d'un jurisconsulte et à le compléter par des extraits des ouvrages des autres. On ne constate vraiment dans la plus grande partie des titres du Digeste qu'une classification toute extérieure des fragments qui les composent; la seule façon de se l'expliquer consiste à supposer que les extraits des écrits des jurisconsultes dont on forma les titres du Digeste, furent pris et juxtaposés toujours dans le même ordre (2). En partant de cette idée, on a pu former trois groupes de textes : le ffremier [série sahinienné) comprend avant tout les fragments tirés des libri ad Sabinum; le second [série édictale) est composé des extraits des libri ad edicium; on trouve dans le troisième

avec Vaclio pigneraticiu (Ulp., 28); même procédé ailleurs, 39, '2, pour le darnnum infectum (Ulp., 5G); la caulio damni infecti (Ulp., 81), et l'interdit de reslituendo opère (Ulp., 71); 42, 8, pour Vinlerdiclum fraudatorium (Ulp., 73) et i'actio PauHana (Ulp., 6G); 43, 4, l'actio in factum du missus in possessionem (Ulp. , 62) et l'interdit pour protéger la missio legalorum servandorum causa et venlris nomine (Ulp., 69).

(1) 7, 7. 8, 1. 4. 12, 3. 44, 7 (cf. Cod. Just., 4, 10). 50, 13-17.

(2) C'est à Bluhme que revient l'honneur d'avoir déterminé la méthode suivant laquelle les titres du Digeste ont été composés (Zeitschrift fur geschichtliche Rechlswissenschaft, IV (1818), p. 257-474). Les recherches postérieures sur ce même objet (par exemple, celles de Reimarus, Bemerhungen und Hypothesen ûber die Inscriplvmenreihen der Pandehtenfragmenle , 1830, et celles d'Eissenhardt, Juslinians Digesten nach Drillhei^en, etc., 1845) sont demeurées sans résultat.

[série papinienne) les Questions et les Réponses de Papinien, de Paul et de Scévola. Une pareille division ne saurait se comprendre que si l'on admet que la commission, dans le but de hâter son travail, se divisa en trois sections et que chaque section fut chargée de dépouiller un groupe d'ouvrages (1). On s'est servi, pour composer la série sabinienne et la série édictale, à peu près du même nombre de livres ; pour la série papinienne, environ de moitié moins (2).

A la série , sabinienne on ajouta les libri ad Edictum , série sabinienne. partie III cà V (3) , qui traitaient des même sujets que les libri ad Sabinum, les Digesta de Julien , les Institutiones et les Regulae, les monographies sur la plupart des matières qui formaient des appendices aux Digesta (c'est-à-dire sur les judicia publica, l'appel, la loi Aelia Sentia, la loi Fufîa Caninia, la loi Falcidia, la loi Rhodia) et certains écrits sur la res militaris. — Dans la série édictale, à la suite des libri ad série édictaie. Edictum, on fît figurer notamment les libri ad Plautium , les Digesta de Celsus et de Marcellus, toutes les œuvres de Modestin , les libri eœ Cassio et les Epistulae de Javolenus , l'ouvrage de Pomponius ad Q. Mucium, les écrits sur quelques-unes des matières traitées en appendice dans les Digesta^ en particulier sur la loi Julia et Papia, et les traités sur la res militaris que l'on n'avait pas consultés pour la série de Sabinus. — Dans la série papinienne , outre les série papinienne. ouvrages dont il a été question plus haut , on plaça les fragments tirés des écrits sur les fidéicommis, des Sentences de Paul, des Epitomae d'Hermogénien, des Stipulationes de Venuleius, des Disputationes de Tryphoninus ; un gi-and nombre de libri singulares sur des matières diverses

(1) Dans co sens, Bluhme ; en sens contraire, Puchta, Instilutioneii , I, 9* éd. 39G.

(2) Dans la mesure où nous pouvons faire ce calcul, on se serait servi de 575 1/2 livres i)our former la série sabinienne, de 577 1/2 pour la série édictale, do 293 pour la série papinienne; pcut-ctrc la section chargée do cette dernière série comprenait-cllo moins do membres que les autres.

(3) La fln do la Pars V, traitant do la caulio ot de la viissio legaturum servandorum causa, est soulo restée rattachée à la série édictalo.

