‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 125 sur 147 · BOÈCE. CASSIODORE. ISIDORE DE SÉVILLE · texte numérisé non relu

BOÈCE. CASSIODORE. ISIDORE DE SÉVILLE

cette administration est en somme la même que celle qui existait précédemment. Les Variae contiennent les actes et variae

de Cassiodore.

décisions royales rédigés par Cassiodore en qualité de questeur et de magister officiorum (liv. 1-5, 8-10); dans les livres 11 et 12, il y a les dispositions et les circulaires qu'il émit lui-même comme praefectus praetorio. En outre, le livre VI et le livre VII sont un recueil de formulae dignitatum , c'est-à-dire de formules pour l'installation des magistrats et d'actes royaux d'après des formulaires en usage (1).

5. Jean Lydus. C'est l'auteur d'un traité de magistrati- Lydus. bus ; cet ouvrage présente un tableau exact des attributions

des fonctionnaires publics du temps de Justinien ; mais les notions historiques qui s'y trouvent sont à peu près dépourvues de toute valeur (2).

6. Isidore de Séville. Le cinquième livre des Origines origines disidore d'Isidore de Séville (mort vers 636) consiste dans des explications de termes techniques de droit présentés les

uns à la suite des autres d'une façon assez arbitraire; il y a des passages du même genre dans les autres livres du même ouvrage (3). Isidore de Séville n'a pas eu recours à la compilation de Justinien (4) ; il s'est servi d'autres sources, en particulier des Institutes de Gains (5) et d'Ul-

(1) C'est ainsi qu'on y trouve des formules pour la légitimation d'enfants nés hors mariage (7, 40), pour la concession de la venia aelatis (7, 41), pour les dispenses en cas d'empêchements au mariage (7, 4G). Aux livres 11, 17- 35, 40, il y a des formulaires pour les dispositions émanant du préfet du prétoire.

(2) On se demande s'il s'est contenté de se servir du Digeste de Justinien ou s'il a eu aussi entre les mains quelques-uns des ouvrages des jurisconsultes. Cf. Dirksen, Vermischte Scliriftcn, 1841, p. 50 et s. ; Mommsen, Préface du Digeste, p. xxxxii, n. 3.

(3) Quelques extraits sont reproduits dans les Fontes de Bruns, 5* éd., p. 405 et suiv.

(4) En sens contraire, Savigny, Geschichle des rœmischen licchts, II*, p. 75; Conrat, Goscliiclitc, I, 151. 1 ; mais voir Voigt, Jus naturalc, I, 581 ; Dirksen, Ilinierlassene Scliriftcn, I, 185 et suiv.

(5) Cf. 5, 9-14. 'J. 4, 5 et Gaius, 1, 2-7; 5, 24, 12 et Gains, 2, 104; 5, 24, 15. IG et Gaius, 2, \M et s.; 5, 2.5, 14 et Gaius, 3. 214; 5, 25, 31 et Gaius, 1, 121 ; 9, 4, 45 et Gaius, 2, 15; 9, 4, 49 et Gaius, 1, 14; 9, 4, 51. 52 et Gains, 1, 23.

504 HISTOIRE DES SOUnCES DU DROIT ROMAIN.

pien (1), des Sentences de Paul (2) et du Code Théodosien (3). Il ne reproduit pas textuellement les ouvrages auxquels il fait des emprunts , mais il en donne le sens, en y ajoutant beaucoup du sien et non sans commettre de graves erreurs.

Glossaires. 7. Glossaircs. Les glossaires connus, l'un sous le nom

de Philoxène (latin-grec), l'autre sous celui de Cyrille (377) (grec-latin) (4), supposent chez leurs auteurs la connaissance des sources antéjustiniennes; on trouve dans tous les deux des gloses tirées des Institutes de Gains; le glossaire de Philoxène en donne même qui proviennent du traité d'Ulpien, de officio proconsv.lis (5).

§ 52. — Les manuscrits des compilations de Justinien.

Dans toute l'œuvre de Justinien, ce sont les Institutes dont nous nous avons le plus de manuscrits, chose qui se comprend, car ce manuel a été en usage de tout temps en Orient (6). Mais, à l'exception d'un court fragment écrit en majuscules, aucun manuscrit ne remonte au delà du neuvième siècle. Le texte est, d'ailleurs, reproduit partout dans son intégralité (7).

24. 27; 9. 7, 30 et Gains. 1, 144; 10, 67 et Gaius, 1. 122; 10, 218 et Gaius, 2,

(1) Cf. 5, 4, 8 et Dig., 1, 1, 1 § 2. 3 (Voigt, op. cit., p. 576 et s.); 5. 25, 30 et Ulp., 19, 8,

(2) 5, 24, 30 {juxta Paulum juridicum) , 10, 258 = Paul, 5, 7, 1; cf. 26, 5. G et Paul, 5, 26, 1. 3; 5, 26, 18. En outre, 10, 106, se rapproche de Dig., 47, 2, 1 {Paulus ad edictum).

(3) Dirksen, op. cit., suppose qu'Isidore de Séville n'a pas consulté directement le Gode Théodosicn.

(4) Le premier de ces ouvrages nous est parvenu par un manuscrit do Paris, 7051 : le second par un manuscrit de Laon, 449.

(5) Rudorff, Abliandtungen der Derliner Ahademie, 1866, p. 233-366.

(6) On trouve une liste de ces manuscrits dans Schrader, Prodromus corporis juris civilis (1823), p. 35; elle est reproduite avec des additions dans le Corpus juris civilis, éd. Schrader, I (1832). p. ix et suiv. Cf. Dydynski, Beilràge zur handsctiriflliciien Ueberlieferung der justiiiianischen Reclilsquellen, I, 1, 1891.

(7) Le tableau de la parenté (cognatio) qui figure dans certains manus-

Page 1