‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 126 sur 147 · MANUSCRITS DU CODE · texte numérisé non relu

MANUSCRITS DU CODE

Le Code de Justinien (1), à l'exemple des recueils de constitutions qui l'avaient précédé, reproduisait avec soin les inscriptions et les suscriptions afférentes à chaque texte; peu de temps après sa rédaction, on ne tarda pas à se montrer moins scrupuleux à cet égard à raison de l'inutilité de ces indications. On ne tint pas compte dans les copies qu'on en fit de la défense de se servir d'abréviations. Déjà, au sixième siècle, les inscriptions furent abrégées : quand le destinataire y était désigné à l'aide de plusieurs noms, on ne conserva qu'un de ceux-ci ; dans les rescrits adressés à de simples particuliers,' on supprima les qualifications comme militi, evocato, liberto ou l'addition et aliis ; dans ceux qui s'adressaient à des fonctionnaires, l'indication de la dignité parut quelquefois trop longue ; on la simplifia (2). Ces abréviations se remarquent dans tous les manuscrits que nous possédons; on ne saurait dire si on a commencé à les pratiquer en Orient ou si c'est en Italie qu'on a ainsi traité pour la première fois le texte primitif (3). De très bonne heure aussi le texte reçut quelques changements , (378) à la suite des remarques des jurisconsultes du sixième siè-

crits à la suite de 3, 6, 9, est de date récente; l'original est perdu. Conrat, Geschichle, I, 631, croit que c'est le tableau de la Lex Romana canomce compta ; mais les motifs qu'il fait valoir à l'appui de son opimon ne sont

pas convaincants. , r-, ^ i *;„;„„

(1) Sur ce qui suit. cf. la préface de l'édition critique du Code Jus inien nar P Krueger. On trouvera une liste des manuscrits connus dans P. Kruc- Lr, krilih des Juslinianischen Codex, 1867. p. 86 et suiv., p. l'^9 et su.v. m L'ancienneté de ces abréviations résulte de la concordance qu il y a à cet égard entre les fragments de Vérone, la Summa Perusina et les autres manuscrits à propos de 7, 41, 3. 8, 1, 3. 8, 4, 5.

(3) On pourrait supposer que c'est en Orient que ce système s établit, s i était démontré que les fragments de Vérone émanaient d un "^'-'""«^'t oriental. Ces fragments ont été écrits par et pour des Grecs; en effet les numéros dos rubriques et des constitutions sont on grec ; et le texte est accompagné do scolics grecques. Mais cela ne prouve rien au sujei du hou donginc du n^anuscrit; il pourrait provenir .le l'ital.e car .1 y avait des Grecs fixés en Italie au sixième siècle de notre ère. Sur 1 Italie n^cnd.onn le. cf. Zachariac , Il dirillo Uomano nella bussa Ilalia {Hcndiconli dcl li. I$tiiHlo lombardo, série II, vol. 18, 1885).

cle, mais ces changements n'ont pas été reproduits dans tous les manuscrits ; la leçon primitive s'est conservée pour beaucoup de textes dans quelques-uns d'entre eux (1). Certaines parties du Code nous sont encore parvenues sous cette forme dans les fragments (trouvés à Vérone) d'un manuscrit en lettres onciales qui fut recouvert d'une écriture nouvelle au huitième ou au neuvième siècle (2).

Vers la même époque les manuscrits contenant le texte intégral du Code cessent d'être en usage; on leur substitue des abrégés où manquent les trois derniers livres , où on a supprimé dans les neuf premiers beaucoup de constitutions, parfois même des titres entiers, de manière à réduire le recueil à un quart environ de son étendue primitive. Les coupures ont porté principalement sur les constitutions grecques qui ont toutes disparu et sur certaines constitutions latines (sans en excepter celles de Justinien), en particulier sur celles qui avaient été abrogées par les Novelles ou reproduites dans les Institutes (3). On apporta fort peu de^soin à copier les inscriptions et suscriptions des constitutions dont on conservait le texte; on les abrégea parfois au point de les tronquer. L'abréviateur semble même, dans les premiers livres, avoir considéré comme ne faisant qu'un la suscription de chaque loi et l'inscription de la loi suivante ; quand il retranche une ou plusieurs constitutions, on le voit laisser de côté la suscription de la constitution précédente et la remplacer par celle de la dernière des constitutions supprimées.

Cet abrégé ne nous est pas parvenu dans son état primitif, mais sous une forme plus développée. Au neuvième siècle au plus tard, on y inséra une partie des textes qu'on

(1) Préface de l'édition du Code Justinien de P. Krueger, p. xvi et suiv.

(2) Le texte primitif de ce palimpseste a été reproduit en facsimilé par Krueger, Codicis Jusiiniani fragmenta Veronensia, 1874.

(3) Cf. Krueger, Krilili des Jusiiuianischen Codex, p. 242 et suiv., Zeitschrifl fur llechlsgeschichle, VIII, 1 et suiv., et 2* appendice à l'édition critique du Code, p. 49 et suiv. En sens contraire Conrat, Geschichle , I, 189.

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