ISouRCBg ou Uruit romain. 29

fournirent les extraits destinés à clôturer cette série (1). L'ordre dans lequel se suivent ces trois séries, a été fréquemment modifié lors de la réunion des fragments pour former des titres ; en règle générale , on a placé en tête la série qui l'emporte en étendue sur les autres. Il y a quelcas?) ques titres où les trois séries se suivent à deux reprises différentes; mais cela tient à ce que l'on a fondu en un seul deux titres qui étaient primitivement distincts (2). A l'inverse, le titre de legatis et fideicommissis (liv. 30-32) a été divisé en trois à cause de son étendue; le premier contient la série sabinieniie; le deuxième, la série édictale et le commencement de la série papinienne ; dans le troisième figurent , non seulement la fin de cette dernière série , mais encore des extraits dont on se proposait de faire un titre spécial de verborum significatione correspondant au titre 38 , liv. 6 du Code (3). Il n'y a pas lieu d'être surpris que dans certains titres, surtout dans les titres les plus courts , il n'y ait que deux séries ou même qu'une série qui ait fourni des textes.

(1) La formation de la série papinienne se rattache peut-être à l'usage de consacrer à l'étude des responsa la troisième année de l'enseignement (cidessous, p. 467); mais il est à remarquer que cette série n'a pas plus que les autres un caractère uniforme: Rudorff et Kuntze prétendent qu'elle représente le jus extraordinarium. mais voir en sens contraire, Wlassak, Kritische Studien, p. 66. La suite régulière des écrits dans chaque série apparaît surtout dans les titres les plus longs, par exemple, 45, 1. 50, 16. 17. La liste dressée par Bluhme a été reproduite dans l'édition du Digeste de Mommsen, 2, 50* et suiv., et dans le Corpus Juris civilis, I, 874 et suiv. ; on y a joint seulement quelques corrections qu'y a apportées P. Krueger, à la suite d'une révision par lui faite du travail de Bluhme; remarquons que le n. 122 serait mieux placé entre 103 et 104. Sur la place qu'occupent les n. 110-121, cf. Bluhme, 284 et suiv.

(2) Ainsi, 1, 3, 32-41 devaient former le titre de longa consuetudiixe (cf. Cod., 8, 52); 21, 2, devait être réparti entre les titres de evictionibus (1-12) et de duplae slipulatione (13-76); 23, 2, entre les titres de nuptiis (1-51) et de incestis nuptiis (52-68), conformément au Cod. Just,, 5, 4. 5; cf. encore 33, 7. 34,2. 39, 1. 2.

(3) La division d'un titre du Digeste, 45, 1, en trois parties, qu'on remarque dans le manuscrit de Florence, n'a aucun rapport avec la division en séries et ne peut guère émaner des compilateurs eux-mêmes. Le correcteur l'a effacée.

Dans chaque série, les œuvres rédigées sur un plan analogue furent dépouillées les unes à la suite des autres (1) ; ce procédé était celui qui permettait d'éviter le plus facilement les répétitions et les contradictions. Le travail auquel on se livrait sur les libri ad Sabinum et sur les libri ad Edictum fut facilité par le parti que l'on prit de suivre de préférence le commentaire d'Ulpien quant au fond (ainsi qu'on l'avait déjà fait en ce qui concernait le plan et l'ordre des matières) (2) ; on se contenta d'emprunter à Paul, à Gains et à Pomponius les fragments destinés à compléter le texte d'Ulpien (3). On ne manqua pas non plus de relier les uns aux autres des extraits dont le rapprochement, dans la composition des titres , montrait la frappante analogie (4). Cela nécessita parfois des modifications au texte ; on dut y (338) joindre notamment des particules comme plane , quod si , vero, autem, ergo, enim (5). Ce procédé fut employé surtout dans le cas où on trouvait cité dans les ouvrages de date postérieure un écrit dont les compilateurs avaient aussi à se servir; plusieurs fois les deux textes, celui de l'œuvre originale et celui du jurisconsulte qui la citait , ont été comparés; quand la citation ne comprenait pas tout le texte

(1) Cf. le tableau de P. Krueger, n. 1-9. 21-31.57. 58. 64-66. 95-134. 161-166. 183. 184. 186-214.

(2) Ci-dessus, p. 445.

(3) Ces additions n'étaient pas faites uniquement dans le but de combler les lacunes que présentait le texte d'Ulpien; c'est ce qui résulte, par exemple, d'un fragment du Digeste, 9, 2, 4, qui a pris la place d'un passage de la Collaiio, 7, 3, 1.

