TRAVAUX SUR LES PANDECTES
Le plus ancien des travaux sur le Digeste (1) est l'Index de Théophile, l'un des commissaires chargés par Justinien de la composition du Digeste et des Institutes ; cet index ne se réfère qu'aux trois premières parties des Pandectes. Il ne nous en est parvenu qu'un petit nombre de fragments (2).
Nous avons , au contraire , une plus grande quantité de fragments de VIndex de Dorothée, professeur à Béryte, qui collabora à la deuxième édition du Code et , comme Théophile, fut l'un des rédacteurs du Digeste et des Institutes. Cet index contenait aussi des Ttapaypa^ai; mais il nous est surtout utile en ce qu'il reproduit les textes qu'jl analyse ; à cet égard , l'œuvre de Dorothée se rapproche des traductions xaxà iroSaç. Cet index fui composé après 542 (3). La connaissance des sources juridiques antérieures à Justinien ne se trahit que par deux remarques ; Dorothée, en parlant du Digeste d'Alfenus, attribue les Responsa à Servius ; il en fait autant pour Julien, à propos des Quaestiones d'Africain (4).
Nous devons un commentaire des Pandectes beaucoup plus étendu à Stéphane qui , comme Théophile et Dorothée, est un contemporain de Justinien; on sait qu'il était
Indice»
du Digeite.
Théophile.
Dorothée.
Stépbau*.
imprimées sans aucune espèce de séparation ; de la sorte, le nom qui est en tête de la première scolie a l'air d'être aussi celui de l'auteur des scolies suivantes; cf. Zachariae, Kritisch. Jahrbùch., 1842, p. 499 et s.; Heimbach, Basilica, VI, 81, 85.
(1) Heimbach (l'ancien) ne s'occupe que de ceux-là dans la Zeitschvifl fur Rechtsgeschichle, II, 319 et s. ; cf. Mommsen, Préface de son édition du Digeste, p. Lxxm et s.
(2) On les trouve dans les Basiliques, VI, 33 et s.; Zachariae, Zeilschvifl der Savigny-Sliflung , VIII, 1 , p. 2, 1 , suppose que l'/nde.v sur Dig., 3, 5, dans les scolies des Basiliques, au 17* livre, est l'œuvre de Théophile; cf. la IC scolie et le commencement de la 14*. Cf. Zeiischrift der Saviguy- Stiflung, X, p. 262 et suiv., Ferrini dans le Bullellino del Istituto di diriito Romano, III.
(3) Il est fait allusion à la NovoUo 115 (a. 542) dans la scolie des Basiliques, III, 773.
(4) Voir ci-dessus, p. 87, n. 1 , et 236, n. 1. D'&utro part, il écrit à tort Alfenus au lieu d'Aufidius au Dig., 17, 2, 52 g 18; cf. Mommsen sur ce taxt«.
professeur dans une école de droit (1), du vivant de ce prince ; mais il est un peu postérieur à ces deux jurisconsultes, car, en parlant d'eux dans cet ouvrage, il suppose qu'ils sont morts. Son indeœ semble s'être restreint aux livres qu'on expliquait à l'école suivant le plan d'études tracé par Justinien (2); par sa forme, il se rattache aussi à l'enseignement. Le texte du Digeste y est reproduit dans> une paraphrase développée ; puis viennent des observations sur Vindex et sur le texte latin (3). Comme dans les anciens recueils de quaestiones , l'auteur a reproduit les questions qui lui étaient posées par des auditeurs et les réponses qu'il y avait faites. Stéphane a puisé souvent dans les anciens commentaires et s'en est servi en même temps que des textes. Il a sans doute pris pour modèle Théophile (4) ; c'est à celui-ci qu'il doit, à ce qu'il semble, sa connaissance des œuvres juridiques antérieures à Justinien (5) ; c'est peut-être aussi à lui qu'il a emprunté les renseignements qu'il nous donne sur la façon dont étaient conçues certaines formules de procédure (6) ; remarquons à ce propos qu'il n'y a lieu de consulter ces formules qu'avec précaution , parce que l'imagination de l'auteur a eu trop de part à leur confection (7).
(1) Zachariae, Zeitschrift der Savigny-Stiflung, X, 270, a combattu l'opinion d'après laquelle il aurait été professeur à Constantinople.
(2) Zachariae, Krit. Jahvb., 1844, p. 813; cf. les Anecdota du même auteur, p. 176 et suiv.
(3) Cf. par exemple Basiliques , III , 347 et suiv. Certaines particularités à ce sujet ont été recueillies par Zachariae , Zeitschrift der Savig7iy-Stiftung, X, 263 f. ; Ferrini, Bullettino, III.
(4) Zachariae dans la Zeitschrift der Savigny-Stiftung, X, 270 et suiv.
(5) Les remarques sur Cyrille l'Ancien (ci-dessus, p. 427, n. 7), sont de Stéphane.
(6) Par exemple Basiliques, I, 768. Il, 583. IV, 185, 246. Suppl. p. 223, se. 140; p. 228, se. 189.
(7) Cf. par exemple Basiliques, IV, 243, 246. Les autres renseignements que nous donne Stéphane sur le droit classique ont été acceptés trop facilement par les savants modernes et leur ont fait commettre mainte confusion; il serait à désirer que l'on dressât une liste des erreurs certaines de