LA GLOSE DE TURIN
point de vue que nous signalerons les œuvres suivantes : 1. La glose de Turin. De l'époque de Justinien datent probablement des scolies des Institutes, transcrites au scoiies
sur les Institutes.
dixième siècle en marge d'un manuscrit de Turin (D., III, 13), et qu'il est d'usage aujourd'hui de désigner à cause de cela sous le nom de glose de Turin (1). L'auteur a puisé quelquefois à des sources que nous ne connaissons pas (2) ; 372^
il sen;ible bien mieux au courant de l'ancien droit que des innovations de Justinien (3) et du texte des Institutes (4). Ceci (5) pourrait tenir à ce qu'il s'est servi, pour l'ancien droit, de scolies antéjustiniennes et, en particulier, de scolies des Institutes de Gains. Ainsi s'expliquerait aussi la concordance que l'on remarque entre certaines scolies et
Rechtsgeschichte Italiens, III, 1870, g§ 452, 455 et suiv., 477 et suiv. , 486 et suiv.; au sujet de l'école de Rome, Fitting, Zur Geschichte der Rechtswissenschafl am Anfange des Mittelalters , 1875. Cf., en outre, Conrat, Die Epitome exaclis regibus, 1884, p. ccCLXXrii et suiv.; Fitting, Zeilschrift der Savigny-Stiflung, VI, 114 et suiv. [Rivier, Nouv. Rev. hist. de dr., 1877, p. 1 et suiv.; F\a.ch, Etudes critiques sur l'histoire du droit romain au moyen âge, 1890. Tardif, Histoire des sources du droit français, origines romaines, 1890; voir le compte rendu de cet ouvrage jjar Gavet, Xouv. Rev. hist. de dr., 1890, p. 6G5.]
(1) Elle a été publiée pour la première fois par M. de Savigny, Geschichte des roemischen Rechts im Mittelalter , III. 1822, p. 673 et suiv. (II*, 429 et suiv.) ; mais ce savant y a mclé les scolies plus récentes qui se trouvent dans le même manuscrit, P. Krueger a donné dans la Zeilschrift fur Rechtsgescliichte, VII, 44 et suiv., une édition de l'ancienne glose après avoir collationné de nouveau le manuscrit. — Dirksen , Hinterlassene Schriflen , II, 158, place, sans motifs suffisants, la glose au neuvième ou au dixième siècle. Cf. Savigny, Geschichte, VII, 60 et suiv,, et Dirksen, p. 171; Sanio dans Dirksen, p. 549. La qualification donnée à Justinien de dominus nosler, n, 12, tendrait à faire supposer que la glose est contemporaine de Justinien. Il est fait allusion à la Nov, 118 (a. 543) dans lo n. 272, in (ïnc. De ce que le n. 166 passe sous silence la Nov. 123 (a. 546), il ne s'ensuit pas nécessairement que la glose soit antérieure à la Novclle -, cola peut être la suite d'une simple négligence, comme, d'ailleurs, l'oubli de la Nov. 52, c. 2 au n. 135, et de la Nov. 115 au n, 179; en sens contraire, Fitting, p. 7 et suiv.
(2) Ainsi notamment n. 319 in fine 466; sur le n. 241, voir ci-dessus, p, 435, 5.
(3) Par exemple n. 122 (on opposition avec Dig., 41, 4, 11. 41, 10, .'.), 416. 454.
(4) Par exemple n, 106. 108. 170. 288. 457.
(5) Fitting, Die Turiner Institutionenglossc , p. 13 cl siiiv., a a|>polc l'attonlioii sur ce i)t)int.
Souncus uu DnoiT humain. 32
l'index grec des Institutes (1), car il n'est pas possible d'admettre que l'auteur des scolies ait consulté cet index (2). 2. Le Dictatum Juliani. C'est peut-être à la même époque qu'appartient une dissertation qui nous est parvenue à la suite de l'Epitome des Novelles de Julien; s'il faut ajouter foi aux manuscrits, Julien lui-même serait l'auteur de cette Dictatum Juliani. dissertation , car elle porte pour titre : De consiliariis dictatum Juliani antecessoris . Nous avons encore certains autres appendices de l'Epitome de Julien qui sont de date un peu plus récente. L'un d'entre eux est intitulé Collectio domni Juliani antecessoris; de nos jours, on a pris l'habitude de la désigner, à raison du sujet qui y est traité, Collectio sous le nom de Collectio de tutorihus ou de tutelis (3). A ces
de liiloribus. . . .
appendices se joignent quelques anciennes scolies sur les treize premières constitutions de Julien (4), ainsi que des remarques sur l'œuvre de Julien que l'éditeur qualifie de Paratitla ; on y indique à quelles parties des Institutes, du Digeste et du Code se rattache chaque chapitre de Julien et quels sont les rapports qu'il y a entre les diverses parties de l'œuvre de Julien elle-même (5). Somme 3. La Soiume de Pérouse. On désigne sous le nom de
Summa Perusina un abrégé du Code Justinien qui nous est parvenu par un manuscrit unique conservé à Pérouse; on y trouve sous forme résumée les dispositions des constitutions du Code et, en outre, les inscriptions qui les précèdent reproduites comme dans les indices byzantins.
(1) Ci-dessus, p. 485. Par exemple, n. 7. 92. 150. 164. '207. 312. 329. 356. 398.
(2) Cf. Fitting, p. 14 et suiv. Ferrini, Rendiconli ciel R. Istituto Lombardo, XVII, 731 et suiv. (reproduit dans l'Archivio giuridico, XXXVII, 398 et s.) ; en sens contraire, Huschke, préface de son édition des Institutes de Justinien, p. XIV. Conrat, Zeilschrifl der Savigny-Stifluiig, X, 141, et Geschiclile der Quellen, p. 114 et suiv., conjecture que la glose est en partie une traduction des gloses grecques.
(3) Ces deux ouvrages ont été publiés en dernier lieu par Haenel, dans son édition de l'Epitome de Julien, p. 198 et suiv.; cf. la préface de cette même édition, p. XLViii et suiv.; Biener, Historia Aulhenlicarum, 1807, p. 14 et suiv.; Savigny, Geschichle des rœmisclien Rechls, II*, 195 et suiv.
(4) Haenel, p. 178 et suiv.; cf. p. xlvii.
(5) Haenel, p. 202. Cf. p. i..