(4) A cette occasion, certains extraits ont été mal placés, peut-être simplement par suite d'une inadvertance des scribes, par exemple, 23, 4, 18. 36, 1, 12. On a également commis des erreurs dans les inscriptions, erreurs d'autant plus graves que s'il est aisé de reconnaître les précédentes , pour celles-ci, nous en sommes réduits à les soupçonner sur des conjectures plus ou moins solides. Ainsi, 3, 5, 18, il est probable qu'il n'y a que le dol)ut qui soit de Paul, ad Neralium ; les gg 1-5 doivent se rattacher aux fragments qui précédent et qui sont île Paul, nd Ldidmn; ailleurs, 4, 4, 24, on a oublié de reproduire, avant le g 1 , l'inscription du texte précédent; cf. encore 36, l, 14. 15. 39, (i, 35 g 1 et, à ce sujet, Mommson.

(5) Le texte primitif peut être rétabli pour quelques-uns do ces textes, grâce à des géminations; cf. 42. 1, 18 et 42, 1, Gpv.; 24, 3, 62 et 24, 3, 2i g 4; 1, 8, 7 et 11, 7, 6 in ftne; 4, 2, 13 et 48. 7, 7.

original, on l'a complétée par un emprunt à ce dernier (1); quelquefois même on a substitué purement et simplement le texte original à la citation (2).

En pareil cas, certains fragments perdaient la place qu'ils avaient occupée primitivement dans l'ordre des textes ; on profitait de l'occasion pour placer en tête du titre (3) ceux d'entre eux qui contenaient une définition , une division, ou un aperçu du sujet, et qui étaient, par suite , de nature à servir d'introduction. Au vingtième livre , l'ordre habituel a été abandonné dans le but de se conformer au plan des études (§ 47) ; en tête de chaque titre se trouvent des fragments de Papinien (4), tandis que les extraits des autres ouvrages appartenant à la série papinienne sont reportés plus loin. A la fin des séries ou des titres, on a placé quelquefois des textes que l'on avait hésité d'abord à comprendre dans le titre où ils figurent (5). Il n'y a qu'un petit nombre de déplacements de textes qui ne puissent s'expliquer par des motifs de ce genre ; ils sont dus peut-être à une simple inadvertance des compilateurs ou de leurs scribes (6).

A côté des trois séries de textes dont nous venons de parler, il y en a une quatrième d'une bien moindre étenséric due (7) comprenant des extraits d'œuvres de divers genres dont aucune n'était en usage dans les écoles ou dans la pratique de ce temps. Il est probable qu'on ne s'est procuré ces ouvrages qu'après coup, sans quoi on n'aurait

(1) Par exemple, 5, 1, 25. 15, 1, 6. 12. 16, 1, 7. 24, 1, 4.

(3) Par exemple, 2, 1, 1-3. 5, 3, 1-3. 7, 1, 1-6.

(4) C'est à cela que font allusion les mots suivants de la c. Omnem, g 4 : Papinianus... propriis partibus praeclarus.

(5) Par exemple, 12, 4, 14. 50, 13, 6.

(6) Dans son édition du Digeste, Mommsen a indique, en marge de chaque texte, à quelle série il appartient et s'il est ou non à la place qu'il devrait occuper. Les déplacements de textes ont été groupés dans le tableau de Bluhme, p. 468, d'après les motifs qui les ont fait faire.

(7) Elle a été formée à l'aide de 118 livres, c'est;à-clire avec les 2/5 environ de ce qui a servi pour la série papinienne.

supplémentaire

pas manqué de les joindre à ceux des écrits des autres (339) séries avec lesquels ils offraient de l'analogie (1). La désignation qui convient le mieux à cette série est celle de série additionnelle. Elle occupe d'ordinaire dans chaque titre la dernière place ; jamais elle n'est en tête (2).

Les extraits n'ont pas toujours été classés convenablement dans les titres du Digeste. Il y a un assez grand nombre de textes qui ont été classés sous une rubrique par suite de quelque méprise ou d'un examen superficiel; ils n'ont de commun avec les autres textes rangés sous le même intitulé qu'une ressemblance dans les termes (3).

Chaque fragment est précédé du nom du jurisconsulte qui en est l'auteur et du titre de l'ouvrage d'où il a été inscriptions, tiré (c'est ce qu'on appelle l'inscription); cela peut surprendre , étant donné le fait qu'ils ont été tous transformés en articles de loi (4) et que beaucoup ont subi des remaniements ; ce fut sur l'ordre spécial de Justinien que les compilateurs procédèrent ainsi ; ce prince voulut conserver par là le souvenir des anciens jurisconsultes (5). Un fragment ne faisait que reproduire le texte de l'édit du préteur; pour la symétrie, on le fit précéder d'une inscription due aux compilateurs : Julianus libro primo ad edictum (6). On a négligé de donner une référence plus précise

(1) Sur le rapport qu'il y a entre l'extrait des Posteriores de Labéon appartenant à cette série et l'extrait du même ouvrage qui se trouve à la fin de la série sabinie;inc, cf. ci-dessus, p. 216, n. 7.

