LES INSTITUTES DE JUSTINIEN
ment encore que l'indication des livres fut erronée (1). Cependant, en règle générale, les renvois aux sources sont suffisamment exacts ; avec leur aide , il est possible de rétablir l'ordre primitif des fragments et de se faire une idée des œuvres d'où ils proviennent (2).
§ 44. — Les Institutes de Justinien.
Les Institutes, comme le Digeste, sont composées, pour la plus grande partie, d'extraits des ouvrages des jurisconsultes classiques ; mais les sources n'y étant pas indiquées, le recueil n'a pas l'aspect d'une compilation. On s'est sur- sources, tout servi, pour le composer, des Institutes et des Res cottidianae de Gaius (3) ; mais on a eu recours également aux Institutes de Florentin , d'Ulpien et de Marcien (4) , aux (34i) lihri VII regularum d'Ulpien, et probablement au liher singularis regularum de ce même jurisconsulte (5). On a suivi,
8. 50, 6, 2. 3. 50, 8, 2. 3. 4. 5. 11-13. Le correcteur du ms. de Florence a essayé de réparer ces négligences dans plusieurs passages.
(1) Lenel, Edictum, p. 447 et s., a groupé une faible partie de ces fautes qu'on remarque dans les mss. que nous avons à notre disposition. Il est rare que l'on puisse déterminer quelles sont celles d'entre elles qu'il faut mettre sur le compte des copistes des temps postérieurs à la rédaction du Digeste.
(2) Cf. les œuvres citées ci-dessus, g 18, p. 172, n. 1.
(3) Const. Imper aloriam, g 6 : Quas ex omnibus antiquorum institutionibus et praecipue ex commentariis Gaii nostri tam inslUutionum quam rerum cottidianarum aliisque multis commentariis compositas... Les Res coltidianae dont le texte reproduit parfois mot pour mot celui des Institutes de Gaius, ont fourni peut-être un plus grand nombre d'extraits qu'on ne le suppose; aujourd'hui, en effet, comme il n'est possible do faire la comparaison qu'avec les Institutes, nous sommes portés à expliquer toutes les analogies par référence à cet ouvrage.
(4) Cf. Ferrini, Zaitschrift der Snvigny-Stiftunri, XI, 113otsuiv., au sujet des emprunts faits aux Institutes de Marcien.
(5) On trouve, dans l'édition Krueger, l'indication des sources des Institutes, au moins pour les passages bien reconnaissables. [Cf. P.-F. Girard, Textes de droit romain.] Quant aux «lutres passages. Ferrini, AfeTno)"te del H. Islilulo lomhardn, vol. XVIM, ix, scr. m, p. 131. a essayé do déterminer leurs sources. Mais il restreint In nombre des écrits des jurisconsultes où l'on a puisé, en écartant les lirgutac et on appliquant au Digeste les mots :iliisqup multis commoilariis (ci-dessus, note 3) (Voir llendiconti (tel li.
dans l'élaboration des fragments insérés aux Institutes, la même méthode que pour la confection du Digeste. Cependant ce n'est pas toujours directement dans les œuvres originales elles-mêmes qu'on a puisé ; tous les extraits des grands commentaires ou d'écrits autres que les Institutiones ou les Regulae ont été empruntés au Digeste (i). Le droit nouveau résultant des constitutions de Justinien dut trouver place dans les Institutes ; les compilateurs l'y firent figurer sous forme d'extraits abrégés des constitutions ou en y introduisant textuellement les dispositions principales de celles-ci (2).
Plan. Le plan des Institutes de Justinien est le même que
celui des Institutes de Gains ; la division en quatre livres a été empruntée à Gains ; mais comme la plus grande partie des régies contenues dans le quatrième livre de Gaius ne pouvait figurer dans le nouveau manuel, parce qu'elles étaient surannées , on reporta le commencement du quatrième livre à la matière des obligations ex delicto, et on ajouta à la fin deux titres qui ne se trouvaient pas dans Gaius, l'un de officio judicis , l'autre de publicis judiciis.
La répartition du travail entre les trois membres de la commission de rédaction se fit de la manière suivante, si Rédaction, l'ou BU juge d'après le précédent du Digeste. Tribonien n'eut que la direction générale de l'œuvre ; la rédaction proprement dite fut confiée aux deux autres, Théophile et Dorothée, chacun d'eux se chargeant d'une moitié du tra-
Islituto lombardo, ser. II, vol. XXII, fasc. xx). Appleton , Revue générale de droit, 1891, p. 111, admet que les Differenliae de Modestin ont été consultées. Sur les travaux de Ferrini, cf. Kalb, dans Wœlfflin, Archiv fur Lexicographie, 1893.
(1) L'édition des Institutes de Krùger constate qu'il y a eu des emprunts au Digeste (voir la préface). Mispoulet, Nouv. Rev. hist. de dr., XV, 1 et s., a contesté ce point; cf., en sens contraire, Ferrini, Memorie, loc. cit., et Appleton, op. cit. Ferrini croit qu'on a peut-être emprunté, à titre tout à fait exceptionnel, quelques passages des Institutes, 3, 20, 7. 8, et 4, 9, 1, aux ouvrages d'Ulpien, ad Ediclum et ad Sabiiium.
(2) C'est ce qu'on a fait, par exemple, dans les passages suivants : 1, 11,2. 3, 1, 2'. 3, 2, 3«>. 4. 4, 1, 8. 16.4, 18, 6.