L ANONYME. CYRILLE. PARAPHRASE DES INSTITUTES
Sous Justin II (565-578), il y a à relever deux ouvrages : un Index dont l'auteur ne nous est pas connu et que les écrivains postérieurs qualifient d'Anonyme (1) ; l'Abrégé du Digeste de Cyrille ; ce dernier écrit, qui reproduit sous une forme concise les solutions du texte, est peut-être l'œuvre la plus remarquable de l'époque; mais à raison de sa brièveté même , il n'y a que peu de chose à en tirer pour l'étude critique du Digeste (2).
Il nous est parvenu un travail en langue grecque sur les Institutes (3) ; les écrivains modernes le désignent sous le nom de Paraphrase des Institutes. Selon la tradition, ce serait Théophile, l'un des commissaires chargés par Justinien de la confection de ce manuel de droit (4), qui serait l'auteur de la Paraphrase. Mais quelque ancienne que soit cette opinion (et il est établi qu'elle remonte au moins au sixième siècle), on l'a contestée dans ces derniers
L'Anonyme.
Cyrille.
Paraphrase des Inslitute»
de Théophile.
Stéphane; on pourrait alors apprécier à leur valeur les renseignements qu'il nous donne. Cf. Ferrini, Siudii giuridici per l VIII Centenario di Bologna,
1888, p. 83 et suiv. ,
(1) Zachariae avait conjecturé tout d'abord que l'Anonyme n était autre que Julien , l'auteur de VEpitome Novellarum ; mais il rejette aujourd'hui lui-même cette conjecture dans son Mémoire sur fauteur et les sources du Nomocanon en XIV titres, 1885, p. 9 et s. {Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, XXXII, n. 16). Il arrive à ce résultat qu'un anonyme du septième siècle aurait écrit des uapa-rpaçaî sur l'Index dont il est question plus haut et que les écrivains byzantins de date postérieure ont fait de ces deux auteurs un seul et même personnage.
(2) Les quelques fragments que nous avons des Indices de Théodore, d'Isidore, de Cobidas (vers GOO) et d'Anastasc sont sans importance.
(3) L'édition la plus ancienne est celle de Viglius , Bàle, 1534; celle que l'on doit consulter de préférence est celle de G. O. Reitz, 1751 : elle est accompagnée d'un commentaire et d'études de détail ; l'édition critique que vient de publier E. C. Ferrini, /ns«i(»(ionum graeca Paraplirasis Thcophilo antrcessori vuhjo Iributa , 1884-5, ne va que jusqu'à 3. 14, 2. Wiistemann en a donné, en 1823, une traduction allemande avec annotation.
(4) Il est vrai que Tattribution do la paraphrase à Théophilo, telle qucllo résulte des manuscrits de celle-ci. do certaines scolies des Bnsiliqurs et du Trarlntus dr pcculiis ne saurait remonter au delà du onzième siècle; mais Ferrini {Arcinvio giuridico, XXXVll. .307) place au sixième siècle les scolies de la parai.l.raso contenues dans le manuscrit de Pans; et la aussi Théophile est considère comme l'autour do la paraphrase; voir par oxomplo 2, 18. 1, dans l'éd. do Ueilz, j). 417.
temps (1). La principale raison de douter provient de la grande quantité d'erreurs grossières qu'on y remarque et qui se comprendraient seulement de la part d'un débutant (2) ; ajoutons que deux passages de la paraphrase sont (863) en contradiction avec V index du Digeste de Théophile (3). Il est certain, en tout cas, que la paraphrase est de peu postérieure aux Institutes, car on n'y trouve aucune allusion aux Novelles ni même au Codex repetitae praelectionis. Elle contient un certain nombre de remarques historiques qui sont tirées des Institutes de Gains et peut-être aussi de scolies anciennes sur cette œuvre (4). De tous les interprètes du Code (5) celui auquel nous Index du Code devons lo plus ost Thaléléo , l'un des jurisconsultes aux-
d«Th&lélée. ^ . . **
quels s'adresse la constitution Omnem (6). Son commentaire, sous forme d'Index, se rattache d'une façon plus ou moins étroite au texte des constitutions; l'auteur ne se
(1) L'éditeur le plus récent, Ferrini, se prononce absolument dans sa préface contre l'attribution de l'œuvre à Théophile. Cf. sa dissertation , Délie origini délia parafrasi greca délie Istiluzioni, Archivio giuridico, XXXVII, 353 et s. ; cf. en sens contraire Zachariae, Zeitschrifl der Savigny-Stiflung, X, 257 et suiv.
(■2) On essayait autrefois d'expliquer ceci de la manière suivante : la paraphrase a la forme d'un cours; on supposait que c'était le cours professé par Théophile et que nous n'avions que les notes prises par un de ses auditeurs ; de là venaient les grossières méprises qu'on y remarque. Voir, dans ce sens, surtout Degen, Bemerhungen ueber das Zeitaller und die Institutionen-Paraphrase des Rechtslehrers Theophilus, 1809, p. 27 et s. ; cf. Trekell, dans l'édition de Reitz , p. xlii ; Heimbach, Basilica, VI, 31 et s., et, d'autre part, Brokate, De Theophilinae qxiae fertur Justiniani Instilutionum Graecae paraphrasées compositioiie, 1886, p. 31 et suiv. (dans les Dissertaliones Argenloralenses, XI, p. 113 et suiv.).
(3) Theoph., 2, 18, 1; cf. Basilica, II (Heimbach), p. 121, schol. nàvTwv; et Theoph., 3, 15 pr. ; cf. Basil. II, 595 et s., schol. lT£<pâvou.
(4) Ferrini va jusqu'à admettre, Rendiconli del R. Islituto Lombardo, XVI, 569 et s. (cf. Archivio, XXVII, 380), que, pour les passages des Institutes de Justinien empruntés à Gaius, cet Index serait fait non pas d'après ces Institutes , mais d'après une traduction grecque de Gaius. On trouve une réfutation de ces idées dans la dissertation ci-dessus citée de Brokato.
(5) Cf. Zachariae, Zeitschrift fur Hechtsgeschichle, X, 1872, p. 48 et suiv.; Zeitschrifl der Savigny-Stiflung, VIII, 1, p. 3 et suiv.
(6) Thalclée fut probablement professeur à Béryte; dans ce sens, Zachariae, Krit. Juhrb., 1844, p. 814; en sens contraire, Mortreuil, I, 283.