(2) Bluhme, p. 309 et s., fait remarquer que les textes de cette série viennent le plus souvent à la suite de ceux qui appartiennent à la série papinicnne, que quelquefois (40, 5, 17-20. 46, 1 , 45. 4G, 3, 88-93. 49, 14, 35. 50, 17, 73' ils précédent ces derniers; il en conclut que les commissaires chargés de la série papinienne eurent aussi à s'occuper de cette série additionnelle; cependant ces deux séries sont quelquefois séparées l'une de l'autre, sans que l'on voie de motif spécial expliquant une transposition (40, 1, 10. 40. 4, 29).

(^^) Par exemple, 2, 15, 0 (cf. encore p. 443, n. 7). 21, 1, 61. 43, 16, 11. Les auteurs modernes qualifient cck textes de Icf/ps fiujUivap. ou erratic&e.

(4) Const. Deo aiirlnrr, § 6; consl. l'untn (défiwy.ev), g 20'.

(.5) Const. Tuuln (.iéSwxtv), g Kl.

(6) Dig., 3, 2, 1 ; cf. p. 225, n. 2. Le fragment dont nous parlons n'est point tiré directomonl do l'édit lui-niémc ; il vient sans doute du commentaire

aux ouvrages d'où l'extrait a été tiré ; la mention du titre de l'œuvre originale était suppléée par la rubrique du Digeste ou l'objet même du fragment (1). D'ailleurs , on ne se proposait nullement, en donnant du moins l'indication du livre , d'engager à comparer le texte inséré au Digeste avec l'œuvre originale ; on prit, au contraire, le soin (840) de déclarer formellement que l'on ne devait pas en profiter pour attaquer le texte qui figurait au Digeste (2). Il ne faut voir dès lors dans l'indication du livre de l'écrit d'où provient chaque fragment qu'une mention superflue faite à l'exemple de celles qu'on trouvait dans les recueils antérieurs du même genre.

Les inscriptions sont loin d'avoir toujours été rédigées exactement ; il y a des noms de jurisconsultes qui ont été remplacés par d'autres (3) ; il est arrivé plus fréquem-

d'Ulpien; l'inscription disparut par mégarde ou se perdit avant que l'on eût réuni les textes composant le titre.

(1) Si les extraits de Gaius, ad edictum praetoris urbani, sont précédés de l'indication du titre, cela tient à ce que cet ouvrage ne s'était pas intégralement conservé. Dans un fragment tiré des Digesta de Scaevola, 39, 2, 45, on trouve la rubrique du titre (le correcteur du ms. de Florence l'a effacée) ; mais il ne faut voir là qu'une inadvertance.

(2) Const. Tanta (AéSioxev), g 19.

(3) Par exemple, 41, 3, 31, Paulus au lieu de Pomponius; 13, 7, 25. 16, 2, 11, Idem (= Ulpianus) au lieu de Paulus; 29, 2, 56, Ulpianus au lieu de Paulus; 43, 7, 3, Ulpianus au lieu de Pomponius; 41 , 1 , 53, Idem au lieu de Pomponius; 32, 29. 33, 1, 17, Labeo libro II posleriorum a Javoleno epilomatorum au lieu de Javolenus l. II ex poslerioribus Labeonis. A propos dun fragment, 16, 2, 11, les recueils en langue grecque prouvent que la leçon actuelle est bien celle de Justinien; il est certain que des fautes commises dans la suite par les copistes ont amené des confusions de ce genre ; c'est ce qui résulte, par exemple, des Basiliques, 47, 2, 30, d'après lesquelles il faut écrire Paulus dans ce texte, et c'est ce que démontrent encore nombre de fautes que le copiste avait commises en écrivant le ms. de Florence et que le correcteur a fait dispa: aître. — Il est d'usage , lorsque plusieurs fragments d'un même jurisconsulte viennent à la suite les uns des autres , de substituer après le premier texte le mot idem au nom du jurisconsulte (par exemple 12, 2, 37. 23, 2, 39. 28, 3, 20. 34, 4, 31); on s'est écarté quelquefois de cette règle. Il est arrivé également aux compilateurs de fragmenter un texte pour en insérer des extraits dans des titres différents, de se raviser et de maintenir tous ces fragments dans un même titre sans songer à leur rendre leur unité primitive, par exemple, 3, 3, 39. 40. 12, 2, 18. 19. 26, 8, 12. 13. 28,-3, 6. 7. 39, 3, 3. 4. 44, 7, 4. 5. 47, 11, 8-10. 48, 13, 4. 5. 7.

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