NOTITIA DIGNITATUM
8. Dans les œuvres postérieures à celles dont nous venons de parler, on n'a utilisé que les sources que nous possédons et dans l'état où nous les possédons. Des essais ont été faits dans le but d'extraire de certaines d'entre elles des renseignements sur le droit antéjustinien autres que ceux que nous fournissent les sources qui nous sont parvenues ; mais on n'a pas encore obtenu de résultats certains (1).
§ 51. — Le droit dans les ouvrages non juridiques. (375)
Les renseignements sur le droit romain que nous trouvons dans les ouvrages littéraires ont peu d'importance en comparaison de ceux que nous donnent les recueils juridiques de cette époque. Ils se réfèrent surtout au droit public ; et l'histoire de ce droit , au moins dans l'empire d'Orient, offre peu d'intérêt pour nous. Il nous suffira de mentionner ici les écrits suivants :
1. La Notitia Dignitatum. On trouve un tableau de l'administration impériale dans la Notitia dignitatum omnium tam civilium quam militarium^ liste des plus hautes digni-
rapporté par Marini, Papiri diplomatici, p. 119 : ila, do ita ligo ita leslor, ita vos mihi Quirites teslimonium perhibelote... ciieri citeraeque proximi proximaeque exheredes mihi estote proculque habetote ; cf. Gaius, 2, 104; Ulp., 20, 9; Isidore, Orig., 4, 24. Sur la manière dont on a entendu en Italie la formalité de Vabsolvere instrumenta par les parties, formalité dont parle le Cod. Just., 4, 21, 17 pr., cf. Brunner, op. cit., p. GO. 67 et suiv.
(1) Cf., d'un côté, Stintzing, Geschichte der populàven Litteratur des rœmischen Rechts, 1867, p. 90; Fitting, Jurislisrhe Schriften des frùheren Millelallers, 1876, p. 42 et suiv., 60 et suiv., et Zeitschrifl der Savigny- Sliftung, VI, 1885, p. 148; voir, d'autre part, Zeitschrift fur Rechtsrjcschic)ite, XIII, p. 118 et suiv. (Bruns), p. 202 et suiv. (Mommsen); Conrat, Die Epitomc exaclis regibus (1884), p. lxxxv et suiv., clvii et suiv. Geschichte, I. 319 et suiv. Dans ces dissertations, la question est élargie; on se demande s'il y a, dans les écrits du onzième et du douzième siècle, des extraits provenant des ouvrages du temps do Justinien ou do l'époque antérieure, ou bien des indications qui en soient tirées ; cf. aussi Zeitschrifl fùrliechtsgeschichte, V, 1866, p. 321 et suiv. (Stintzing), et, en sons contraire, ibid., VI, 82 et suiv. (Mommsen et Jaffé). L'historien dos sources du droit romain no saurait envisager la (lucstion avec cette ampleur; en la présentant avec les restrictions qui figurent au texte, le point discuté se réduit à peu do chose.
Notitia Dignilalum.
lielaliimes.
Commentaire sur les Topiques.
tés de l'Etat et de la cour (en descendant jusqu'aux spectabiles) composée, d'après des sources officielles, en 411-413 et, à ce qu'il semble, en Occident (1). Il y a une Notitia spéciale pour chaque moitié de l'empire; les fonctions sont rangées par ordre hiérarchique ; à propos de chacune d'elles on reproduit les insignes du fonctionnaire, on énumére les principaux de ses subordonnés, les auxiliaires placés sous ses ordres et les troupes qui lui sont attribuées (2).
2. Symmaque. Nous possédons un certain nombre de rapports officiels adressés par Symmaque aux empereurs en 384 et 385 , années où ce personnage occupa la fonction de praefectus iirbi. L'un de ceux-ci est fait à propos d'une constitution qui nous est parvenue (3) ; les autres décrivent la marche de la procédure à cette époque (4).
3. Boèce. Dans le commentaire qu'il a écrit sur les Topiques de Cicéron, Boèce (consul en 510, mort en 525) s'est servi, pour l'explication des passages juridiques du texte de Cicéron, des écrits des jurisconsultes de l'époque classique; il cite des fragments des Institutes de Gaius, de Paul et d'Ulpien (5), ou bien il se réfère à ces ouvrages (6). Mais quand il veut raisonner en partant de ces textes, il s'égare le plus souvent, ce qui prouve qu'il n'avait pas reçu d'instruction juridique ou que ses connaissances en droit étaient très superficielles.
4. Cassiodore (7). Dans ses douze livres de Variae ^ cet auteur donne de précieux renseignements sur l'administration de l'Italie du temps de la domination des Goths. Or,
(1) Seeck, Quacsliones de Notitia dignitatum, 1872.
(2) La meilleure édition du texte est celle de Seeck, 1876; Boecking a joint à son édition (1839-1853) un bon commentaire.
(3) Relatio 16; cf. Cod. Theod., 11, 30,44, Sur cette Relalio, cf. Kipp, FcsU/aben fur Windsclieid, p. 70.
(4) Cf. Bethmann-Holhveg, Der rœmische Civilprozess, 111, 352 et s. sur les Rel., 19 (39) et 28 (48); et Kipp, die Lilisdenuntiation, p. 260 et s. sur la Rel., 39 et p. 290 et s. sur la ReL, 32.
(5) 3 § 14 (Baiter, 299, 18), 4 g 19 (303, 20), 5 g 28 (322, 2. 16).
(6) Par exemple 2 g 10. 3 g 16. 4 gg 18-21. 23. 5 g 28. 8 g 33. 10 g 42.
(7) Magnus Aurciius Cassiodorius Senator, né vers 482, mort en 575.